×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

De nombreuses omissions

Par L'Economiste | Edition N°:402 Le 17/12/1998 | Partager

L'indemnisation des victimes de l'amiante n'est toujours pas abordée. Analyse de la politique de prévention, très timide d'ailleurs, qui a été mise en place au Maroc.


LA France a décidé d'interdire la fabrication, l'utilisation et l'importation de produits à base d'amiante à partir de janvier 1997 et ce, sur la base d'un rapport de l'Inserm, contesté par le Canada ultérieurement, qui a estimé à plus de 2.000 le nombre de décès liés à des expositions à l'amiante. Ce pays n'est toujours pas revenu sur sa décision, en dépit des multiples pressions.
Sur le plan des responsabilités, près de 500 dossiers, accusant de "faute inexcusable" des employeurs ayant exposé leur personnel à l'amiante, sont en cours d'examen devant les tribunaux français des affaires de sécurité sociale. Par ailleurs, au plan pénal, les plaintes de victimes "pour empoisonnement" pour "mise en danger d'autrui" ou pour "blessure involontaire" se multiplient. De quoi donc inspirer un autre pays consommateur d'amiante, le Maroc (le marché est estimé à près de 5.000 tonnes par an). En fait, les départements ministériels, à commencer par le MSP (Ministère de la Santé Publique) mais aussi le MCIA (Ministère du Commerce de l'Industrie et de l'Artisanat), ont été jusque-là réceptifs à l'expérience canadienne qui, rappelons le, est producteur/fournisseur d'amiante Chrysotile. Les pouvoirs publics n'auront réagi, pour l'essentiel, que sous la pression des parlementaires et pour répondre à l'émotion et l'opinion publique touchée par les différents articles publiés par la presse écrite.

Usages contrôlés


Le but des industriels est clairement de continuer de vendre de l'amiante. Faut-il à chaque fois attendre d'autres victimes pour réagir? Ces réactions timides et tardives résultent pour beaucoup de la surévaluation de considérations économiques au détriment des impératifs de santé publique.
Que des médecins marocains aient constaté plusieurs décès chez des travailleurs de l'amiante, cela ne changera apparemment rien. Fait gravissime, la question des victimes n'a jamais été abordée au cours des réunions de "sensibilisation" organisées par les départements ministériels sur ce sujet.
La stratégie utilisée jusqu'à présent ressemble à plusieurs égards à celle qui a été adoptée en France par un certain CPA (Comité Permanent Amiante). Créé en 1982 et financé par la puissante Association Française de l'Amiante (AFA), qui rassemble les professionnels du secteur, ce comité avait entamé un intense travail de lobbying. Sans nier les dangers de l'amiante, sa stratégie était d'en minimiser les effets. Il plaide aussi pour l'usage contrôlé, une politique dont il est aujourd'hui question au Maroc.
En janvier 1997, le Dr Ahmed Alami, ex-ministre de la Santé, avait mis en place un comité interministériel en vue de préparer une stratégie de prévention. Un mois auparavant, il recevait une délégation canadienne.
L'objet de la réunion était "d'échanger des informations et identifier les mesures prises par ce pays". Voilà pour ceux qui douteraient de l'efficacité des structures de veille sanitaire... s'il y en a.

Mohamed BENABID

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc