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Doctorat: Publier des articles avant sa soutenance, les tuyaux

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:6032 Le 15/06/2021 | Partager
Maîtrise de l’anglais, rapport anti-plagiat, choix du standing des revues…
Rareté des moyens, un frein de taille!

Avant de soutenir leur thèse, les doctorants doivent en général publier au moins deux articles dans des revues scientifiques. Certains établissements exigent une parution dans des revues indexées ou à comité de lecture. Or, pour se faire publier par ces supports, il faut compter des mois.

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Parmi les revues marocaines indexées Scopus et Web Of science (à août 2020), une seule est dédiée aux sciences sociales, Hesperis Tamuda

Dans les plus prestigieux titres, il faudrait entre 6 et 12 mois entre la soumission et l’acceptation des articles. Le taux d’acceptation varie entre 10 et 30%, selon la qualité de la revue (voir L’Economiste N° 5968 du 16 mars 2021). Comment donc maximiser ses chances de décrocher une publication?

Publier dans le domaine des sciences expérimentales nécessite des moyens. «En sciences et techniques, ingénierie et médecine, l’étudiant doit procéder à une série d’expériences. Il est obligatoire d’en confirmer la fiabilité, avant de partager son travail avec une revue scientifique qui recourt à des relectures de pairs et de référés experts. Pour cela, il faudrait recourir à des techniques d’analyse dites de surface (microscope électronique à balayage, spectrophotomètre, infrarouge…). Or, on ne les trouve pas partout», relève Abdelkader Zarrouk, classé dans le top 2% mondial de chercheurs en sciences, selon Stanford University.

Zarrouk, qui compte plus de 409 publications indexées et deux livres, est également membre du comité éditorial de près de 27 revues internationales, et reviewer pour plus de 70 revues à comité de lecture, éditées par les plus grands groupes (Elsevier, Springer, Royal Society of Chemistry...). Même quand des plateformes d’analyse et d’expérimentations existent, la bureaucratie administrative peut retarder leur accès.

La signature d’un «bon d’analyse», par exemple, pourrait prendre 4 mois. Et quand un matériel tombe en panne, il faut aussi attendre des mois pour le voir réparé, en raison de la rareté des techniciens spécialisés. La situation est pour ainsi dire compliquée. D’où l’intérêt de choisir un encadrant allié à des laboratoires de recherche étrangers, et ne trouvant aucun problème à accéder à des équipements et produits rares ou coûteux, grâce à ses réseaux.

«Quand l’article est quantitatif, il faut toujours ajouter une technique qualitative. Et bien sûr, il est impératif de maîtriser l’anglais», recommande Zarrouk. «Quand les revues reçoivent un article, la première procédure est de le soumettre au bureau s’occupant du plagiat. Il faut donc que le doctorant passe au préalable son travail par un logiciel anti-plagiat. Généralement, pour que l’article soit accepté, il doit présenter un pourcentage de plagiat inférieur à 30%. Autrement, même si le travail est de qualité, il est automatiquement rejeté», ajoute le chercheur.

Il est toutefois, toujours possible de retenter sa chance. Mais attention, le titre, les mots clés et le résumé de l’article restent dans la base de données des revues. Pour maximiser ses chances d’être pris, il faut les changer avant de renvoyer son travail. Zarrouk conseille, également, de choisir le standing de la revue en fonction de la qualité du travail réalisé. Si l’article passe le filtre du bureau anti-plagiat, l’éditeur n’en vérifie que le titre, le résumé et les techniques utilisées. Il l’envoie ensuite à ses référés experts.

Si certaines revues proposent des publications gratuites, d’autres exigent des frais. Ils peuvent aller de 200 à plus de 3.000 dollars, selon la renommée du titre.
«A l’étranger, les chercheurs ne travaillent pas seuls. Ils œuvrent au sein d’équipes spécialisées. Certains laboratoires mobilisent toute une équipe uniquement pour la partie rédaction, avec des étudiants et enseignants. Ce n’est pas le cas au Maroc où chacun travaille dans son coin. Il faudrait monter des chaînes de production scientifique», souligne Abdelkader Zarrouk.

Publier en sciences humaines et sociales n’est pas évident non plus. «Le Maroc est un pays émergent, et donc même nos publications sont émergentes. Nous devons redoubler d’innovation et d’originalité pour pouvoir publier dans des revues à fort index, ce qui demande un effort énorme. Ce qui est frustrant, c’est que tout le monde est jugé sur les mêmes critères, alors que nous n’avons pas forcément les mêmes contributions pour arriver à un résultat», confie Doha Sahraoui, professeur à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Marrakech, experte en genre et diversité.
Récolter des données sur le terrain, c’est une autre paire de manche, l’accès à l’information étant difficile au Maroc.

                                                                            

Ecrire, ça s’apprend

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L’esprit d’analyse et de synthèse, ainsi la facilité pour l’écriture sont des atouts certains dans la préparation d’une thèse de doctorat. «Ecrire, c’est un métier, néanmoins, ça s’apprend», relève Hamid Bouchikhi, doyen de SolBridge International School of Business (Corée du Sud), et l’un des théoriciens les plus influents en management à l’international (Thinkers50). «Il faut travailler très dur sur l’écriture, soumettre ses textes à des relecteurs, se faire descendre en flamme, réécrire et persévérer. Il est important de profiter de toutes les occasions pour soumettre des communications et contributions écrites», recommande-t-il.

Ahlam NAZIH

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