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Economie

Enquête: Que voulons-nous de nos élus? : De la propreté dans les rues et dans les têtes

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

Pour la première fois une vaste investigation pour savoir ce que les gens pensent de leurs élus et les politiques qu'électeurs-contribuables voudraient voir menées en priorité.


C'EST sur une idée du Dr Harrouchi, président de l'Association Afak, que L'Economiste a décidé de commander à deux bureaux d'études des investigations lourdes: plus de 800 personnes à travers tout le Royaume ont été contactées, dans les deux capitales et dans 14 autres villes petites et moyennes. Ces investigations sont une première au Maroc, tant par l'ampleur géographique que par les questions posées ou encore par le nombre de personnes contactées. Il s'agit à proprement parler de la première évaluation du corps politique marocain. Et il s'agit aussi de la première étude de marché sur les attentes des contribuables-électeurs. Initialement, les résultats devaient être publiés fin septembre-début octobre, mais le référendum sur la Constitution puis les consultations sur la régionalisation en ont décidé autrement.
Maintenant les campagnes électorales se préparent, même s'il reste encore de nombreuses inconnues. Les investigations que L'Economiste a fait réaliser auront le mérite de faire disparaître au moins quelques-unes de ces inconnues: les attentes et les jugements des électeurs.
En raison du volume des données recueillies, les résultats des deux enquêtes sont publiés en deux parties, une dans ce numéro, l'autre la semaine prochaine.

Le premier constat, qui n'est pas une surprise, c'est que le corps politique n'est pas aimé, pas crédible. La surprise serait plutôt dans l'ampleur et la constance des critiques. Mesdames et Messieurs les députés et conseillers, vous avez du pain sur la planche pour redresser vos images de marque! Et en premier lieu il faudra vous occuper un peu plus de nous, vos concitoyens. C'est la deuxième série des résultats des enquêtes: les électeurs-contribuables disent ce qu'ils veulent que vous fassiez. Dans les deux capitales, il faut en premier lieu nettoyer les rues et ramasser les ordures, exactement comme vient de l'ordonner SM le Roi. Dans les villes de provinces, il faut lutter contre le chômage.

Le diagnostic est sévère. L'ordonnance est lourde.
Pourtant, personne ne pourra fuir ses responsabilités, en accusant ou les bureaux d'étude, ou bien la méthode ou encore L'Economiste de faire du dénigrement. Que l'on change de lieu, d'enquêteurs ou de procédés, les résultats sont toujours les mêmes: en tant que contribuables ou en tant qu'électeurs, les gens ne sont pas contents du tout des élus et de la gestion des collectivités locales.
Sur 200 personnes, dans 14 villes petites et moyennes, interrogées par Télémark System, seules 2 (bien: deux) personnes trouvent grâce au travail de leurs élus. A Casablanca et à Rabat, sur 410 personnes qui se sont exprimées devant les enquêteurs de Sunergia, seulement 153 (37%) ont trouvé qu'il y avait des changements positifs, dans leur quartier, depuis les dernières élections. Mais cela ne leur suffit pas. Ils ont une liste de revendications à la disposition de leurs élus ou des candidats qui brigueront leurs suffrages.

Ce que les enquêtes ont trouvé sans le chercher


LE sempiternel «manque de moyens financiers» ne justifie rien au yeux des contribuables. En province personne ne pense à l'évoquer. Dans les deux capitales, seules 4 personnes sur 415 parlent spontanément de «budget insuffisant». Le manque de moyens financiers n'est pas la première idée qui vient en tête pour comprendre le faible niveau des services locaux. En effet, les parts budgétaires élevées confiées au Ministère de l'Intérieur, la hâte à construire des sièges de communes ou de préfectures et les styles architecturaux choisis, donnent plutôt l'impression d'une impériale aisance. A la corbeille donc les excuses budgétaires qui n'excusent plus rien aux yeux des électeurs-contribuables: honnêteté et compétences font plus que budget et subventions!
Les enquêtes ont aussi trouvé autre chose qu'elles ne cherchaient pas: le nouveau paysage socio-politique du Maroc. En entretien en face à face avec les enquêteurs de Sunergia comme en entretien téléphonique avec ceux de Télémark System, les gens s'expriment facilement, sans détours. Pour eux la liberté n'est pas un vain mot puisqu'ils s'en servent. Mais il y a des exceptions extrêmement curieuses.

Les couches aisées des capitales, qui pourtant tenaient et tiennent encore largement le haut du pavé politico-économique, fuient souvent l'entretien. C'est auprès d'elles que les enquêteurs de Sunergia ont rencontré les vraies difficultés des enquêtes. Etonnant? Pas tout à fait, car l'histoire universelle enseigne que ce comportement reflète un mécanisme social bien connu: le libéralisme économique ravage les élites nées de l'étatisation, lorsque celles-ci sont trop consanguines.

Nadia SALAH

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