×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Dossier Spécial

Tariq Sijilmassi: «Le plus dur reste à venir»

Par Franck FAGNON | Edition N°:5814 Le 29/07/2020 | Partager
La durée de la crise sera déterminante
Le secteur bénéficie d’un fort soutien de la part de BAM
tariq_sijilmassi.jpg

Tariq Sijilmassi, président du directoire du Groupe Crédit Agricole du Maroc: «Le facteur déterminant sera, sans nul doute, la durée de la crise. Pour l’instant, nous nous projetons sur 6 mois à 1 an. Au-delà, nous verrons…» 

- L’Economiste: Les banques ont été en première ligne pour éviter la faillite des milliers d'entreprises. Pensez-vous que le plus dur est passé?
- Tariq Sijilmassi:
J’espère que c’est le cas sur le plan sanitaire mais, malheureusement,  sur le plan bancaire, le plus dur reste à venir. Les banques se sont fortement mobilisées pour appuyer les entreprises et les accompagner durant cette période délicate. Au Crédit Agricole du Maroc, nous avons été doublement présents et sollicités du fait de notre mission de service public puisque nous avons également mené des actions spécifiques durant cette période. Nous avons effectué l’opération Attadamoune et distribué les aides de l’Etat dans le milieu rural pendant la période du confinement avec une implication exemplaire de nos forces vives et de notre réseau rural mobile. Nous avons réalisé des opérations de report d’échéances pour alléger la situation de nos clients concernés. Nous nous sommes mobilisés pour faire face aux effets des aléas climatiques qui ont marqué cette même période et impacté le secteur agricole, en l’occurrence la sécheresse que connaît l’actuelle campagne et la tempête de grêle qui a frappé la région de Fès-Meknès. Aujourd’hui, les entreprises devront faire face à une nouvelle situation jamais vécue auparavant et la reprise d’activité se fera dans des conditions inédites. Il va sans dire que nous serons toujours à leurs côtés pour les soutenir et les aider à aller de l’avant.

- Le secteur bancaire peut-il sortir indemne de ce choc?
- Le secteur bancaire marocain est solide. Il bénéficie d’un fort soutien de la part de Bank Al-Maghrib sur les règles prudentielles et la liquidité. L’Etat apporte aussi un soutien de taille, preuve en est les dispositifs Damane Oxygène et Damane Relance qui ont été mis en place. Ceci étant, le facteur déterminant sera, sans nul doute, la durée de la crise. Pour l’instant, nous nous projetons sur 6 mois à 1 an. Au-delà, nous verrons… Mais, nous restons optimistes d’autant plus que Crédit Agricole du Maroc ne s’est jamais basé sur la recherche d’un bénéfice optimal mais plutôt celle du bénéfice social en priorité. 

- Toutes les banques ont déployé des plans de transformation qui devaient durer des années. En quoi cette crise du Covid-19 aura-t-elle été un accélérateur sur ce plan?
- La crise du Covid-19 a imposé de nouvelles façons de faire. Le confinement, les mesures de distanciation… ont poussé les banques à repenser et revoir la relation client et leur organisation interne. Elles ont donc dû faire preuve d’agilité et accélérer le déploiement de leurs plans pour mieux faire face à la crise et s’adapter aux nouvelles normes qu’elle a engendrées. La digitalisation, par exemple, entamée depuis peu, est devenue une nécessité vitale pour la continuité de cette relation client. Pour nous, elle représente un vecteur d’accélération de la transformation de la banque et concerne autant la relation clients que nos processus internes. Ceci est également vrai pour l’ergonomie des espaces de travail, la dématérialisation de tous nos supports d’étude et de décision…

Les leçons de la crise

«Notre business modèle a toujours été basé sur deux constantes: être une banque citoyenne qui soutient les populations en difficulté dans le monde rural et être prêt pour faire face aux chocs sachant que, pour nous, les chocs sont récurrents et surviennent fréquemment avec les aléas climatiques auxquels nous devons faire face: sécheresse, grêle, inondations… Certes la pandémie du Covid-19 est un choc d’un genre nouveau mais elle n’en reste pas moins un choc et nous avons, dans notre ADN, la capacité d’y résister. 
La crise impose d’intégrer de nouvelles donnes et d’en faire un bloc métier à part entière. Je pense, entre autres, à la sécurité sanitaire, au télétravail, à la digitalisation…
Nous avons créé et mis en place un nouveau type d’agences: la Smart Agence qui est une réelle proposition de valeur alliant la plus-value digitale et le savoir-faire humain indispensable pour apporter assistance, et conseil personnalisé aux clients ainsi que le Relais Digital qui est un nouveau concept de point de vente de nouvelle génération dédié au milieu rural. Nous disposons d’une large palette de produits digitaux et d’applications innovantes: Imtiazate-e, Beztam-e, Beztam-e Pro, CAM mobile, CAM online… qui ont permis d’offrir à la clientèle des services à forte valeur ajoutée. Tous ces éléments viennent renforcer les composantes de notre business modèle et nous permettent d’appréhender le changement avec sérénité».

Propos recueillis par  Franck FAGNON

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc