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Rentrée universitaire : C’est le virus qui décide!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5814 Le 29/07/2020 | Partager
Les scénarios toujours à l’étude, la décision finale d’ici la 2e moitié d’août
Les présidents se disent prêts pour toute éventualité
Examens: les étudiants tributaires de l’ouverture des cités universitaires
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La flambée des cas de Covid-19 poussera-t-elle les universités publiques à fixer rapidement un scénario pour la rentrée de septembre? Si à l’Education nationale les décisions sont prises du haut vers le bas, à l’Enseignement supérieur c’est plutôt le schéma inverse qui se produit. Les décisions sont généralement collégiales. Elles remontent du bas vers le haut, suite à un processus de concertation avec les universités qui, elles-mêmes, se prononcent sur toutes les questions après consultation de leurs établissements. Jusqu’à présent, elles ne sont pas encore parvenues à se décider sur la question.
Durant la dernière conférence des présidents d’université (CPU), le 20 juillet dernier à Settat, elles ont été invitées par leur tutelle à préparer des scénarios. La réflexion est actuellement en cours. La restitution est prévue pour la prochaine CPU, dont la date n’a pas encore été fixée. «Le calendrier universitaire est déjà approuvé, mais tout dépendra de l’évolution de la situation épidémiologique et des mesures qui seront prises au niveau national. Nous sommes en train d’étudier toutes les probabilités», confie Mohamed Rhachi, président de l’Université Mohammed V de Rabat. «Les discussions sont presque quotidiennes. Des commissions dédiées ont été créées dans toutes les universités. Des réunions de coordination et de recoupement d’idées seront organisées avec le ministère, et nous aurons sans doute une décision finale durant la deuxième moitié d’août», poursuit-il. Les universités se disent, en tout cas, prêtes à toutes les éventualités. «Ce qui a été dur à gérer, c’est le passage sans délai du présentiel au distanciel. Là nous y sommes mieux préparés. Même les étudiants et les enseignants sont psychologiquement prêts pour le e-learning. Concernant le présentiel, c’est notre état normal, avec cependant le respect de nouvelles règles de prévention sanitaire que nous pouvons gérer», assure le président de l’Université Chouaib Doukkali d’El Jadida, Yahia Boughaleb. 

  • Assurer un accès internet  à tous les étudiants

Cela fait quelques semaines que les universités travaillent sur les contenus e-learning couvrant le premier semestre. Elles seront, aussi, bientôt équipées en nouveaux studios d’enregistrement dernier cri, financés par la Fondation OCP. Cela dit, ce ne sont pas leurs seuls soucis. Si jamais les formats e-learning ou blended learning sont retenus, il faudra en assurer l’accès à tous les étudiants. «Notre objectif est de réussir l’enseignement à distance, et non simplement de le déployer, et de risquer de laisser en marge 20 ou 30% de nos étudiants. Des réglages doivent être opérés au préalable, notamment avec les opérateurs télécoms. Nos étudiants doivent avoir accès à internet avec une bonne connexion», souligne Boughaleb. 
Avant la reprise des cours, il faudra passer les examens en septembre. Là encore, l’opération est loin d’être évidente. «Tout ce que nous souhaitons, c’est de pouvoir récupérer nos étudiants pour les examens de septembre, après nous serons prêts pour toutes les options», confie Yahia Boughaleb. A l’Université d’El Jadida, par exemple, 60% des étudiants sont issus de régions rurales. En se déplaçant pour l’examen, ils auront besoin de se loger. Or, l’ouverture des cités universitaires n’est pas encore acquise. Et même si elles ouvrent leurs portes, elles ne pourront accueillir la totalité de leurs locataires. Dans la cité d’El Jadida, jusqu’à quatre étudiants sont logés dans la même chambre. Garder les mêmes effectifs serait risqué. Cette contrainte est valable pour toutes les universités publiques. Comment la contourner? La réflexion est en cours pour imaginer des solutions. 


Peut-on faire reprendre aux jeunes le chemin de l’école?

Après plusieurs semaines de quasi stabilité des cas quotidiens de Covid-19, la situation empire soudainement. Samedi dernier, un record de 811 cas confirmés a été enregistré. Dans ces conditions, serait-il sage de faire reprendre aux élèves le chemin de l’école en septembre, aux étudiants celui de l’université et aux stagiaires celui des centres de formation? Même à un mois seulement de la reprise des cours, les experts ont du mal à trancher. «C’est le virus qui décide! Tout dépendra de l’évolution de la pandémie. Pour le moment, nous n’avons absolument pas de visibilité. Nous nous attendions à ce que le virus s’affaiblisse par l’augmentation de la température ou le changement de l’hygrométrie (ndlr: teneur en humidité de l’air)… Finalement ce n’est pas le cas. Il faudra rester vigilant. Néanmoins, difficile de se projeter dans un mois pour se prononcer sur la rentrée», relève Jamal Hafid, président de la Société marocaine d’immunologie, également professeur de virologie et d’immunologie à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech. Jamais les experts n’ont autant manqué de visibilité et de certitudes. «Des commissions travaillent sur le sujet et il appartiendra à la tutelle de prendre la décision adéquate. Cela dit, je ne pense pas que ce soit approprié de reprendre l’école en présentiel, car la probabilité de contamination serait très élevée. Nous ne pourrions envisager sereinement cette option que lorsque nous aurons un vaccin», pense pour sa part Moulay Mustapha Ennaji, directeur du laboratoire de virologie de l’Université Hassan II de Casablanca. Même avec un vaccin, il faudra attendre avant de prétendre à une maîtrise complète de la situation. «Pour que la population soit vaccinée dans sa totalité, il faudra un certain temps. Et entre l’injection et la mise en place d’une réponse immunitaire efficace, autrement dit protectrice, 3 à 4 semaines sont nécessaires», précise Hafid. La situation est pour ainsi dire délicate. Dans sa décision, le gouvernement prendra sans doute en compte plusieurs paramètres: sanitaires, économiques, sociaux… 

Ahlam NAZIH 

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