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Entreprises

Ciments d'Agadir absorbe Cimasfi

Par L'Economiste | Edition N°:47 Le 01/10/1992 | Partager

La société des Ciments d'Agadir, filiale à 51% des Ciments Français va absorber Cimasfi, filiale à 55% du même groupe.
Il peut paraître ordinaire que deux entreprises du même groupe se rapprochent, au plan commercial ou industriel. Cependant, ce qui est rare au Maroc, ce sont les cas de concentration de grandes entreprises, par fusion, ou absorption, en raison des difficultés juridiques, fiscales et financières des opérations. La législation marocaine n'y prépare pas, ignorant même la notion de groupe: la consolidation des bilans, par exemple, n'est pas admise.
Dans le cas présent, les deux Conseils d'Administration, dominés par les Ciments Français, la BNDE et la SNI, ont approuvé le projet. Il reste:
- à l'Assemblée Générale Extraordinaire de Cimasfi, convoquée pour le 9 Octobre, de prononcer sa dissolution sous "conditions suspensives". Autrement dit, Cimasfi sera dissoute si Ciments d'Agadir accepte la fusion-absorption
- à l'Assemblée Générale des Ciments d'Agadir du 19 Novembre d'accepter le principe de l'opération, d'approuver les apports effectués par Cimasfi, d'approuver l'augmentation du capital.
Cette fusion-absorption révèle une nouvelle volonté "de groupe" des Ciments Français au Maroc, une ambition de développer des synergies et de se doter enfin d'une identité. Les Ciments Français au Maroc ont une identité floue et disparate. Ils disposent de deux cimenteries, de 1,7 million de tonnes, des participations dans Asmar (Marrakech), Asment (Temara), de 6 centrales à béton. Le groupe, aux dernières nouvelles, pourrait adopter l'appellation de "Ciments du Maroc".
Un pôle administratif du groupe est déjà installé à Casablanca. De tels services constituent les charges fixes ou des ressources mises en commun aux sociétés et donc aux deux cimenteries, à répartir. La fusion permettra la répartition de ces frais fixes. C'est un premier avantage de la fusion, une synergie.
L'autre synergie est commerciale. Le service client sera optimisé. Dans les perspectives des surcapacités du secteur cimentier, cette synergie est utile.
Cependant, l'avantage le plus important reste fiscal. La cimenterie d'Agadir, plus ancienne, génère des bénéfices, paye beaucoup d'impôts.
Cimasfi, qui a démarré en 1992, perdra de l'argent pendant encore 8 à 10 ans. Les amortissements d'une industrie fortement capitalistique et les frais financiers laissent des pertes. La tentation est grande pour les actionnaires communs de faire éponger les pertes d'une usine par les bénéfices de l'autre.
Restent les autres actionnaires des ciments d'Agadir, CIMR, CNIA, CDG et d'autres petits porteurs, qui pourraient craindre pour leurs dividendes.
"Les dispositions ont été prises pour que la Bourse ne retire pas sa confiance", rassure M. Mohamed Chaïbi, Dirigeant des Ciments Français au Maroc. "C'est une question d'éthique et aussi de culture du groupe international habitué à se soucier du petit porteur".
Le montage financier de la fusion-absorption a donné lieu à des simulations. Au bout de 5 ans, la valeur des actions augmentera de 36% à même prix de sortie. Par ailleurs, pour 5 actions des Ciments d'Agadir, deux actions gratuites de la nouvelle société seront distribuées. "L'actionnariat populaire", celui petit porteur, sera développé après la fusion.
Reste le fisc, qui voit un gros contribuable partir en "fusion". Qu'il se rassure: une société qui doit verser des dividendes doit par nature générer des bénéfices, donc un impôt. Dans ces conditions, le fisc aurait tout intérêt à devenir un grand défenseur de la Bourse.

K. B.

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