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Maroc-Suisse: Enseignement/formation professionnelle, un système aussi étonnant que performant

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:6119 Le 22/10/2021 | Partager
Obtenir un doctorat sans passer par le Bac, c’est possible
La formation professionnelle n’est pas synonyme d’échec scolaire, bien au contraire
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L’université de Bâle, la plus ancienne de Suisse, est en raison de l’héritage intellectuel du philosophe d’Érasme au XVe siècle généralement comptée parmi l’un des lieux de naissance de l’humanisme (Crédit Ralf Roletschek)

Avec un taux de chômage structurellement insignifiant, 2,3 % en 2019, avant la crise du Covid-19, moins de 3,5 % au printemps 2021 selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), un niveau de vie et des salaires plus élevés que ses voisins, un excèdent budgétaire récurent (hors période Covid), une industrie, essentiellement tournée vers l’exportation, largement spécialisée dans les produits à haute valeur ajoutée, la Suisse est l’un des pays les plus prospères au monde. Sans matières premières ni débouchés maritimes, le pays a tout misé sur son capital humain.

Les fameuses «vertus suisses» n’étant pas une légende, l’application, l’amour du travail de qualité et l’esprit d’entreprise ont beaucoup joué dans l’éveil de la Suisse ces quatre-vingt-dix dernières années. Ajouté à cela un système éducatif aussi étonnant que performant où le taux de réussite au baccalauréat, ou certificat de maturité, dépasse rarement les 40%. Nous sommes très loin des 81,83% de taux de réussite chez nous, unanimement salué en 2020, pourtant, le pays alpin est champion mondial de l’innovation depuis onze années consécutives et celui qui présente le plus fort taux de prix Nobel scientifiques par habitant (Sept prix Nobel en chimie, cinq en physique et sept en physiologie et médecine).

Avec un taux avoisinant les 40%, quelle alternative pour les autres élèves? serait-on tenté de s’interroger. Une grande majorité poursuit tout simplement ses études secondaires, sans pour autant les valider par le fameux sésame. De sorte que plus de 90 % des jeunes parviennent à l’âge de 25 ans avec un titre du secondaire II, avec ou sans maturité, et que 60 % des Suisses accèdent au marché du travail directement à l’issue de leur formation obligatoire ou post-obligatoire.

Le paysage éducatif suisse comprend quatre niveaux: les degrés primaire, secondaire I et secondaire II, et tertiaire. La scolarité obligatoire se limite au degré secondaire I. Cependant, près de 91% des jeunes adultes jusqu’à l’âge de 25 ans obtiennent une certification du degré secondaire II (l’équivalent du lycée), que cela soit par un apprentissage (formation professionnelle), un gymnase (lycée de deuxième cycle général ou commercial) ou une école de culture générale (filière santé, art, communication ou socio-éducative). Au niveau le plus élevé arrive le degré tertiaire.

Ce dernier est partagé entre le tertiaire A (comprenant les hautes écoles universitaires HEU (universités), les hautes écoles pédagogiques HEP (qui forment les enseignants) et les hautes écoles spécialisées HES), et le tertiaire B (formation professionnelle supérieure). Cette dernière filière est tout autant valorisée que la première.

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Le paysage éducatif suisse permet aux étudiants du supérieur une grande flexibilité et la possibilité d’un passage d’une filière à une autre (Source ODEC)

La formation professionnelle est, en effet, un des principaux piliers du monde du travail suisse et du système éducatif.  Plus de deux tiers des jeunes y optent pour un apprentissage qui leur permettra d’entrer dans la vie active, avec la garantie d’évoluer grâce à de nombreuses passerelles vers l’ensemble de la formation professionnelle supérieure. Et c’est là que réside le secret.

La grande force du système éducatif suisse réside d’une part dans sa grande perméabilité: il existe de nombreuses possibilités de suivre une nouvelle formation ou de rattraper une formation. Le deuxième facteur de succès est la formation professionnelle duale: elle se déroule à la fois dans une entreprise formatrice et à l’école.

Un système qui permet d’acquérir, par le biais de programmes variés et grâce à une connexion étroite entre la science et la pratique, la formation et l’emploi des compétences qui facilitent la transition vers la vie active. Ce qui explique en partie le faible taux de chômage des jeunes comparé au reste de l’Europe.  D’autant plus que les innombrables passerelles entre les différentes filières de formation permettent une grande flexibilité si bien qu’il est possible d’obtenir un doctorat sans avoir obtenu de baccalauréat.

Amine BOUSHABA

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