×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

Les leçons de la Marche verte

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5879 Le 05/11/2020 | Partager
Patriotisme, discipline et abnégation, les maîtres-mots de cette avancée triomphale
Le Maroc poursuit l’élan de développement des provinces du Sud parallèlement au processus Onusien
L’Algérie de plus en plus isolée à cause de ses positions hostiles sur ce dossier

«Il ne nous reste cher peuple qu’une seule chose. Nous devons accomplir une Marche verte du Nord du Maroc à son Sud et son Est à son Ouest. Nous devons, cher peuple, agir comme un seul homme, dans l’ordre et la discipline, et renouer avec nos frères». C’est en ces termes que le Roi Hassan II avait appelé les Marocains à prendre part à l’une des plus grandes épopées de l’histoire moderne du pays.

marche-verte-079.jpg

Le 6 novembre 1975, 350.000 volontaires, dont 35.000 femmes, ont «marché» pacifiquement pour la récupération des provinces du Sud. Un grand dispositif logistique a été mis en place, notamment pour le transport des volontaires. Pas moins de 8.900 camions et 1.200 autocars avaient pris la route en direction du Sahara (Ph. L’Economiste)

Un appel qui a suscité un véritable élan de patriotisme. Plus d’un million de volontaires s’étaient mobilisés pour participer à cet événement, qui marquera à jamais les esprits au Maroc et à l’international. Finalement, le nombre des participants a été limité à 350.000 volontaires, dont 35.000 femmes.

Cette Marche, pacifique, pour la reconquête des territoires occupés par l’Espagne, a nécessité la mobilisation d’une véritable logistique. Plus de 8.900 camions et 1.200 autocars roulaient vers les provinces du Sud en file indienne. Le Maroc réalisait ainsi l’une des opérations les plus impressionnantes, dans un contexte international tendu. Hommes et femmes, des civils, drapeaux dans une main et copies du Coran dans l’autre, marchaient pour récupérer des territoires marocains, et renouer avec leurs frères sahraouis. Cette opération inédite avait créé une onde de choc à l’international.

L’Algérie a eu une position hostile face à la décision du Maroc, qui était, pourtant, au chevet du voisin de l’Est pour regagner son indépendance. Finalement, la même hostilité continue de nourrir, jusqu’à aujourd’hui, les positions algériennes vis-à-vis du Maroc et de son intégrité territoriale. 45 ans après cette épopée, il est important de tirer les leçons de cette avancée triomphale.

Discipline, maturité, endurance et patriotisme étaient les maîtres-mots. C’est l’une des clés de la réussite de cette stratégie qui s’est avérée payante. Le Maroc a pu récupérer ses territoires historiques, en misant sur une logique pacifique. Une stratégie ingénieuse, soigneusement élaborée, et préparée en toute discrétion, était à l’origine de cette réussite.

C’est aussi une opération qui a permis de resserrer les rangs en interne, dans un contexte politique tendu, suite aux deux putschs avortés. Cet élan de patriotisme, autour d’une cause nationale, a permis de ressouder l’ensemble des acteurs, partis politiques et syndicats, autour du Souverain.

Aujourd’hui, les provinces du Sud ont été complètement transformées grâce à une politique volontariste de développement. Les tentatives des séparatistes et de leur parrain algérien n’ont pas réussi à freiner cet élan. Au moment où le Maroc continue d’appuyer le processus Onusien pour la résolution du différend autour du Sahara, il n’est pas resté les bras croisés.

Ces territoires sont actuellement parmi les plus développés au Royaume, avec une dynamique économique en plein essor, mais également une implication politique des citoyens, pour le choix de leurs représentants dans les institutions élues au niveau local, régional et national. Le taux de participation aux scrutins dans les provinces du Sud sont souvent parmi les plus élevés au niveau national.

«Forts de leur légitimité démocratique, acquise par les urnes, les représentants des populations du Sahara, tous originaires de la région, participent dans les réunions, conférences et forums internationaux pour porter la voix de cette population», a déclaré récemment Omar Hilale, ambassadeur du Royaume auprès de l’ONU.

Pour plusieurs observateurs, la commémoration de cet événement historique est souvent une opportunité pour célébrer les valeurs ayant favorisé la réussite de la Marche verte, notamment le patriotisme, le civisme et l’abnégation au service de la patrie, en vue de les inculquer aux générations futures.

