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Economie

Transport des matières dangereuses : Beaucoup d'inconscience dans les manutentions

Par L'Economiste | Edition N°:47 Le 01/10/1992 | Partager

Afin d'assurer une meilleure compréhension du transport des matières dangereuses et de "protéger les hommes, les biens et l'environnement", l'IMEC a organisé, le 28 Septembre, sous l'égide du Ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation, une journée nationale du transport des matières dangereuses.

Les matières dangereuses sont en majorité des produits de l'industrie des explosifs, de l'industrie chimique et de l'industrie pharmaceutique. Environ 6 millions de substances chimiques plus ou moins dangereuses sont connues. Selon le type de danger, les matières dangereuses sont divisées en classes, divisions et subdivisions. Ce classement est légèrement différent selon les règlements, codes, prescriptions ou recommandations que l'on consulte: l'ONU, l'IMCO/IMDG (Organisation Maritime Internationale), RID (Réglementation Internationale de Transport des Matières Dangereuses), ADR (Accord Européen relatif au transport des Matières Dangereuses par Voie Routière)...

Explosion et empoisonnement

Les caractéristiques les plus importantes pour la définition des matières dangereuses concernent notamment la forme physique qui englobe la forme solide (masses solidifiées, blocs, poudres, granules, cristaux), la forme liquide (à faible viscosité ou visqueux), la forme pâteuse (pâte fluide ou épaisse) et la forme gazeuse (gaz liquéfiés, permanents ou dissous). Il s'agit ensuite de la densité (en kg/m3 ou g/m3), de la température de fusion (en °C), de la température en ébullition (en °C), de l'hygroscopicité (humidité de l'air), de la sensibilité aux chocs, du coefficient de dilatation, de la compatibilité avec d'autres produits...

S'agissant des caractéristiques du danger, on distingue généralement le danger d'explosion, de corrosion, d'empoisonnement (par voie orale, inhalation, absorption cutanée), d'inflammation au contact de l'air ou de l'eau, radioactif...
Ainsi, quelle que soit la réglementation, l'objectif essentiel est la nécessité d'assurer la protection au premier chef des personnes, des biens et de l'environnement. Le deuxième objectif est de faciliter le transport et donc les échanges. Pour toutes ces réglementations, deux obligations principales sont mises en avant. Il s'agit, tout d'abord, de l'homologation ou certification de l'emballage. Il s'agit ensuite de la formation de tous les opérateurs.
Pour ces deux obligations, les autorités gouvernementales ont désigné l'IMEC.

Lacunes

Le transport des matières dangereuses par voie aérienne, soulignent les professionnels, a atteint la perfection dans l'application de la réglementation IATA (Association Internationale des Transports Aériens). Cependant des problèmes de sécurité restent latents.
En effet, si pour le transport des matières dangereuses par voie aérienne, le Maroc est irréprochable, il reste toutefois des faiblesses à combler.
Ainsi, l'acheminement des matières dangereuses du dépôt de l'usine à l'aéroport utilise le rail, la route, la mer ou les trois à la fois. Les personnes qui interviennent à ces niveaux ne sont ni informées ni averties des risques du danger. La conséquence est simple à imaginer lorsque les colis sont renversés ou que des matières dangereuses incompatibles sont entreposées côte-à-côte.

Autre faiblesse, la procédure d'homologation qui nécessite la présentation à l'institut habilité de 5 ou de 8 échantillons pour les essais. Lorsque l'expéditeur doit envoyer un seul colis, il reste réfractaire aux exigences de la réglementation. Il contourne cette dernière en présentant sa marchandise aux "colis-postaux" en prenant la précaution de ne pas déclarer la mention "matière dangereuse". Dans ce cas, le colis se retrouve dans l'avion sans aucune précaution car il n'est pas étiqueté.
Lors de cette journée nationale sur le transport des matières dangereuses, les différents intervenants ont émis des recommandations relatives à l'étiquetage et à la formation des travailleurs employés au transport des marchandises dangereuses.

