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Economie

Coronavirus - Bourses mondiales: Nouvel avis de détresse

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5720 Le 17/03/2020 | Partager
De l’Asie à l’Europe, les marchés dépriment
Les banques centrales à la rescousse
Le manque de liquidités fait craindre une crise financière

Malgré les efforts des banques centrales pour amoindrir l’impact économique du nouveau coronavirus, les Bourses ont continué de plonger de l’Asie-Pacifique à l’Europe. La Bourse australienne a ouvert la semaine par une chute de 9,7%. La Bourse de Hong Kong a fini en baisse de plus de 4%, idem pour celle de Shanghai (-3,4%), Shenzhen (-4,83%) et Tokyo (-2,46%).

L’Europe a suivi avec des pertes de plus de 5% à l’ouverture et la situation s’aggravait hier à la mi-journée. La Bourse de Paris a perdu plus de 10%. Idem pour la Bourse de New York qui a poursuivi sa dégringolade.  L’effondrement du S&P 500 de 7% avait automatiquement déclenché juste après le début de la séance un mécanisme d’interruption des échanges d’un quart d’heure.

Et pourtant, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait décidé dimanche une baisse de ses taux d’intérêt. Ils sont ramenés dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25%, contribuant à alimenter la panique des investisseurs. La Fed a annoncé également une injection de liquidité de 700 milliards de dollars. La dernière fois qu’elle avait abaissé ses taux à un tel niveau remonte à décembre 2008, au cœur de la crise financière dite des «subprimes».

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Parallèlement, la Banque centrale européenne (BCE) et les Banques centrales du Japon, Royaume-Uni, Canada et de Suisse, ont assoupli les conditions auxquelles elles s’échangent des devises entre elles. Objectif: pouvoir garantir un approvisionnement suffisant des marchés en dollars. En attentant que ces interventions donnent l’effet escompté, le manque de liquidités fait craindre aux marchés une crise financière.

A l’effondrement des marchés financiers, s’ajoute celui des statistiques économiques. Celles-ci se sont révélées nettement pires que prévu en Chine. La production industrielle s’est contractée pour la première fois en près de 30 ans tandis que les ventes de détail se sont effondrées. La Banque centrale chinoise a abaissé hier lundi le taux de réserve obligatoire des banques, injectant 550 milliards de yuans (70,6 milliards d’euros) pour soutenir l’économie.

L’Europe a renforcé ses barricades le week-end dernier, en imposant le confinement quasiment total dans plusieurs pays et en fermant de nouvelles frontières. Les Etats-Unis prennent le même chemin avec des écoles fermées, des bars-restaurants et casinos dorénavant portes closes à New York comme à Los Angeles ou Las Vegas.

Les marchés redoutent l’évolution de la pandémie aux Etats-Unis, qui représente un risque de récession même si le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, parle pour l’instant de ralentissement. Le président de la Fed, Jerome Powell, a déjà prévenu que l’économie américaine serait faible au deuxième trimestre. De son côté, l’UE anticipe une récession en 2020 «de 2 à 2,5%», a annoncé le commissaire européen chargé du Marché intérieur Thierry Breton.

Plusieurs secteurs ont été touchés. L’allemand TUI a suspendu la majeure partie de ses activités comme les voyages à forfait et les croisières. IAG, la maison-mère de British Airways, prévoit une réduction de sa capacité de vols d’au moins 75% en avril et mai et Easyjet avertit d’un possible maintien au sol de la majorité de ses avions. Plusieurs pays ont annoncé la fermeture totale ou partielle de leurs frontières. Ils sont nombreux à fermer restaurants, bars, discothèques, cinémas, écoles et universités. L’état d’urgence a été décrété par plusieurs gouvernements. Certains pays ont pris des mesures de confinement total à l’image de l’Italie et de l’Espagne.

Selon Euler Hermes, en un trimestre, l’épidémie de Covid-19 a coûté 320 milliards de dollars au commerce mondial de biens et services. A ce niveau, les experts estiment que l’épidémie a le même effet sur les échanges internationaux qu’une hausse moyenne des taxes à l’importation de +0,7 point à l’échelle mondiale.

L’épidémie a coûté au commerce mondial en un trimestre la même chose que les tensions commerciales USA-Chine lui ont coûté en un an, est-il expliqué. D’où proviennent ces pertes pour le commerce mondial?

Du côté du commerce de biens, les mesures de confinement appliquées dans les principaux foyers connus à l’heure actuelle limitent de fait les échanges entre ces zones et les exportateurs. Du côté des services, l’impact provient surtout d’un manque à gagner pour les secteurs du tourisme et des transports. In fine, Euler Hermes estime que les pertes trimestrielles évoquées, 190 proviennent de pertes à l’export vers la Chine et 21 de pertes à l’export vers l’Italie.

En France, l’impact estimé pourrait être conséquent. Les pertes trimestrielles potentielles à l’export pour les entreprises françaises pourraient atteindre 20 milliards de dollars par trimestre de perturbation de l’activité.

France: Mesures de soutien aux entreprises

Pour aider les groupes touchés par la crise du coronavirus, les institutions financières françaises, banque publique comme établissement privé, ont pris des mesures prévoyant notamment de reporter ou suspendre les remboursements de leurs crédits. «Analyse des situations difficiles et capacité à prendre des décisions en moins de cinq jours, décalage des remboursements de crédits jusqu’à six mois sans frais et sans pénalités pour favoriser au maximum les trésoreries, accompagnement des entreprises pour bien comprendre toutes les mesures gouvernementales qui sont prises», a fait savoir Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française. Une autre salve de mesures a été annoncée par la banque publique d’investissement Bpifrance dont le nouveau renforcement du plan de garantie des crédits, désormais étendu aux entreprises de taille intermédiaire. Un discours du président français Emmanuel Macron était prévu hier dans la soirée.

                                                                             

Rechute des cours du pétrole

Le baril de Brent a plongé, hier lundi de plus de 10%, atteignant un plus bas niveau en quatre ans. Il a été emporté par le déséquilibre provoqué par l’offre abondante d’or noir et la demande qui ralentit du fait de la pandémie du coronavirus.

Hier en fin de matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai est tombé à 30,22 dollars à Londres, en baisse de 10,66% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de WTI pour avril chutait de 8,04%, à 29,18 dollars, toujours au-dessus de son dernier plancher atteint lundi dernier à 27,34 dollars.

Les prix du pétrole avaient bouclé vendredi dernier leur pire semaine depuis la crise financière de 2008, perdant aux alentours de 25%. Les Bourses des pays du Golfe, très dépendants du secteur de l’énergie, se sont effondrées lundi (à l’exception du Qatar). L’indice de référence du marché financier saoudien, le Tadawul, a clôturé en chute de 5,21%. Un plan de relance de 13,3 milliards de dollars a été annoncé par le royaume saoudien pour soutenir l’économie.

F. Z. T.

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