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Economie

E-learning: Les universités mettent à niveau leurs profs

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5805 Le 16/07/2020 | Partager
Des formations en préparation pour la rentrée
L’Enseignement supérieur s’attaque à ce chantier avec la Fondation OCP
Fini les résistances?

C’est de façon brutale que le e-learning s’est installé dans les écoles et universités en mars dernier. Même si des efforts monstres ont été déployés pour assurer la continuité pédagogique, les enseignants n’avaient ni l’art ni la manière d’enseigner à distance. D’énormes difficultés de transmission des apprentissages ont été enregistrées, face à des étudiants qui eux mêmes n’étaient absolument pas familiarisés avec ce mode d’enseignement.

Pour la rentrée, vu les incertitudes qui entourent l’évolution de la pandémie, le département de l’Enseignement supérieur a demandé aux universités de continuer à produire des ressources numériques pour couvrir les cours de la session d’automne. Cependant, ceci ne servirait pas à grand-chose si les enseignants ne sont pas mis à niveau. Le département de Driss Ouaouicha compte prendre à bras le corps ce dossier.

«La formation des enseignants est incluse dans la convention récemment signée avec la Fondation OCP et l’Université Mohammed VI Polytechnique», relève le SG de l’Enseignement supérieur, Mohamed Khalfaoui. Outre la création de 14 centres d’enregistrement dernier cri, à la fois pour les 12 universités publiques, l’UM6P et le ministère, le lancement d’appels à projets R&D et la création d’un centre national de digitalisation et de ressources numériques, la collaboration prévoit des formations. Elles cibleront à la fois les enseignants et les cadres et techniciens impliqués dans le processus.

De leur côté, les universités tentent de rattraper leur retard dans le domaine. «Nous avons offert un accompagnement rapide, mais ce n’est pas suffisant. Nous prévoyons des sessions de formation après la rentrée», confie Yahia Boughaleb, président de l’université d’El Jadida.

L’université prévoit de monter un centre d’innovation pédagogique qui se chargera de cette tâche. A l’université Cadi Ayyad de Marrakech, le chantier de l’enseignement à distance est ouvert depuis 2009 déjà, avec la création d’une plateforme e-learning. En 2013-2014, l’université a été la première à se lancer dans les MOOC (Massive Open Online Courses). Des évaluations par QCM corrigés par des scanners optiques ont également été lancées.

«Toutefois, le nombre de collègues qui adhéraient à ce type d’enseignement restait limité», précise Hassan Hbid, président. En mars dernier, l’université a mis en place une nouvelle plateforme numérique, «l’UCA Campus numérique», et renforcé ses équipes et ses serveurs. Pour les enseignants, des webinaires ont été organisés. Ils continuent durant ce mois de juillet. Le dispositif sera complété par des ateliers préparés avec des experts marocains et étrangers. «Nous sommes en négociation avec des  organismes américains pour accompagner nos professeurs à partir de la rentrée», annonce Hbid.

L’université de Rabat, aussi, entend renforcer les compétences technico-pédagogiques de ses enseignants. Son Digital Learning Center prépare des formations et tutoriels. Des cycles de formation des formateurs sont également programmés.

Ces dernières années, les enseignants universitaires ont fait preuve de beaucoup de résistance au e-learning. L’enseignement à distance était considéré comme une activité «chronophage», un surplus de travail non rémunéré, un fardeau… Avec la pandémie, toutes les résistances sont tombées. Mais est-ce pour autant la fin des réticences?

UM6SS: La transformation digitale accélérée

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A l’Université Mohammed VI des sciences de la santé (UM6SS) la transformation pédagogique a été entamée plusieurs mois avant la pandémie du coronavirus. «Notre objectif est de passer d’un étudiant passif, simple réceptacle d’informations, à un étudiant acteur de sa formation. Pour y arriver, nous avons mis en place une charte pédagogique incluant le digital parmi ses leviers», souligne Jalila Benhammou, directrice du centre d’innovation de l’université. «Notre apprentissage est à la base hybride avec des contenus numériques préparés par nos enseignants. Le Covid-19 nous a permis d’accélérer cette transformation digitale», poursuit-elle. Pour garder de l’interactivité avec les étudiants, l’université a mis en place des classes virtuelles formées de groupes réduits. Les enseignants sont accompagnés par des formations et ateliers pédagogiques. Une banque de tutoriels (sur comment déposer un cours, organiser un examen en ligne, lancer un forum virtuel ou un quizz, monter une vidéo…) est également mise à leur disposition. Un nouveau plan de formation est en préparation. Il sera lancé après les examens de cette mi-juillet. «Nous y insisterons sur la scénarisation pédagogique spécifique au e-learning, avec des experts nationaux et internationaux», précise la directrice du centre d’innovation.   
Ayant déjà pris de l’avance, l’université a réussi une transition plutôt fluide entre l’enseignement présentiel et celui à distance en mars. 89% des étudiants et 97% des enseignants ont fait part de leur satisfaction.

                                                                                

Scénarisation: La clé de l’enseignement à distance

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Manquant de formation en e-learning, les enseignants, malgré leurs efforts, ont eu du mal à gérer ce mode d’apprentissage. Cela s’est traduit par un malaise des étudiants. Selon une enquête réalisée en mai dernier (voir L’Economiste N° 5770 du  28 mai 2020), 79% des étudiants universitaires ont déclaré leur insatisfaction du e-learning qui leur a été servi durant le confinement et 57% ne veulent plus en entendre parler. «Malheureusement 80% des cours diffusés ces derniers temps étaient sous forme de documents numériques ou de visioconférences. Nous ne sommes donc pas sortis du cours magistral sans réelle interaction», souligne Awatif Beggar, enseignante-chercheure en technologies éducatives à la faculté des sciences de Meknès. «Maîtriser une matière ne signifie pas que vous pouvez bien la transmettre. Il est important de bien scénariser son cours», ajoute-t-elle. Pour l’experte, la scénarisation est un ingrédient crucial. Elle comporte plusieurs étapes, dont la sensibilisation à la thématique, l’exposition des informations et la vérification à travers des exercices permettant de s’assurer de la compréhension de l’étudiant.

Ahlam NAZIH

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