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Société

Covid-19: La ville de Fès mise en «isolement»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5813 Le 28/07/2020 | Partager
Près de 900 cas recensés en douze jours
Restriction pour les commerces: fermeture à 20h

Avec 110 cas positifs en 24 heures, Fès a atteint, dimanche, un nouveau record de contaminations. Une situation pour le moins «préoccupante» pour les autorités locales qui ne cessent d’appeler au respect des mesures barrières (port obligatoire du masque, distanciation sociale, et lavage régulier des mains). Pour rappel, la capitale spirituelle a recensé près de 900 cas en douze jours, dans des foyers professionnels et familiaux, hôpitaux et cliniques.
«Nous avons constaté que la sensibilisation aux risques de la pandémie n’était plus suffisante. Toute entreprise ne respectant pas les mesures sanitaires en vigueur risque la fermeture», disait le wali de la région, Essaid Zniber, lors d’une rencontre avec les opérateurs économiques. 
Malgré la flambée des cas, la majorité des personnes ne respectent plus les mesures sanitaires et certains ne croient même plus à l’existence même du virus. Résultat: les cas positifs ont explosé et les autorités sont obligées de montrer plus de rigueur et de fermeté. En plus de la décision de la fermeture des villes pour limiter la transmission du virus, s’ajoute celle qui vient d’être prise par le wali de Fès : Depuis hier, les commerces de la ville de Fès (cafés, restaurants…) sont sommés de baisser leurs rideaux à 20h00 sous peine de voir leurs autorisation d’exercer retirée.  
Pour le wali Zniber, la volonté des autorités de favoriser la reprise de l’activité économique ne peut justifier le laisser-aller et le non-respect des mesures de précautions nécessaires -ou autres manquements à la maîtrise de cette crise sanitaire. D’ailleurs, un vent de panique souffle au niveau des centres de traitement Covid-19 à Fès. Avec 509 cas actifs, le CHU Hassan II et l’hôpital Ibn Al Khatib frôlent le débordement. Les cas complexes nécessitant une prise en charge en service de réanimation ne cessent d’augmenter. En plus de trois cas de décès enregistrés la semaine dernière, 19 cas jugés très graves ont été placés en réanimation au CHU de la ville de Fès, dont 3 cas intubés. Face à un risque de résurgence de nouveaux cas graves, les autorités sanitaires viennent tout juste de mettre en place un 2e service de réanimation au CHU Hassan II de Fès. Tant attendu, celui-ci est équipé de respirateurs, qui soulageraient les souffrances des patients. «Nous avons également proposé l'installation d'une structure tampon pour le Covid-19 ainsi qu'un circuit dédié au CHU, et les responsables ont répondu favorablement à toutes nos demandes», confie un médecin. Et d'ajouter: «maintenant, c'est à la population de respecter les mesures sanitaires, préserver sa santé, et éviter au maximum les risques de contamination... Afin de nous permettre de redresser la barre des infections et travailler dans une ambiance moins tendue». En attendant, le port du masque de protection, devenu obligatoire partout, doit être scrupuleusement respecté par l'ensemble de la communauté.  

Hospitalisation des cas ou traitement à domicile?

La ville de Fès paye les frais d’un relâchement qui a entraîné la propagation de l’épidémie et l’apparition de clusters familiaux. De l’avis du docteur Allal Amraoui, «le taux de reproduction du virus est en hausse. La bataille contre le Corona sera surtout de notre responsabilité, et chacun doit assumer la sienne. Nous devons apprendre à vivre ensemble avec des mesures de distanciation, on devra nous y habituer». La question de garder à domicile les cas asymptomatiques restera encore discutable. Les autorités sanitaires devront agir en fonction de l'intérêt de garder cette mesure à action dissuasive, ou plutôt libérer au maximum les lits hospitaliers et soulager les ressources humaines qui doivent respirer avant l'automne prochain. «Nous devrons agir dans l’anticipation, et surtout rebâtir notre système de santé. Pour le moment, aucun pays n'a reconfiné entièrement l'ensemble de sa population de façon totale. En cas de besoin, il se fera de façon localisée et ciblée», conclut Dr Amraoui. 

Youness SAAD ALAMI

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