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Société

Tourisme: La gifle de trop!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5813 Le 28/07/2020 | Partager
La saison touristique est bel et bien morte
Les hôteliers, victimes collatérales de l’interdiction de déplacement
Départs précipités, vague d’annulations… comme en temps de guerre
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Dès l'annonce du communiqué de l'Intérieur et de la Santé, ce fut la panique dans les hôtels et auprès des estivants. Les clients se sont précipités pour quitter les villes touristiques comme ci-dessus à  la sortie de Tétouan (Ph. Adam)​

Nouveau coup de massue pour le tourisme avec l’interdiction de quitter ou de se rendre dans les 8 villes en raison de la forte augmentation des cas Covid. «Cette décision sera fatale pour le secteur qui ne s’en relèvera plus», commente Lahcen Zelmat, président de la fédération nationale de l’hôtellerie. D’ailleurs, plusieurs patrons d’hôtels, fatigués de ces décisions irresponsables ont décidé de fermer leurs établissements  et n’ouvrir leurs portes qu’après l’ouverture des frontières. A Marrakech, la profession est encore sous le choc. La ville touristique est impactée directement  par les conséquences de la crise sanitaire et ce, depuis la mi-mars. Ce revirement de situation émanant de la Santé et de l’Intérieur est une gifle pour le secteur hôtelier, principale activité économique de la ville. «Ces deux ministères n’ont même pas tenu compte des clients en séjour aux différents hôtels, contraints de quitter les établissements en un temps record et qui ont réclamé le remboursement du séjour», se désole un hôtelier. «Dès l’annonce,  les clients ont sorti leurs enfants de la piscine, ramassé leurs bagages dans la précipitation et fait le check-out, comme si nous étions en guerre», témoigne un cadre d’un hôtel situé sur la route de Fès.

De son côté, l’hôtel Eden Andalou qui recevait  plus de 100 personnes en séjour  a été vidé en une nuit. Les vacanciers,  pris de  panique  ont annulé leur séjour et pris la route à 22 h, le soir même de l’annonce de l’interdiction de déplacement. L’établissement s’est retrouvé avec zéro client et a dû donner des avoirs aux touristes qui avaient payé un déposit de 30%. «Ils ont 18 mois pour consommer cet avoir», indique Abdelali Chaoui, PDG de l’hôtel Eden Andalou qui a décidé de fermer son établissement jusqu’au 6 août. Au Club Kenzi Agdal, 40 vacanciers ont avancé leurs départs.  «Nous allons fermer le club jusqu’à nouvel ordre», indique Abdelatif Kabbaj, président du groupe Kenzi. Le lendemain, les services de réservations de tous les hôtels de Marrakech ont été pris d’assaut par des demandes d’annulations des séjours prévus le week-end prochain et au mois d’août. Même scénario catastrophique à Agadir, à Essaouira, au Mazagan d’El Jadida. 
Du jour au lendemain, les hôtels ont perdu le peu de touristes qu’ils avaient réussi à attirer en cette période estivale et les Marocains qui avaient réservé pour la période de l’Aid. Si la profession comprend que les pouvoirs publics puissent prendre des décisions pour protéger la population, et éviter l’augmentation des cas, l’hôtellerie aurait dû être différenciée en exemptant les porteurs de réservations d’hôtel de cette interdiction, estime un opérateur. «Cela aurait d’ailleurs été un signal fort pour l’industrie hôtelière  qui vit une crise sans précédent et qui espérait un début de reprise avec le tourisme national». Et cette différenciation est d’autant plus méritée puisque les hôteliers ont tous mis en place  des protocoles sanitaires et leur personnel a été intégralement testé.

 

Badra BERRISSOULE

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