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Analyse/Santé au Travail : Une indépendance professionnelle «relative»

Par L'Economiste | Edition N°:4178 Le 24/12/2013 | Partager

Chakib El Houssine Laraqui, président de la Somametre: «Pourquoi un médecin du travail serait-il moins bien payé qu’un DRH ou qu’un directeur financier? S’il ne fait pas correctement son travail, il peut ruiner une entreprise!»

La rémunération n’est pas l’unique souci des médecins du travail. Pour Pr. Chakib El Houssine Laraqui, président de la Somametre et l’un des précurseurs de la médecine du travail au Maroc, l’indépendance professionnelle figure aussi parmi leurs principales préoccupations.  

- L’Economiste: Qu’en est-il de vos conditions d’exercice?
- Chakib El Houssine Laraqui: Si les médecins du travail marocains avaient un doctorat d’Etat de médecine français ou européen, il n’y en aurait plus aucun au Maroc, en raison des faibles rémunérations offertes. Par ailleurs, l’indépendance professionnelle du médecin du travail n’est pas protégée, puisqu’il est à la fois embauché et licencié par le chef d’entreprise. Or, il devrait dépendre uniquement du comité d’entreprise. Comme il est redevable à l’employeur, il se trouve gêné dans l’exercice de ses fonctions.

- Existe-t-il des contraintes réglementaires?
- Le Maroc dispose de l’une des meilleures législations dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail. Le problème se pose au niveau de l’application. La majorité des employeurs n’a pas encore compris que la médecine du travail est un investissement rentable. En France, par exemple, le chef d’entreprise a une obligation de résultats en la matière, sous peine de poursuites pénales. Au Maroc, ce n’est pas mentionné de manière explicite. Et de toutes les façons, un grand nombre d’employeurs défie la loi! Sur les 5.000 entreprises assujetties à la médecine du travail, plus de 3.000 ne répondent pas à l’obligation légale. Celles qui le font, pour la majorité, ne s’y prennent pas correctement.
- L’employeur, use-t-il d’autres moyens d’influence comme le secret professionnel ou médical?
- En général, le médecin du travail est conscient de ses responsabilités et a suffisamment de recul pour ne pas tomber dans ces pièges. Les principales difficultés auxquelles il fait face se trouvent au niveau du salaire et de l’indépendance professionnelle. Je pense qu’un médecin du travail doit être payé au minimum entre 30.000 et 40.000 DH par mois. Pourquoi serait-il moins bien rémunéré qu’un DRH ou qu’un directeur financier? Son action en milieu de travail est aussi importante que tout autre directeur de l’entreprise. S’il ne fait pas correctement son travail, il peut ruiner une entreprise!

- Les services interentreprises, pourraient-ils représenter une bonne alternative?
- Actuellement, nous avons surtout de petits services autonomes qui ne marchent pas vraiment. Les services interentreprises, eux, n’ont jamais vu le jour alors qu’ils étaient prévus dans le dahir de 1957, qui a été remplacé par le nouveau code du travail. Je pense qu’il serait plus approprié d’encourager la mise en place de cabinets  spécialisés de médecine du travail, par secteur ou par région, dirigés par des médecins spécialistes.
Propos recueillis par A. NA.

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