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Société

Enquête L’Economiste-Sunergia: Une vie sentimentale mal émancipée

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5891 Le 25/11/2020 | Partager
Un sondé sur deux se déclare sous pression sociale
Les couples mariés ou célibataires face aux conventions
Les hommes se déclarent moins épanouis que les femmes
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Le regard de la société marocaine est peu tolérant à l’égard des relations amoureuses, à la liberté de la femme ou à l’éducation sexuelle. Un revirement timide est en train de s’opérer. Vers quoi va-t-il déboucher dans une communauté où la religion et les traditions pèsent? Grand suspense
(Ph. L’Economiste)

Presque un sondé sur deux estime «subir des pressions sociales l’empêchant de vivre sa vie amoureuse ou conjugale comme il le souhaite». C’est le constat de l’enquête L’Economiste-Sunergia réalisée en août 2020 (voir fiche technique).

Ce sentiment d’oppression diffère selon le sexe. Les femmes se considèrent moins sujettes que les hommes aux pressions sociales qui pèsent sur leur relation sentimentale ou maritale. Surprenant! Sont-elles plus conservatrices ou plus consensuelles avec les normes? Le sondage ne le précise pas.

Le profil socioculturel dominant chez les enquêtés apporte un éclairage. L’échantillon est composé majoritairement de résidents en ville, ayant un niveau d’étude élevé et des revenus supérieurs à la moyenne. Ces caractéristiques socioprofessionnelles garantissent a priori plus d’indépendance vis-à-vis des conventions sociales. Au regard de leur statut, les femmes au foyer ou en milieu rural peuvent-elles prétendre à une indépendance dans la manière de vivre leurs relations amoureuse ou conjugale?

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Environ la moitié des enquêtés affirment «subir des pressions sociales qui les empêchent de vivre leur vie amoureuse ou conjugale comme ils le souhaitent». Le «Oui» l’emporte davantage chez les hommes, les personnes ayant 44 ans et moins ainsi qu’un revenu inférieur à 4.000 DH

Par ailleurs, l’enquête ne démontre pas si le ressenti d’une pression sociale est lié à des considérations religieuses ou s’il est plus affirmé chez les personnes célibataires ou mariées.
Certes, la nucléarisation de la famille marocaine progresse d’année en année. 

«La vie privée et l’intimité des deux conjoints demeurent exposées aux intrusions de la famille élargie» relèvent  Mokhtar El Harras et Fatna Serhane dans une étude socio-juridique(1). Le mariage n’offre pas forcément la paix et la liberté.     

Les années des libertés individuelles

L’enquête L’Economiste-Sunergia constate aussi que ce sont surtout les 25-34 ans qui déclarent «subir des pressions sociales les empêchant de vivre leurs vies amoureuse ou conjugale comme ils le souhaitent».

Plus les sondés avancent dans l’âge, plus la pesanteur des conventions sociales s’atténue. C’est le cas en particulier chez les 65 ans et plus. Doit-on en conclure qu’avec l’âge mûr les gens se fondent plus facilement dans le moule? Il se pourrait aussi qu’une personne tienne moins compte des normes sociales au fur et à mesure qu’elle avance dans l’âge.      

Sur le plan géographique, le sentiment de subir une pression sociale sur sa vie amoureuse ou conjugale est presque égal entre les régions. Il est tout de même moins prononcé au sud du Royaume: un peu plus de la moitié des 1.727 répondants.

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Deux sondés sur 10 disent qu’ils subissent des pressions sociales qui les empêchent de pratiquer leur religion de la façon qui leur convient. Davantage les personnes âgées entre 18-34 ans et dont le revenu est inférieur à 4.000 DH. De quel culte s’agit-il? Le sondage n’aborde pas cette question

Quelle que soit la région, la pression sociale sur la vie sentimentale et maritale est plus forte chez les personnes ayant un revenu inférieur à 4.000 DH. Elle l’est davantage lorsqu’une personne perçoit le Smig (2.300 DH et moins).

En revanche, les sondés ayant des revenus dépassant les 12.000 DH vivent plus librement leur vie amoureuse ou conjugale. Qui a dit que l’argent ne fait pas le bonheur?

Le sondage ne caractérise pas cette «pression sociale» et ses effets notamment sur la sexualité d’un individu. Selon une récente enquête de L’Economiste-Sunergia, la majorité des Marocains se disent opposés aux relations sexuelles hors mariage. Peu importe si les partenaires sont des adultes et consentants (voir notre édition n°5691 du 5 février 2020). Mais le sujet fait débat.

En effet, le Collectif 490 avait lancé la pétition «L’amour n’est pas un crime». Elle est destinée à être déposée au Parlement en vue de dépénaliser certains actes considérés comme relevant des libertés individuelles. Le débat va s’accentuer les années à venir: orientation sexuelle ou religieuse, droit à l’avortement, liberté de conscience... Et ce, au moment où les années 1970-1980, surtout, ont été celles de la lutte pour les libertés publiques comme le droit d’association ou d’expression.

                                                                                  

Fiche technique

L’Enquête a été réalisée à 100% via internet entre le 13 et 26 août 2020. Les questionnaires ont été auto-administrés: 1.236 personnes ont accepté de répondre. Les questionnaires ont été soumis au hasard à des utilisateurs de réseaux sociaux résidant au Maroc. Leurs tranches d’âge est de 18 à 65 ans et plus. Les trois quarts de l’échantillon sont des hommes. Près de 50% de la population ciblée réside dans l’axe Casablanca-Rabat-Kénitra. L’échantillon de l’enquête a un revenu allant de moins de 2.000 DH à plus de 40.000 DH.    
«Les résultats de cette enquête ne représentent que les internautes marocains et ne peuvent être généralisés à l’ensemble de la population», avertissent ses auteurs.

Faiçal FAQUIHI

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(1) «L’application du code de la famille: Acquis et défis», étude publiée par l’Association marocaine de lutte contre la violence des femmes avec l’appui de UNIFEM et du PNUD, 2005 

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