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Economie

Congrès des pharmaciens : La profession prend conscience de sa vulnérabilité

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

Les pharmaciens se sont rendu compte en faisant le tour des textes qui régissent leurs activités et des risques qui lui sont inhérents, que leur responsabilité pouvait à tout moment être engagée. Le cinquième Congrès des pharmaciens, tenu les 16 et 17 novembre à Fès, a été marqué par le message adressé par M. Moncef Benabderrazik.


UN des moments forts de la manifestation a été sans aucun doute le message adressé par M. Moncef Benabderrazik, depuis sa prison, à ses confrères. L'assistance, constituée de pharmaciens mais aussi d'avocats et de médecins, très émue, acclama pendant longtemps le discours lu par son épouse. Il s'est déclaré prêt à faire don de sa personne si cela pouvait servir la profession.
L'ombre du pharmacien a plané sur le cinquième Congrès du début à la fin. C'est en effet à la suite de l'emprisonnement de leur confrère que les pharmaciens se sont rendus compte de l'extrême vulnérabilité de leur profession. «Nous avons perdu une reconnaissance, en principe automatique du simple fait de l'obtention de nos diplômes». Cette déclaration, qui résume ces préoccupations, n'émane pas d'un pharmacien mais d'un médecin, le Pr Laraki, président de la Société marocaine des sciences médicales. C'est dire que le thème de la manifestation, «Ethique, risque et responsabilité», ne concernait pas que les 2.850 pharmaciens du pays.

Les participants au congrès ont essayé, pendant deux jours, de passer en revue les différents risques qui peuvent engager leur responsabilité civile ou pénale. Le risque, c'est bien sûr en premier lieu le problème de destruction des médicaments périmés. Les pharmaciens ont de nouveau exprimé leur angoisse face au volume croissant des stocks de médicaments dont la date de péremption est dépassée.
Chez les pharmaciens industriels, la promesse de la concrétisation du projet de l'incinérateur commun, prévu par l'AMIP, n'a pas réussi a dissiper les inquiétudes. L'incinérateur ne devrait résoudre, selon eux, qu'une partie du problème, à savoir le lieu de destruction. En revanche, la question de la date persistera. En effet, pour pouvoir exonérer d'impôts les stocks de médicaments périmés qui seront incinérés, une signature officielle de la commission, qui représente les autorités compétentes, ayant assisté à la destruction, est nécessaire. «Réunir ces personnes au même endroit et au même moment» n'est pas tâche aisée, est-il indiqué.
Chez les pharmaciens d'officine, le problème des médicaments périmés se pose différemment. En raison de l'exiguïté des espaces disponibles, de simples quantités peuvent devenir dans ce cas problématiques. Pour M. Abderrahim Skalli, pharmacien industriel, les difficultés résident dans la procédure de collecte.

«Je pense qu'il faudrait créer un organisme de collecte des médicaments périmés auprès des pharmacies d'officine, qui puisse procéder à la destruction selon le modèle qui sera adopté par les laboratoires pharmaceutiques».
Le problème des médicaments périmés avait soulevé dans son sillage celui de l'identification des textes régissant la profession pharmaceutique. Les pharmaciens conviennent de la nécessité d'appliquer des textes spécifiques et non d'ordre général comme cela a été le cas lors du procès de M. Benabderrazik.
Il n'en demeure pas moins que les pharmaciens doivent approfondir leur connaissance des textes qui les concernent. Le besoin est urgent si l'on juge d'après les propos de M. Skalli. «Peu de confrères connaissent réellement les textes qui régissent leur activité».

Médecin-pharmacien


Le Congrès a également été l'occasion d'aborder les relations, parfois mitigées, entre médecins et pharmaciens. Ils partagent à deux une responsabilité dans la délivrance du médicament.
Les pharmaciens rappellent que les cas d'erreurs dans la délivrance sont parfois imputables à des anomalies dans la prescription. «Les médecins acceptent mal qu'une incompatibilité ou une interaction médicamenteuse leur soit signalée par le pharmacien». Les médecins peuvent pour leur part reprocher aux pharmaciens l'exercice illégal de la médecine: prise de tension ou délivrance sans ordonnance d'un médicament figurant sur le tableau A par exemple. Cette frontière entre la pharmacie et la médecine demande donc à être clarifiée.
Côté éthique, le reproche souvent adressé aux pharmaciens concerne l'absence de l'officine. La procédure à suivre, si le phénomène devient chronique, est d'en informer les Conseils de l'Ordre puisque la question est déontologique. Les sanctions qui relèvent de la compétence de ces Conseils vont du simple avertissement au blâme. Il est également possible de proposer au SGG la fermeture de l'officine. Cette proposition n'a jamais été suivie.

Mohamed BENABID.

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