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Entreprises

Entrepreneuriat/Mena
Les femmes toujours à la traîne

Par L'Economiste | Edition N°:4164 Le 04/12/2013 | Partager
Elles représentent à peine 12% des auto-entrepreneurs
Un manque à gagner de 25% du PIB de la région
24% des femmes occupent un emploi

Dans la région Mena, les femmes sont plus exposées au chômage. A peine 24% d’entre elles occupent un emploi. Le Maroc fait partie des pays où les inégalités hommes-femmes en matière d’accès à l’emploi sont des plus flagrantes

ALORS qu’elles sont aussi nombreuses que les hommes à vouloir créer leurs entreprises, les femmes de la région Mena ne représentent que 12% des auto-entrepreneurs. Ce constat a été dressé par le dernier rapport du Forum des femmes entrepreneurs OCDE-Mena, présenté hier à Rabat. Le document relève que «les compétences féminines restent sous-utilisées, même si les conditions de création d’entreprise sont satisfaisantes». Or, «une plus grande intégration économique des femmes peut contribuer à la croissance de 25% du PIB de cette région», a affirmé Birgitta Holst Alani, coprésidente du Forum. D’ailleurs, le rapport soulève que le développement des pays Mena dépendra de la promotion de l’activité entrepreneuriale des femmes. En tout cas, les femmes marocaines semblent avoir le goût du risque. En effet, le rapport souligne que le Royaume présente un profil différent avec un taux d’entrepreneuriat féminin des plus élevés. Ne faut-il pas d’ailleurs rappeler que l’index Gender-Gedi, qui mesure l’entrepreneuriat féminin, classe le Maroc à la 13e position au niveau mondial. Cela s’explique par «la forte culture entrepreneuriale par laquelle se distingue le Royaume», peut-on lire dans le document. A cela s’ajoutent «les efforts déployés par les pouvoirs publics pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin», a rappelé Amina Benjelloun, chargée de mission au département des Affaires générales et de la gouvernance. Elle a souligné notamment que «le gouvernement travaille en étroite collaboration avec le secteur privé pour faciliter l’investissement des femmes et renforcer leur représentativité dans les entreprises aussi bien publiques que privées».  Sans oublier le programme de budgétisation sensible au genre, qui assure à la femme une équité au niveau des allocations des dépenses publiques. Pour Amina Benjelloun, «l’adoption d’une approche genre a permis à la femme marocaine de s’imposer et d’intégrer des domaines traditionnellement réservés aux hommes». Tenant à rester pragmatique, elle a noté que «la participation des femmes au mouvement entrepreneurial marocain reste faible et ne se réalisera pleinement qu’à travers des mesures d’accompagnement et une plus grande implication de toutes les parties prenantes».
Globalement, les femmes et hommes entrepreneurs présentent les mêmes caractéristiques socio-professionnelles, notamment en termes de motivation, d’attente et d’intérêt pour les marchés internationaux. Toutefois, des différences existent au niveau de l’appartenance sociale, de la scolarisation et de l’expérience professionnelle. Contrairement aux hommes, les femmes entrepreneurs sont généralement issues de familles modestes. Elles sont également moins diplômées et se caractérisent par une petite expérience professionnelle.
Outre les caractéristiques socio-professionnelles, les deux sexes se distinguent également au niveau du choix du secteur d’activité. En effet, les entreprises créées par des femmes sont beaucoup plus concentrées sur des activités orientées vers les consommateurs. Il y a également une tendance à investir dans des filières de production mobilisant moins de technologie.
Si l’entrepreneuriat féminin reste faible dans la région, les inégalités face à l’emploi sont également criantes. Ainsi, à peine 24% des femmes occupent un emploi. Le document pointe le secteur privé qui  «emploie moins de femmes que l’Administration publique».

L’entrepreneuriat féminin sous-financé

LE Forum des femmes entrepreneurs OCDE-Mena a réalisé un sondage auprès du secteur financier pour mesurer l’intérêt accordé au financement de l’entrepreneuriat féminin. Il en ressort que les entreprises dirigées par des femmes représentent moins de 10% des portefeuilles des crédits bancaires. Pourtant, «les banquiers manifestent leur intérêt pour les structures dirigées par des femmes», peut-on lire dans le document. La réalité est tout autre: sur un total de 19 banques, à peine 3 d’entre elles ont fixé des objectifs annuels pour accroître le financement proposé aux femmes entrepreneurs. Trois facteurs d’évaluation sont derrière ce sous-financement, à savoir les garanties et l’expérience professionnelle.

H. B.

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