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Courrier des Lecteurs

Dette souveraine: les décotes s'amplifient

Par L'Economiste | Edition N°:302 Le 30/10/1997 | Partager

De notre correspondant à Paris, Omar JOUAHRI

Les marchés obligataires des pays émergents n'ont pas bénéficié de l'effet d'arbitrage des investisseurs. Une crise de confiance semble s'installer.


Dans le contexte d'af-folement sur les marchés boursiers, les marchés obligataires ont parfaitement joué le rôle de valeur refuge et d'opportunités d'arbitrage pour les investisseurs. Aussi, le prix des bons du trésor américain a progressé de manière significative et les rendements se sont détendus, notamment pour le Trésor américain qui s'établit à des niveaux de 6,11% (contre 6,40% il y a un mois).
Cependant, les marchés obligataires (risque corporate et risque souverain) des pays émergents, y compris le marché des bradys bonds, n'ont pas bénéficié de cet effet d'arbitrage en faveur des marchés obligataires. En fait, les analystes craignent que l'incroyable onde de choc, en provenance d'Asie et touchant les marchés financiers internationaux, n'ait des effets pervers sur les marchés financiers domestiques des pays émergents.
Ainsi, sur le marché des bradys bonds, une sévère correction de la valeur des actifs traités a eu lieu en début de semaine avec des écarts de rendements («spread over treasury») par rapport aux bons du Trésor américain de même duration, plus élevés. Par exemple, en une journée, certains spreads sont passés de 100 à 250 points de base. Les primes de risque sur les actifs des pays émergents sont donc plus importantes. Cité par AP Dow Jones, un trader sur le marché des bradys a déclaré que «les spreads sont revenus à des niveaux préhistoriques».

Après la thérapie de choc de la crise mexicaine («l'effet téquila») et la confiance retrouvée des investisseurs internationaux, les fonds de pensions anglo-saxons se montrent plus méfiants vis-à-vis du risque «pays émergent» pris dans sa globalité.
Pourtant, les données macro-économiques ne justifient pas ce regain de pessimisme. Il semble que ce soit plus une crise de confiance, conséquence directe de la crise des marchés financiers asiatiques. La possibilité d'une hausse préventive des taux directeurs américains et des intérêts vendeurs importants à l'approche de la fin de l'année sont également à l'origine de ce changement d'attitude.
Sur le marché secondaire des dettes souveraines les décotes des dettes souveraines libellées en Dollars de l'Argentine, du Mexique, du Brésil et, conséquence de la logique de portefeuille inhérente à ce marché (et non pas du fait d'une détérioration des indicateurs macro-économiques du pays), du Maroc se sont amplifiées (Cf tableau).

D'où, l'intérêt de mener, si le mouvement baissier perdure, de nouvelles opérations de «buy-back» (de rachat) sur le marché secondaire des dettes souveraines dans le cadre d'une politique active de la gestion de la dette publique.
Cependant, il semble que toute nouvelle émission des pays émergents sur le marché international des capitaux ne soit pas aujourd'hui opportune dans la mesure où les primes de risque vont vraisemblablement s'accroître.
L'autre réflexion qu'appellent ces réactions en chaîne sur les marchés financiers est la nécessité de favoriser l'équilibre entre les investissements extérieurs privés directs et les investissements en valeurs mobilières, pour assurer la pérennité des flux financiers externes et la stabilité de la balance des paiements.
D'autre part, la date embléma-tique du dixième anniversaire du krach boursier de 1987 souligne le caractère cyclique de la vie des marchés financiers et d'une certaine ironie de l'Histoire qui semble bégayer.

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