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Economie

Saison noire pour les salles obscures

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5820 Le 10/08/2020 | Partager
Pertes considérables, manque de visibilité, suspension des productions américaines…
Plusieurs exploitants seraient sur le point de déposer le bilan

L’exploitation cinématographique au Maroc battait déjà de l’aile avant la crise sanitaire. La Covid-19 pourrait la plonger dans l’agonie, surtout que les exploitants n’ont pas de visibilité sur la date de réouverture. «Nous sommes fermés depuis 5-6 mois. Les magasins et restaurants ont ouvert, nous sommes les seuls à être encore en inactivité», déplore Al Hosain Boudih, président de la Chambre marocaine des salles de cinéma (CMSC).

Selon le management de Megarama, l’une des locomotives du secteur (environ 70% de parts de marché avec 48 écrans installés à Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger et Fès), les pertes financières sont considérables et ne pourront être comptabilisées qu’à la date de réouverture. «Il faut d’abord un soutien financier de l’Etat au minimum jusqu’à la fin de l’année!

L’aide actuellement promise et non encore versée est importante. Elle a le mérite d’exister, mais ne couvrira pas les charges et les pertes astronomiques que nous subissons pendant cette période de fermeture!» Plusieurs exploitants seraient sur le point de déposer le bilan, notamment à Casablanca et Tanger.

En plus du manque de visibilité, des exploitants s’inquiètent de la suspension de la production et la sortie de grands films aux Etats-Unis, un marché émetteur important. Vu l’ampleur de la crise sanitaire, la production et la sortie de grands films ont été suspendues jusqu’à 2021 aux Etats-Unis. Du côté de Megarama l’on relativise l’impact de la suspension des productions américaines. «Nous avons une programmation variée et internationale, pas uniquement que les blockbusters américains. Il ne faut pas oublier que les films qui réalisent le plus d’entrées sont marocains».

Contacté par L’Economiste, le directeur général du Centre cinématographique marocain (CCM) a tenu à démontrer que le cinéma local contribue à la dynamique de l’exploitation et génère des ressources: «Sur les 30 premiers films du box-office, 5 sont marocains, y compris le premier: Messaoud, Saida et Saadane et qui a devancé Joker, Le Roi Lion, Aladdin et Avengers. Avec 6 films sur les 30 premiers du box-office, le cinéma local a attiré 28% des spectateurs en 2019 et généré 36,85% des recettes. Sur l’ensemble des 288 films exploités l’an dernier, 109 sont américains contre 79 marocains. La fréquentation globale pour les films d’origine US est de 60,05% contre 25,98% pour les films marocains. En recettes, les films américains représentent 63,62% de parts de marché et 21,81% pour les nationaux».

Selon les chiffres du CCM, le Maroc compte 30 salles de cinéma encore en activité, soit plus de 77 écrans. L’exploitation a rapporté 91,6 millions de DH en 2019, pour 1,8 million d’entrées. 5 ans plus tôt, les recettes guichet étaient encore plus faibles s’élevant à 66,7 millions de DH pour 1,6 million d’entrées.

Pour éviter des faillites, le président de la CMSC dit avoir demandé à l’Etat une subvention de 2 DH par siège par jour. Il faudra aussi une campagne de communication de grande envergure pour redonner confiance au public. Selon Sarim Fassi Fihri, DG du CCM, le programme de sauvetage des salles de cinéma prévoit un peu plus de 335 DH par siège en moyenne, si l’on se réfère au nombre de sièges disponibles.

                                                                       

Détails du programme de sauvetage

Le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports a annoncé, début juillet, un programme de sauvetage des salles de cinéma. Celui-ci prévoit deux aides distinctes. La première couvre les charges des salles de cinéma sur une période de quatre mois, notamment la location de la salle dans le cas où l’exploitant n’est pas propriétaire des murs, les factures d’eau, d’électricité, de téléphone, les frais de gardiennage, le personnel lié à l’entretien et qui n’aurait pas été pris en charge par la CNSS et un tiers des frais d’assurances annuelles, de l’impôt des patentes et des impôts locaux.

«Les dossiers justificatifs de ces charges sont en cours de réception au CCM», précise Sarim Fassi Fihri, DG du Centre cinématographique marocain (CCM). Vient ensuite une deuxième aide, la prime d’accompagnement pour la reprise de l’activité. Celle-ci représente 100% d’un douzième du chiffre d’affaires annuel. La base de calcul se faisant sur les chiffres d’affaires des salles de cinéma publiée annuellement par le CCM et sur la meilleure année d’exploitation de la salle entre 2017 et 2019.

Cette seconde prime est conditionnée à des engagements de l’exploitant, notamment rouvrir à la date décidée par les autorités, garder la salle ouverte pendant dix-huit mois au moins après l’octroi de l’aide et avec le même niveau de programmation qu’en février 2020 et enfin de maintenir les emplois existant avant la pandémie, sans diminution de salaires.

Le secteur en chiffres

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  • 30 salles en activité, plus de 77 écrans
  • 91,6 millions de DH de recettes guicheten 2019, pour 1,8 million d’entrées
  • Le programme de sauvetage des salles de cinéma prévoit une subvention moyenne d’environ 335 DH par siège.

Modeste KOUAME

 

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