×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Casablanca: Pas de budget pour boucher les trous!?…

Par L'Economiste | Edition N°:1427 Le 31/12/2002 | Partager

. Après les dernières pluies, l'état des routes est devenu plus que critique. Les budgets alloués à l'entretien de ces infrastructures sont dérisoires, expliquent des représentants de commune. Des solutions peu onéreuses existent mais leur mise en oeuvre est retardée par les lenteurs administrativesLa ville de Casablanca peut être fière d'abriter le plus grand terrain de golf. Les trous se comptent par milliers. De quoi vraiment séduire les golfeurs. Sauf qu'il ne s'agit pas d'un tapis vert mais d'un tapis gris. C'est un terrain où le goudron vole la vedette au gazon. Et les golfeurs sont plutôt les automobilistes qui, au lieu de chercher les trous, tentent de les éviter. L'état défectueux des routes à Casablanca atteint un niveau plus que critique. Même les grandes avenues qui doivent embellir la ville n'échappent pas au phénomène. L'exercice quotidien des conducteurs de voiture est d'esquiver les trous «ressemblant des fois à des cratères«, ironise un automobiliste. Ce qui augmente bien sûr le risque d'accident. Les observateurs s'accordent tous à dire que ce sont les pluies qui rendent les routes défectueuses. «Ceux qui réalisent les travaux de restauration et de remise en l'état des routes ne respectent pas le cahier des charges«, expliquent-ils. De leur part, les communes brandissent l'insuffisance des crédits. Selon Mohamed Mohib, président de la Commune Mers Sultan, les crédits alloués pour l'entretien des routes sont très faibles. Pour cette commune, à peine 50.000 DH par an sont consacrés à cette tâche. Une somme jugée dérisoire par ce même président. D'autant plus, ajoute ce dernier, «l'acrobatie budgétaire n'est pas permise tant que les autres rubriques ne dégagent pas d'excédent financier«. Les montants alloués aux autres rubriques sont aussi faibles, fait remarquer Mohib. Exemple: le budget d'entretien de l'éclairage public pour la même commune ne dépasse pas 30.000 DH. Autre raison derrière la défaillance des routes: pour chaque nouvelle construction de maison ou d'immeuble, il faut procéder aux branchements nécessaires. «Dans ce dessein, on creuse les routes sans les remettre en état«, note un observateur. Mais avec «le nouveau projet de l'unité de la ville, ce problème sera dépassé«, rassure Mohib.De son côté, le secrétaire du conseil de la Commune de Ben M'Sick affirme que le problème des routes délabrées ne se pose pas au niveau de son territoire. «Nous avons opéré le revêtement et la réparation de toutes nos rues grâce à un emprunt auprès du Fonds d'équipement communal«, précise-t-il. Mais il ne manque pas de signaler que la médiocrité des budgets communaux ne favorise pas un entretien constant de la voirie. Surtout si l'on sait que ces budgets sont rongés par les dépenses de fonctionnement. Pour l'investissement (y compris l'entretien), il n'en reste qu'un brin. «Et même pour ce petit brin, les conseillers communaux se dispute, chacun voulant que les ruelles de son propre quartier passent les premières«, indique le même conseiller. A ceci s'ajoute la lenteur de l'incontournable procédure des marchés publics qui n'est pas pour arranger les choses. Les présidents de commune se rejettent la balle quand il s'agit d'entretenir de grands boulevards partagés entre eux. «L'entretien des grandes avenues relève de la compétence de la Communauté urbaine de Casablanca (CUC)«, note un responsable d'une commune. Chose que rejette la CUC. En effet, selon un responsable de la Communauté urbaine, le statut juridique de cette institution dénie toute compétence de celle-ci en matière de voirie. Il cite l'article 58 et 59 de la charte communale de 1976. Le premier formant statut juridique de la CUC et le deuxième fixant le domaine de compétences de la CUC. Ces textes exclus formellement l'entretien des chaussées, la desserte intérieure des communes et le revêtement des trottoirs… de la compétence de la CUC. En conséquence, le budget de la Communauté urbaine ne peut prévoir des rubriques se rapportant à ces domaines.La Communauté est seulement compétente en matière de «construction des boulevards et de leur élargissement pour les mettre ensuite entre les mains des communes«, tient à préciser le même responsable. Tout dernièrement, par voie de marché public, la CUC s'est procurée des «enrobais à chaud« (matériaux permettant de recouvrir la chaussée). Ces produits ont été distribués aux communes à mesure de 100 tonnes chacune. Ainsi, la Communauté cherchait à faciliter la réfection des routes endommagées. Mais aucun résultat n'a été enregistré pour le moment. «Je n'arrive pas à comprendre pourquoi les communes incriminent la Communauté urbaine alors qu'elles y sont membres et la CUC ne fait que les représenter«, rétorque la CUC. Et d'ajouter que «ce qui manque à nos communes, c'est la volonté de travailler, car au lieu de laisser nos boulevards dans cet état, on peut les réparer, à défaut de moyens, en remplissant les trous par du sable ou de la terre et laisser aux véhicules le soin de les presser«. C'est la solution la moins onéreuse mais elle dépend encore des procédures lentes des marchés publics…ALI JAFRY

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc