×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Politique

Lois électorales: Laftit change de méthode

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5848 Le 22/09/2020 | Partager
Il encourage des rencontres entre les patrons des partis pour aboutir à un consensus avant leur examen au Parlement
Seuil électoral, jour du vote… plusieurs points divisent encore ces formations
Rififi autour des listes nationales
abdelouafi-laftit-048.jpg

Après avoir rencontré les états-majors des partis politiques et reçu leurs mémorandums, Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, innove en matière de méthodologie. Une démarche qui présente un avantage de taille. En effet, les pourparlers entre les différentes formations permettront par la suite d’accélérer le processus d’adoption des lois électorales au niveau parlementaire (Ph. Bziouat)

La classe politique est rivée sur la préparation des prochaines élections. Un dossier qu’elle considère central en dépit du contexte marqué par la propagation alarmante de la Covid-19. Le ministre de l’Intérieur, après avoir rencontré les états-majors des partis politiques et reçu leurs mémorandums, a préféré innover en matière de méthodologie.

En effet, au cours de sa dernière réunion avec les formations de la majorité et de l’opposition, Abdelouafi Laftit a fait la synthèse de leurs propositions, en mettant en avant les points de divergence et les positions communes sur les changements qu’ils souhaitent apporter au niveau des lois électorales. A la suite de cela, les chefs des 8 partis représentés au Parlement ont dîné chez Saâdeddine El Othmani, le chef du gouvernement, et le secrétaire général du PJD.

Une autre réunion est prévue cette semaine pour approfondir les discussions et rapprocher les points de vue. Cette démarche, initiée par le ministère de l’Intérieur, présente un avantage de taille. En effet, ces pourparlers permettront par la suite d’accélérer le processus d’adoption des lois électorales au niveau parlementaire.

En tout cas, plusieurs points suscitent pour l’heure des désaccords. Mais l’Intérieur n’exclut pas l’idée que les formations politiques puissent parvenir à des versions consensuelles sur les points de divergence. Il est à préciser que dans cette affaire, les mémorandums du RNI et du MP ne sont pas rendus publics.

■ Le jour du scrutin

scrutin-048.jpg

Entre mercredi et vendredi, la majorité des partis est favorable pour le changement. En effet, certains responsables politiques accusent le PJD de profiter de la prière du vendredi pour influencer indirectement les fidèles à voter pour lui.

■ Le seuil électoral: Sur cette question, les avis divergent. Les partis d’opposition réclament d’unifier le seuil à 3% au lieu de maintenir le statu quo. La formule actuelle prévoit un seuil de 3% pour les législatives et 6% pour les élections locales et régionales. Pour l’heure, ce qui circule dans les milieux politiques est la volonté de baisser le seuil à 3%.

■ Liste nationale des femmes: Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer la hausse du nombre des femmes au Parlement. En outre, le ministre de l’Intérieur a reçu des organisations féminines qui lui ont demandé d’augmenter le nombre des sièges réservés à la représentation féminine. Elles ont également demandé d’introduire le principe de la liste des femmes dans les élections régionales et locales.

■ Trois élections groupées

elections-groupees-048.jpg

Là aussi, la plupart des formations sont favorables à l’organisation, en un seul jour, des trois principales élections que sont les communales, les régionales et les législatives. Pour convaincre, les défenseurs de cette formule mettent sur la table l’argument du taux de participation. Pour eux, les élections communales et régionales, en raison de leur proximité avec les citoyens, mobilisent plus les électeurs. Ce n’est pas le cas des législatives où le taux d’abstention risque de s’aggraver par rapport aux rendez-vous électoraux du passé. Ils avancent également l’argument de la rationalisation des ressources humaines et financières nécessaires à l’organisation des élections et qui dépassent 1 milliard de DH. En temps de pandémie, toutes les économies sont utiles. C’est pour ces raisons qu’il faudra regrouper ces trois élections en un seul jour, affirment les partisans de cette formule. Les partis de l’opposition (Istiqlal, PAM et PPS) et l’USFP y sont favorables. Le PJD y est pour l’heure opposé. Il veut que les élections communales et les législatives soient organisées en deux périodes distinctes.

                                                                       

Polémique sur la liste des jeunes

Sur cette question, le PJD veut conserver la situation actuelle avec 60 sièges pour les femmes et 30 pour les jeunes. L’opposition veut augmenter le nombre et y rajouter les cadres des partis qu’elle surnomme «les compétences». Ces cadres n’ont pas les moyens de participer aux élections. Le secrétaire général du PAM, après le mémorandum de l’opposition, veut supprimer  la liste des jeunes pour la remplacer par celle des «compétences des partis». Pour lui, les partis ont utilisé ce mécanisme pour s’accorder des sièges, particulièrement aux membres de leurs familles. De même, les notables refusent l’idée d’introduire la liste des compétences. Pour eux, ceux qui veulent se présenter aux élections doivent descendre sur le terrain et décrocher les sièges parlementaires. Pour Abdellatif Ouahbi et Nabil Benabdallah, l’amélioration du niveau du débat au Parlement passe également par l’introduction des cadres et des compétences des partis.

                                                                       

Le quotient électoral en question

Le mode de calcul pour répartir les sièges sur les listes dans les circonscriptions locales pourrait également changer. En effet, la répartition se fait au moyen du quotient électoral dans un premier temps et suivant la formule du plus fort reste.
Cette règle permet d’attribuer les sièges restant aux listes ayant obtenu les scores les plus proches du quotient. C’est la base du code électoral en vigueur. Jusqu’ici, ce quotient est basé sur le nombre de voix valides exprimées. On parle de l’éventualité d’un changement pour qu’il soit calculé sur la base du nombre des inscrits sur les listes électorales. Ce qui risque de réduire le poids des partis les plus forts. En tout cas, les formations d’opposition veulent que la base retenue soit les voix exprimées, qu’elles soient valides ou nulles. Par contre, le PJD crie au loup et cherche à maintenir le système actuel qui le favorise.

Mohamed CHAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc