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Economie

Carton & papier: Menace de crise

Par L'Economiste | Edition N°:1850 Le 09/09/2004 | Partager

. L’accélération du démantèlement inquiète les professionnels. Retards dans la mise à niveau, sous-facturation, matériel obsolète… les freinsWait and see… C’est l’attitude que semble prendre la filière du carton et papier, mais sur fond d’inquiétudes. C’est du moins ce qui ressort de l’assemblée générale de la Fédération de l’industrie forestière, des arts graphiques et de l’emballage qui se tient aujourd’hui. De l’avis de Aziz Kadiri, président de la Fédération, le processus d’accélération du démantèlement tarifaire, projet remis à jour et annoncé depuis quelques mois par le ministère de l’Industrie, préoccupe les opérateurs. «OK pour un démantèlement avec l’UE mais pas à un rythme accéléré», indiquent ces derniers. Car en accélérant le rythme, la filière papier risque de gros problèmes. Tel est le cas pour le papier pour onduler, celui pour écriture, papier emballage et le carton duplex, dit aussi «le blanc» dans le jargon professionnel. Mais ce n’est pas le cas pour les caisses US et autres emballages pour produits agricoles, ces dernières bénéficient de la protection. En fait, le risque est surtout lié à l’origine des principaux concurrents sur ce créneau. L’Europe étant le principal concurrent avec notamment la France, l’Espagne, la Suède... Or, depuis quelque temps, les opérateurs ont engagé des investissements lourds, car la branche est capitalistique et demande des investissements conséquents. Du coup, ils ne parviendront pas à amortir leurs investissements. . Industrie énergivoreAujourd’hui, en termes de droits de douane et ce, depuis mars dernier, le taux de base est de 40%. Si l’accélération est maintenue, cela devra se traduire par des taux de 22,75% en mars 2005 au lieu de 35%. Ce qui n’arrange pas l’industrie locale. Ceci étant, les professionnels souhaitent que des contreparties soient accordées par les pouvoirs publics au cas où le scénario de l’accélération de l’ouverture serait retenu. Parmi les principales contreparties, l’on parle de baisse sur le coût de l’énergie. Rappelons que l’industrie du papier est un secteur énergivore (surtout en fuel et énergie électrique). El les principales dépenses relèvent du poste énergie. Mais là encore, les professionnels redoutent que ce ne soit une faveur accordée uniquement aux grandes structures. Consultants et professionnels sont unanimes sur le fait que le coût de l’énergie a un impact négatif sur la définition du prix de revient et donc de la compétitivité à l’international. Parallèlement à ce tableau peu reluisant, il faut dire que le processus de mise à niveau accuse un grand retard dans cette filière particulièrement. Les professionnels s’attendent à un vrai plan de mise à niveau surtout pour les papeteries et l’industrie de transformation. Car le processus n’a pas bien fonctionné partout. Ce qui n’arrange pas non plus les choses. Ajouter à cela, les fonds qui ne parviennent pas facilement, mais surtout l’opacité qui caractérise certaines catégories de papier. Selon des professionnels, il y aurait même des détournements dans l’importation de papier, notamment pour certains produits qui passent dans la rubrique du papier journal. Ce dernier étant exonéré des droits de douane. Sans oublier la sous-facturation pour certaines catégories de produit. Mais tout n’est pas noir. Le Maroc a la chance d’avoir une industrie papetière qui a un fort potentiel de développement, assure Jean-Luc Martinet, industriel spécialisé dans le papier. Et cela se justifie à plusieurs niveaux, notamment la forêt, la fabrication de pâte avec Cellulose du Maroc, sans oublier les six papetiers ainsi que de très nombreux transformateurs, imprimeurs, cartonniers… En dernier lieu vient un système de distribution de papier. La consommation totale au Maroc s’élève à 12 kg par habitant, ce qui reste très faible par rapport à des pays similaires. Néanmoins, précise Martinet, cela témoigne d’un très fort potentiel de croissance. Il est possible de doubler la consommation actuelle dans 10 ans, signale Jean-Luc Martinet. C’est dire que le secteur dispose de nombreuses potentialités. Mais que faut-il pour développer la filière? Pour cet industriel, «il faudrait absolument créer un cadre administratif, juridique et économique favorable au développement privatif de la forêt». L’intérêt, ajoute-t-il, est de permettre aux institutionnels (compagnies d’assurance-vie, caisses de retraite…) d’investir des ressources financières longues dans ce secteur d’activité. Ceci devra présenter de nombreux avantages annexes et se traduire par le développement de la filière bois. «Dès que nous aurons du bois en quantité suffisante et à un prix rentable, nous pourrons fabriquer de la pâte à papier économiquement satisfaisante», estime Jean-Luc Martinet. Pour la pâte à papier, le Maroc produit de la fibre courte destinée uniquement à des usages graphiques. Cellulose du Maroc produit environ 125.000 tonnes et en exporte quelque 90%. Or, la moyenne de production chez les grosses unités concurrentes est de 500.000 tonnes à l’étranger. «Il va falloir dimensionner notre projet de pâte de manière qu’il soit plus rentable face à la compétition internationale», souligne un opérateur. Autre maillon fort de la chaîne, la papeterie. Pour des professionnels, dès que la production de la pâte est en quantité et en qualité suffisantes et à des niveaux de prix attractifs, il est possible d’implanter une grosse machine à papier d’impression (écriture) à destination de l’export. Autrement dit, une machine de 400.000 tonnes qui fabrique du papier offset et photocopie. Or, l’analyse de l’existant relève que de petites unités existent dans ce secteur du matériel souvent acquis d’occasion et peu performant. Ce sont surtout ces structures qui risquent d’être bousculées par le démantèlement. La transformation occupe elle aussi une place prépondérante dans le secteur. Mais sur ce registre, les industries de labeur nécessitent globalement une mise à niveau en profondeur, car leur matériel acquis d’occasion est souvent obsolète, précise un imprimeur. Dans le même ordre d’idées, les imprimeries de presse ont déjà entamé des investissements en matériel neuf, il n’y a pas encore assez d’équipements en particulier pour le papier magazine pour envisager l’export. Pour l’heure, seul un imprimeur dispose d’une rotative magazine moderne. A titre de comparaison, l’Egypte dispose d’une imprimerie «Al Ahram» qui compte plus de 10 rotatives magazine de dernière génération, sans compter une vingtaine de presse offset couleur et toute la finition. Sur ce créneau, l’on peut envisager l’export car le Maroc a des avantages comparatifs, précise Martinet. Enfin, vient la distribution. Ce dernier maillon de la chaîne est assez bien organisé, il constitue une bonne base pour le développement et l’investissement dans une logique à l’export. En revanche, la branche a été perturbée dernièrement par des importations en sous-facturation, précisent des opérateurs.


Le secteur en chiffres

Selon les dernières études menées sur la filière, le secteur compte au total une soixantaine d’entreprises et génère 5.514 emplois directs, dont quelque 800 saisonniers. Une seule unité fabrique de la pâte à papier. En 2003, la configuration de la production s’articulait autour de plusieurs activités: le papier pour emballage qui représente 13%, le papier-impression avec 20%, le papier ouate (2%), le carton plat 23% et le papier pour onduler qui représente 54%. La totalité de la consommation nationale est de 400.000 tonnes. «Mais il est possible d’arriver à doubler la consommation dans dix ans», précise Jean-Luc Martinet. Amin RBOUB

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