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Société

De Rabat à Hanoï, deux méthodes pour un seul combat

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5757 Le 08/05/2020 | Partager
La lutte contre le coronavirus vue du Vietnam
Forte amende et surveillance policière permanente
Application NCOVI, comité de quartier, mise en quarantaine…

Au Vietnam, les écoles n’ont pas été réouvertes après les vacances du Nouvel An lunaire et les frontières terrestres avec la Chine ont été fermées (Lire article). Le coronavirus est là.  

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Ho-Chí-Minh-Ville (Saigon, son nom d’avant 1975). Distribution de riz pour les Vietnamiens démunis. Une distance de 2 mètres au minimum doit être respectée (Ph. NGÔ Kim-Khôi) 

«Rester chez soi, c’est aimer son pays!». Tel est le slogan adopté par ce pays d’Asie du sud-est. Les rassemblements ont été progressivement interdits. Les lieux publics pouvant accueillir plus de 30 personnes sont désormais fermés. Les restaurants vendent des repas à emporter. Mais il n’est plus possible de consommer sur place.
Contrairement au Maroc, les autorités vietnamiennes n’ont pas opté pour le confinement obligatoire de la population.
«Elles ont en revanche imposé le port du masque dès la sortie de chez soi. Même si les Vietnamiens ont l’habitude d’en mettre en temps normal, que ce soit pour se protéger de la pollution ou pour préserver leurs concitoyens contre le rhume par exemple», explique NGÔ Kim-Khôi depuis Ho-Chí-Minh-Ville où cet expert en art est installé.

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Le port du masque est obligatoire au Vietnam. Les pays d’Asie du Sud-Est ont l’habitude de le porter. Contrairement à d’autres régions du monde, notamment méditerranéenne, les Asiatiques ne s’embrassent pas, ne s’enlacent pas, ne se serrent pas la main (Ph. NGÔ Kim-Khôi) 

Enfreindre une consigne expose à «une forte amende équivalente à 12 euros (120 DH)». Une fortune: le salaire moyen d’un vietnamien est de 150 euros (1.500 DH).  A l’instar du Maroc, le port du masque est également obligatoire dans les entreprises, les usines…«Dans les magasins, un membre du personnel prend la température des clients à l’entrée et du gel hydro-alcoolique est mis à disposition pour se laver les mains à l’entrée et à la sortie. Il n’y a pas de problème d’approvisionnement», témoigne notre source vietnamienne. La même procédure sanitaire est notamment appliquée par le concessionnaire BMW à Casablanca.  
 Malgré ses moyens limités, l’ancienne colonie française donne une leçon de résilience à des pays riches comme la France ou les Etats-Unis. Moins de 300 personnes contaminées et aucun décès enregistré jusqu’au 28 avril 2020.    
Le Parti communiste vietnamien ne badine pas avec les règles.
Les consignes sont strictes pour ceux qui pensent être contaminées ou avoir été en contact avec des personnes atteintes par le virus.
«Ils ont l’obligation de se déclarer au comité du quartier et sont mis en quarantaine dans des endroits gérés par le gouvernement.
L’Etat se charge de les héberger gratuitement, le plus souvent dans des casernes», rapporte NGÔ Kim-Khôi.
Tout étranger présent sur le territoire vietnamien peut à tout moment faire l’objet d’une mise en quarantaine médicale ou d’une mesure obligatoire d’isolement en «quatorzaine» sur son lieu de résidence.

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Boulevard Nguyen Hue à Ho-Chí-Minh-Ville. Cette artère centrale de la citée économique vietnamienne est déserte alors qu’elle est souvent pleine de monde. Les autorités n’ont pas imposé pourtant le confinement à la population

Le non-respect des mesures de prévention sanitaire locales peut donner lieu à des poursuites judiciaires. La police est très présente et surveille en permanence. Et ce, à l’instar du Maroc où la justice a poursuivi 35.663 personnes depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire. Du 24 mars au 23 avril, les personnes arrêtées par le ministère public marocain ont été accusées d’enfreindre les règles du confinement obligatoire: pas de masque de protection, déplacement sans autorisation, fake news… ( L’Economiste n°5734 du  6 avril 2020).   
Par ailleurs, une application mobile appelée NCOVI a été diffusée début mars 2020 dans ce pays des plus denses et des plus peuplés de l’Asie du Sud-Est. Sa mise en œuvre ne semble pas avoir suscité autant de débat, comme cela fut le cas au Maroc, sur le respect de la vie privée (Cf. L’Economiste n°5745 du 21 avril 2020). «L’application informatique permet à la population de fournir des informations sur tous ceux qui présentent un risque de contamination: proches, voisins, contacts, si on est soi-même contaminé ou s’il y a un soupçon de contamination. Cette application a eu un très gros succès», rapporte NGÔ Kim-Khôi. Le ministère vietnamien de la Santé a mis en place fin janvier 2020 un site internet et une cellule pour répondre par téléphone aux questions du public au sujet du coronavirus.

F.F.

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