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Economie

Epuisement de la ressource : Les céphalopodiers tirent la sonnette d'alarme

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

Les armateurs ont obtenu gain de cause. L'arrêt biologique sera de quatre mois. Un effort d'assainissement des dettes a été fourni. Mais la situation du secteur reste précaire, car le rendement moyen a chuté de moitié. L'ACM suggère des mesures d'accompagnement.


LE principe de l'extension du repos biologique de 2 à 4 mois par an est acquis. La trêve sera donc observée deux fois par an, soit deux mois en automne et deux au printemps. L'Association des Céphalopodiers Marocains (ACM) se dit satisfaite de la mesure, même si l'arrêt biologique désavantage les opérateurs marocains par rapport aux armateurs européens.
"En effet, ces derniers perçoivent durant cette période une indemnité de l'UE tandis que les céphalopodiers marocains continuent de supporter, sans contrepartie, les charges d'exploitation et de maintenance de leur armement", rappelle M. Mohamed Benjelloun, secrétaire général de l'ACM. Autres avantages de la flotte européenne: subventions lors de l'acquisition des armements, absence de contrôle au moment du déchargement et proximité des zones de pêche. "De plus, indique M. Benjelloun, actuellement, l'essentiel des bateaux de l'autre rive sont déjà amortis alors que la flotte marocaine, récemment acquise, génère des coûts de production lourds".
En dépit de cela, les professionnels ont prôné l'extension de la période d'arrêt biologique, car "il s'agit là de la seule mesure contrôlable". Cette mesure est d'ailleurs prévue par l'accord de pêche pour chaque fois que le Maroc la juge nécessaire. "L'armement marocain est demandeur de règles rigoureuses, de préservation de la ressource, mais nous constatons que les jeux sont faussés car, en plus de l'effort exigible, les étrangers ne sont pas soumis aux mêmes règles", déplore M. Benjelloun.

La décision de l'extension du repos biologique sera donc communiquée aux instances communautaires pour sa mise en application effective dès l'année prochaine. "Toutes les études démontrent bien que l'effort de pêche est supérieur aux possibilités de renouvellement de la ressource et l'accord actuel maintient cette pression", est-il rappelé. La recherche scientifique fixe à 300 le nombre maximum de navires permettant une exploitation rationnelle de la ressource dans la région. "Or, aujourd'hui, plus de 430 unités de pêche opèrent dans notre zone, ce qui constitue une menace latente d'effondrement de la ressource et peut déboucher, à tout moment, sur une cessation d'activité pendant les quinze prochaines années au moins", s'alarment les opérateurs. La menace est lourde, sachant que près d'un milliard de Dollars ont été investis dans cette pêcherie et que les exportations de céphalopodes, à elles seules, ont généré en 1995 plus de 10% de la recette globale des exportations marocaines. "Les armateurs espagnols sont même allés jusqu'à saisir l'UE sur le comportement de certains de leurs confrères qui pêchent des poissons juvéniles dans la zone".

Bateaux-observatoires


Par ailleurs, l'ACM vient de mettre à la disposition de l'Institut de Recherche deux unités destinées à faciliter l'observation du comportement de la ressource à partir de bateaux commerciaux. L'objectif de ces recherches est d'aboutir à une évaluation annuelle de l'état de la ressource et de sa reproduction. "En fait, les résultats dépendent à la fois de l'effort de pêche, de l'environnement et des données climatiques", est-il précisé.
Sur le plan financier, et en dépit d'un contexte jugé difficile, les opérateurs ont réussi à assainir leur situation en réduisant de façon notable la dette du secteur. Ainsi, l'encours d'une douzaine de sociétés, qui s'élevait à quelque 300 millions de Dollars, a été ramené à 60 millions. "Il faut cependant souligner que la situation financière reste précaire car les armements ont travaillé en deçà du seuil de rentabilité du fait de la surexploitation des ressources de la flotte étrangère".

Les armateurs affirment que les rendements en 1996 n'ont jamais été aussi bas puisqu'ils ont accusé, pour la première fois, une baisse de 50% par rapport à la moyenne. En outre, cette baisse s'est traduite par une chute de 32% du chiffre d'affaires moyen du secteur. "En fait, c'est la revalorisation des prix qui a atténué le recul des recettes", nuance M. Benjelloun.
Cependant, la profession demande une adaptation des mesures fiscales et un réaménagement des plans de remboursement en fonction des résultats d'exploitation dégagés. "Pour éviter la catastrophe, il faudrait l'application de mesures de souplesse et ce, jusqu'au terme de l'accord, car nous ne pouvons garantir sur cette période les remboursements dans les temps". L'ACM suggère enfin la constitution d'un observatoire pour assurer le suivi des captures et prendre des mesures adéquates au moment opportun.

Mouna KABLY.


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