                                                                             

■ Ballet diplomatique

consulat-emirat-larayoune-079.jpg

Mercredi 4 novembre dernier, à deux jours de la commémoration de l’anniversaire de la Marche verte, les Emirats arabes unis inaugurent officiellement leur consulat à Lâayoune. «Une démarche souveraine exprimant un soutien fort, explicite et sans équivoque à la marocanité du Sahara», selon plusieurs observateurs. Il s’agit également un coup dur pour les séparatistes et pour l’Algérie, de plus en plus isolée à cause de ses positions sur ce dossier. Elle traduit également la consécration de la légitimité de la position marocaine, reconnue par plusieurs pays. Au cours de cette année, 9 représentations diplomatiques ont ouvert à Laâyoune, dont notamment celles de la Côte d’ivoire, de la Zambie, du Gabon… Au total, 15 consulats sont actuellement actifs dans les deux grandes villes des provinces du Sud, à savoir Laâyoune et Dakhla.

                                                                             

■ Alger dos au mur

guergarat-079.jpg

La dernière résolution du Conseil de sécurité sur l’affaire du Sahara a été on ne peut plus claire, en désignant «les véritables parties dans ce différend régional, pointant expressément le rôle de l’Algérie, citée pas moins de 5 fois, alors que ce pays n’était pas du tout évoqué dans les résolutions antérieures à 2017», selon la diplomatie marocaine.
Aujourd’hui, Alger, affaiblie par des difficultés économiques et par des protestations populaires à caractère politique, poursuit son entêtement, en entravant les tentatives de résolution de cette affaire qui n’a que trop duré. Le Conseil de sécurité a clairement appelé l’Algérie à «assumer un rôle à la hauteur de son implication politique, diplomatique, militaire et humanitaire dans ce différend régional». Surtout qu’aucun processus politique n’est envisageable sans son implication effective et constructive.
L’Algérie a été également mise face à ses responsabilités, notamment en termes de recensement des populations des camps de Tindouf. Ces derniers vivent dans des conditions inhumaines, surtout avec le trafic soupçonné et du détournement des aides humanitaires destinées à ces populations. Le Conseil de sécurité a fait état de sa «vive préoccupation des souffrances persistantes» endurées par les populations dans les camps de Tindouf, sur le territoire algérien. Les dirigeants du Polisario ont été épinglés pour les violations graves et systématiques des droits humains dans ces camps. L’ONU a également clairement appelé les séparatistes à cesser tous les actes de provocation et de déstabilisation. Ceux-ci ont mené durant les dernières semaines des opérations de provocation à l’égard des militaires marocains dans la zone tampon, entravant la circulation au niveau de Guergarate. Des manœuvres qui traduisent le désarroi des séparatistes face aux avancées réalisées par le Maroc dans ce dossier. La dernière résolution a également conforté la position marocaine, en insistant sur la nécessité d’opter pour une solution politique réaliste, pragmatique et durable, reposant sur le compromis. Exit les thèses fantaisistes des séparatistes et de l’Algérie, notamment l’option inapplicable du référendum.

                                                                             

■ Développement tous azimuts

sahara-developpement-079.jpg

Annoncé en 2015, le nouveau modèle de développement des provinces du Sud a commencé à prendre corps. Partout les villes du Sahara, de grands projets sont en cours de réalisation. Certains sont déjà achevés. Ce qui permettra de consacrer la vocation de ces territoires en tant que hub économique et porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne. Plus de 80 milliards de DH ont été mobilisés pour la réalisation de ce plan de développement. Rabat a décidé de ne pas attendre l’aboutissement du processus Onusien de résolution de ce conflit artificiel, optant pour une mobilisation permettant d’assurer le développement socio-économique de ces territoires. Universités, cités des métiers, hôpitaux, terrains de sport… autant de projets réalisés en faveur des populations locales. Cela, parallèlement aux chantiers de développement économique, misant sur des secteurs comme les énergies renouvelables, l’agriculture, le tourisme, l’artisanat… Des méga-projets sont également en cours de lancement. C’est le cas notamment du port Atlantique Dakhla, dont les travaux de construction ont démarré en 2020, avec un budget de 12 milliards de DH. Celui-ci devra consacrer la vocation de la région en tant que hub des échanges commerciaux avec les pays subsahariens. De même pour la nouvelle voie express reliant Tiznit et Dakhla, passant par Laâyoune, actuellement en cours de finalisation. D’une longueur de plus de 1.000 km, elle permettra d’assurer l’ancrage des provinces du Sud dans une dimension continentale.

M.A.M.

 

 

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc