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Entreprises

CIOR: La cimenterie de Fès en démarrage

Par L'Economiste | Edition N°:47 Le 01/10/1992 | Partager

Après le centre d'ensachage, puis de broyage, CIOR a réalisé une cimenterie à Fès. Cette unité marque la volonté de cette entreprise privatisable, de conserver une position leader sur le marché.

La dernière née des cimenteries, celle de Fès est prête pour les essais qui auront lieu fin Octobre. Sa mise en service aura lieu en Décembre.
C'est CIOR qui a réalisé ce projet industriel, dont la capacité de production atteindra 500.000 tonnes de ciment par an. Avec cette nouvelle unité, CIOR affiche ses ambitions, sa volonté de diversification. "Son potentiel installé est à la mesure de son ambition", explique M. Abdelhamid Bennani Smirès, Président de CIOR.
Cette volonté a par ailleurs été affirmée, en Juin dernier, par un changement de nom. La CIOR, "La Cimenterie de l'Oriental", devenait "Les Ciments de l'Oriental". Le sigle est maintenu, mais l'entreprise veut se forger une identité nouvelle, accompagner ses programmes d'expansion de structures multiples. A ce jour, elle possède, outre la cimenterie d'Oujda, un centre d'ensachage à Casablanca et un centre d'ensachage-broyage à Fès. C'est dans cette ville que CIOR a installé sa première unité de Béton Prêt à l'Emploi; à moyen terme, 3 autres unités de BPE sont prévues. Cette valorisation vers l'aval du produit-ciment est engagée d'ailleurs par les grands cimentiers en Europe, puis au Maroc.
Mais c'est surtout la nouvelle usine de Fès quimarque le redéploiement géographique de l'appareil industriel de CIOR, qui s'est découvert une vocation fassie avec le temps, pour construire une usine à rebours.
En 1979, c'est d'abord un centre d'ensachage de 500.000 tonnes qui est implanté à Fès, dans le vieux quartier industriel de Dokkarat, qui tire son nom des Docks. L'ensachage est bien évidemment le conditionnement final, en sacs de 50 kilos, le dernier stade industriel avant la livraison. Sûre des perspectives commerciales, CIOR remonte le processus, et installe le broyage. En 1991, le clinker, est broyé, et le ciment distribué à Fès dans de meilleures conditions de compétitivité.
Car seul le clinker est acheminé d'Oujda. L'autre composant du ciment, les ajouts, qui représentent 20 à 25% du poids, sont prélevé localement. Le broyage est une nouvelle opportunité de gain sur le coût de transport. Le caractère pondéreux du ciment est sa première contrainte pour toute commercialisation.
Par ailleurs l'installation du broyage à Fès devenait nécessaire, hors site d'Oujda, où se posait un problème d'évacuation, dès lors que la production dépassait les 1,2 million de tonnes l'an.
Le broyage installé, le marché de Fès allait continuer de tirer CIOR à lui. Sa croissance et surtout les perspectives d'urbanisation se confirmaient avec la création d'une Wilaya, de l'Agence Urbaine, il faut dédensifier la médina, résorber les bidonvilles sur 150 hectares... A terme, le périmètre urbain de 2.600 hectares passera à 7.600 hectares. Et si cette croissance est limitée, par une zone verte, c'est que des centres urbains seront développés, dans la région, à Sefrou, Bhalil, Taounate... Les projets industriels et les grands équipements sont autant d'opportunités: un stade de 40.000 places, la galerie de Matmata, et surtout, le barrage Al Wahda, sur le fleuve Ouergha.
Le marché étant porteur, la décision de construire une usine est donc prise. Broyage et ensachage existant déjà, il ne manquerait que l'unité de clinker, en amont.
Elle sera éloignée de 20 kilomètres des deux précédentes. A ce niveau le site est imposé par les carrières de calcaire. "Ras Al Mas", renferme des eaux, comme son nom l'indique, mais surtout du calcaire, qui entre pour 80% dans le clinker. L'autre matière première, l'argile sera prélevé, à une quarantaine de kilomètres, du côté de Sefrou.
Les deux sites industriels seront reliés dans un premier temps par des navettes de camions. Ils auront en définitive nécessité un investissement de 630 millions de Dirhams environ. Un investissement important qui peut a priori étonner, pour une entreprise privatisable.
La CIOR est en partie privatisable (87% de son capital appartient à l'ODI et 13% à la Banque Islamique de Développement). Certains estiment que les entreprises privatisable doivent cesser d'investir, de s'endetter: les entreprises sont à céder en l'état, au moment de la promulgation de la loi sur la privatisation.
Mais la logique de croissance, de compétitivité, du secteur privé, prévaut à CIOR, et chez les responsables en charge des privatisables.
Rien n'est fait pour contrecarrer la privatisation "la CIOR est une entreprise type, qui cadre bien avec l'esprit de la privatisation" confirme M. Bennani Smirès. Dans les rangs, il n'y a pas de crainte de l'opération, mais une bonne réceptivité; "il n'y a pas de sureffectif et le coût du personnel à la tonne n'est pas élevé" explique-t-il. La seule inquiétude qui transparait, chez le personnel est celle de voir arriver un investisseur non industriel, ou non financier, qui ne serait pas guidé par le calcul économique. Un bon investisseur veillerait à ses intérêts bien compris, à ceux du personnel, à sauvegarder l'entité CIOR "l'originalité et la force de notre entreprise reposent sur la complémentarité de ses structures et de ses marchés. C'est parce quelle dispose d'unités de production géographiquement distinctes et d'une logistique performante que CIOR a pu développer son action avec maîtrise et efficacité", explique M. Bennani Smirès.
CIOR exploite aussi de 85 wagons citernes qu'elle possède en propre qui assurent l'acheminement du ciment en vrac vers les centres de Fès, Casablanca et certaines grandes entreprises.
L'entreprise est leader sur le marché, avec 24% des ventes elle affiche la volonté de s'y maintenir, voire de saisir les "opportunités offertes" par la diversification, les nouveaux métiers...

K.B.

Carte de visite

Cior, qui était "la Cimenterie de l'Oriental" et qui est devenu "les Ciments de l'Oriental" a été créée en 1976. Son capital social de 245 millions de Dirhams se partage entre l'ODI (87%) et la Banque Islamique de Développement (13%). La capacité de la cimenterie d'Oujda est de 1,2 million de tonnes. Celle de Fès sera de 500.000 tonnes. CIOR possède un centre d'ensachage à Casablanca, a créé une unité de Béton Prêt à l'Emploi, en partenariat à Fès, et en prévoit 3 autres, réparties dans le pays. Le chiffre d'affaires de la CIOR a été de 811 millions de Dirhams en 1991. En 1992, il atteindra 870 millions de dirhams. Au total, la société emploie 648 personnes, dont 43 cadres. Son siège social est à Rabat.

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