Recommandations

Ainsi, chaque fois que des marchandises dangereuses sont présentées au transport, des mesures doivent être prises pour s'assurer que leurs éventuels dangers sont signalés de façon appropriée à tous ceux qui ont affaire avec ces marchandises pendant le transport. Le système d'étiquetage est basé sur la classification des marchandises dangereuses. Les cinq signes conventionnels principaux qui permettent l'identification facile du risque sont la bombe (risque d'explosion), la flamme (risque d'incendie), la tête de mort sur deux tibias (risque de toxicité), le trèfle (risque de radioactivité) et les liquides déversés de deux récipients en verre et attaquant une main ou un métal (risque de corrosivité). A cela s'ajoutent cinq autres signes conventionnels désignant les matières comburantes (flamme au-dessus d'un cercle), les gaz inflammables (bouteilles à gaz), les matières infectieuses (trois croissants superposés sur un cercle), les matières nocives à tenir éloignées des denrées alimentaires (X sur un épi de blé) et les marchandises dangereuses diverses (sept bandes verticales).

Concernant les travailleurs employés au transport des marchandises dangereuses, ils doivent recevoir, proportionnellement à leurs responsabilités, une formation portant sur les prescriptions relatives à ces marchandises. Cette formation leur permettrait de se familiariser avec les prescriptions générales relatives au transport des marchandises dangereuses, notamment en ce qui concerne les classes de ces marchandises, les dispositions applicables à l'étiquetage, au marquage, au placardage, à l'emballage, à la séparation et à la compatibilité. Il pourrait également s'agir d'une formation en matière de sécurité. Celle-ci porterait sur les mesures de prévention des accidents, par exemple par un usage approprié du matériel de manutention des colis et l'application de méthodes d'arrimage des marchandises dangereuses. S'ajoutent à cela les mesures immédiates au cas où des marchandises dangereuses viendraient à s'échapper inopinément, notamment toutes les procédures d'urgence à appliquer et les mesures de protection personnelles à prendre.

La législation du transport par voie aérienne des marchandises dangeureuses

L'OACI (Organisation de l'Aviation Civile Internationale) regroupe plus de 150 Etats contractants, dont le Maroc, à la Convention relative à l'Aviation Civile Internationale.
La charte de l'OACI, appelée Convention de Chicago, charge l'Organisation, notamment, d'assurer le développement ordonné et sûr de l'aviation civile internationale dans le monde entier, de promouvoir la sécurité de vol dans la navigation aérienne internationale.
Les normes qui émanent de l'OACI constituent un niveau "plancher" de sécurité que tout Etat est à même d'accepter pour le survol de son territoire. Une norme est une spécification reconnue comme nécessaire pour la sécurité ou la régularité de la navigation aérienne. Les Etats contractants sont tenus de s'y conformer pour la navigation internationale, à moins de notifier officiellement les "différences" à l'OACI.

Consciente des dangers de certaines matières lors des incidents d'avions, l'OACI a publié en Mars 1987 un document qui fournit aux Etats et aux exploitants des éléments indicatifs qui les aident à élaborer leurs propres règles sur la façon de traiter les incidents concernants des marchandises dangereuses à bord des aéronefs.
Au Maroc, la Direction de l'Aéronautique Civile, qui est chargée au sein du Ministère des Transports des questions concernant la sécurité aérienne, a élaboré une réglementation nationale tenant compte de la réglementation internationale.
Le projet de texte définit et classifie les marchandises dangereuses, présente les conditions de transport de ces marchandises, détermine le rôle de l'entreprise de transport aérien et prescrit les dispositions générales nécessaires.
Par ailleurs, la Direction de l'Aéronautique Civile, en attendant la publication de la réglementation, a autorisé la RAM à transporter des marchandises, et ce depuis le 16 Décembre 1986.

Outre l'octroi de dérogations, l'Administration doit prendre les mesures nécessaires à l'application des textes réglementaires, s'assurer des moyens de soumettre les emballages à des épreuves conformes aux prescriptions des instructions techniques. Elle doit également autoriser l'application des marques de conformité avec les spécificités d'emballage des Nations Unies, établir des procédures d'inspection, de surveillance et de contrôle et enquêter sur les accidents et incidents concernant les marchandises dangereuses.
Enfin, la Direction de l'Aéronautique Civile a entrepris des démarches pour atteindre un certain nombre d'objectifs. Ces démarches concernent l'agrément d'organismes pour l'homologation des emballages du transport aérien des marchandises dangereuses, l'élaboration de standards de formation, la formation d'experts dans ce domaine et la création d'une cellule "Transport de Marchandises Dangereuses" au sein du Ministère des Transports.

M. O.

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