×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Reprise du e-learning: L’année scolaire s’annonce compliquée!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5827 Le 24/08/2020 | Partager
Equipement des élèves, formation des profs, surcharge des parents… que d’obstacles
Pas encore de décision pour l’enseignement supérieur
Le bac régional doit-il être annulé?

L’Education nationale avait-elle vraiment le choix? Au regard de la flambée des contaminations au Covid-19, des cas graves et des décès, il était presque évident que le ministère déciderait en faveur d’une rentrée en e-learning.

amzazi-et-el-othmani-027.jpg

Initialement prévu pour les 4 et 5 septembre prochains, l’examen régional unifié de la 1re année bac vient d’être reporté. Le ministère n’a pas encore précisé de nouvelle date. Les élèves sont nombreux à réclamer son annulation (Ph. Bziouat)

L’annonce est tombée samedi dernier dans la soirée. Le département de Saaïd Amzazi a opté pour un démarrage de l’année scolaire à distance pour tous les niveaux scolaires et toutes les filières, que ce soit dans le public, le privé ou les missions étrangères, sans pour autant préciser la durée de ce mode d’enseignement. «Tout dépendra de l’évolution de la situation épidémique», nous a confié le ministère.

Aucune décision n’a encore été prise pour l’enseignement supérieur. Un communiqué devrait être partagé incessamment pour préciser le scénario retenu.  

La date de la rentrée a été maintenue, soit le 7 septembre. La tutelle a, toutefois, autorisé une reprise en présentiel pour les parents «qui le souhaiteraient». Un protocole sanitaire «strict» a été élaboré afin de garantir cette option, avec des mesures telles que la distanciation corporelle, en limitant le nombre d’élèves par classe, la stérilisation continue des lieux, l’hygiène des mains et l’obligation de mettre une bavette pour les élèves à partir de la cinquième année du primaire.

L’annonce n’a pas été au goût de tout le monde. Certains parents, à bout de souffle après presque un semestre d’enseignement à distance l’an dernier, en tremblent déjà. Pour eux, revenir à ce modèle d’apprentissage serait un cauchemar. D’autres, ne pouvant se procurer ni ordinateur ni connexion internet, ne savent pas comment s’en sortir. «L’année dernière mon fils de 9 ans prenait ses cours sur WhatsApp via mon téléphone. A force de l’utiliser, l’appareil a rendu l’âme. Je ne peux lui offrir un PC, je dois donc lui acheter un nouveau smartphone. La recharge internet aussi est trop chère», témoigne une mère de famille.

Faute de moyens, une bonne partie des élèves utilise un smartphone pour étudier. En 2017, l’enquête internationale PIRLS, évaluant les compétences des élèves de 4e année du primaire en lecture et compréhension, avait révélé qu’uniquement 3% des écoliers marocains possédaient un ordinateur avec une connexion internet à domicile. Il y a quelques semaines, le ministère avait évoqué la possibilité de réserver un budget pour équiper les élèves en tablettes. Rien n’est encore confirmé. 

«Nous avons eu la chance, l’an dernier, de profiter de cours normaux, en présentiel, jusqu’au 16 mars. Cette année, ce sera plus difficile, car nous démarrons à distance. Beaucoup d’élèves ne pourront pas bénéficier d’un encadrement adéquat faute d’équipement, parce que leurs parents sont illettrés ou en raison du manque de formation de leurs enseignants.

Naturellement, ce sont les couches les plus défavorisées, hélas majoritaires, qui vont trinquer. Les autres pourront toujours s’offrir des cours particuliers», s’inquiète une directrice d’école primaire publique. Avec un mode d’apprentissage non maîtrisé par les enseignants, les élèves risquent, en effet, de cumuler les lacunes. La récente enquête du HCP sur l’impact économique, social et psychologique du coronavirus le prouve (voir L’Economiste N°5816 du 4 août 2020).

Près de la moitié des élèves et étudiants sondés ont relevé la difficulté à assimiler les cours et le retard d’apprentissage en e-learning. Pour leur part, les élèves du préscolaire en ont été quasiment exclus, 85% n’en ont pas profité durant le confinement, selon le HCP.

Reste, également, la question du bac régional. Les élèves sont nombreux à demander son annulation pure et simple. Selon des cadres éducatifs, les épreuves auraient dû être organisées juste après l’examen national, quand la situation était encore maîtrisée. Les élèves auraient ainsi commencé leur année du bac en toute quiétude. Dans son communiqué, le ministère a annoncé le report du bac régional, sans avancer de nouvelle date.

La tutelle a, en outre, privilégié la flexibilité. Le modèle d’enseignement choisi pourrait être revu à n’importe quel moment, selon les évolutions futures, que ce soit au niveau local, provincial ou régional, en concertation avec les autorités locales et sanitaires.

                                                                                 

Les écoles privées en sortiront-elles indemnes?

frais-de-scolarite-027.jpg

Les frais de scolarité arrivent en tête des engagements non tenus par les ménages durant le confinement. 34,5% ne s’en sont pas acquittés, selon l’enquête menée par le HCP du 15 au 24 juin dernier auprès de 2.169 foyers

Avec le choix d’un enseignement à distance, les écoles primaires-secondaires privées se retrouvent, encore une fois, dans une situation délicate. Elles sont nombreuses à avoir essuyé de gros impayés durant le troisième trimestre 2019-2020, suite à leur bras de fer avec les parents, insatisfaits de la qualité du e-learning servi durant le confinement. Le coup a été dur pour les plus petites d’entre elles. L’option du présentiel pour les familles qui le souhaiteraient pourrait leur permettre de limiter les dégâts. Mais difficile de faire le plein en raison des règles sanitaires imposées. Une révision de modèle s’impose.

Ahlam NAZIH

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc