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    Economie

    L’effet Coronavirus: Le Maroc réexporte ses masques

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5706 Le 26/02/2020 | Partager
    Forte demande, mais pas de pénurie pour le moment
    Plusieurs intermédiaires se reconvertissent dans le business
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    Selon le Pr Kamal Marhoum El Filali, chef du service des mala­dies infectieuses au CHU Ibn Rochd, la durée de validité d’un masque chirurgical est de trois heures (Ph. Jarfi)

    Depuis quelques jours, les ventes de masques chirurgicaux s’envolent. A l’origine, la multiplication des cas de Coronavirus et l’extension de la zone d’infection à travers le monde. Cepen­dant, les professionnels ne parlent pas de pénurie.

    «Nous n’avons pas eu de re­montée d’informations par rapport à une éventuelle pénurie de masques», rassure Ahmed Filali, président du Syndicat na­tional des cliniques privées. Mais dans certains cabinets dentaires relevant d’une mutuelle du secteur public, les dentistes attendent toujours leurs lots de masques.

    «Pour le moment, il s’agit beaucoup de spéculation. Nos confrères reçoivent de plus en plus de demandes de la part d’intermédiaires qui ne sont même pas spécialisés dans la commercialisation des dispositifs médicaux. Ils sont parfois dis­posés à acheter toutes les quantités dispo­nibles pour les exporter», indique Anouar Yadini, président de l’Association maro­caine des professionnels des dispositifs médicaux (AMPDM). La prévalence des cas d’infection a poussé le gouvernement chinois à lancer une campagne d’impor­tation massive des masques chirurgicaux.

    Par conséquent, les opérateurs marocains se sont positionnés pour répondre au marché chinois où les besoins se chiffrent en millions d’unités. D’autres pays sont en train de constituer un stock de sécurité soit pour répondre aux besoins actuels, soit pour les anticiper.

    Selon l’AMPDM, le Maroc compte deux usines de fabrication de masques, sans oublier une unité relevant de la Gendarmerie. Il n’existe pas de chiffres officiels, mais selon Hassan Ziyat, ma­nager à Pharcomedic, le marché des masques chirurgicaux se répartissait entre 15 à 20% pour la production lo­cale, le reste était exclusivement importé de Chine.

    Mais comme la principale uni­té de fabrication chinoise est à l’arrêt de­puis deux mois, les distributeurs locaux se sont rabattus sur la production locale. Ce qui fait les bonnes affaires de Phar­comedic, dimensionnée pour fabriquer 15 millions d’unités par an. L’usine est actuellement en phase d’investissement pour augmenter sa pro­duction en bandages, compresses, masques chirurgicaux et autres dispositifs de produc­tion.

    En raison de la forte demande internationale, le flux est maintenant inversé. Les distribu­teurs de dispositifs médicaux profitent de l’aubaine en réexpor­tant les masques impor­tés avant le début de la crise du Coronavirus. Ce qui se traduit au passage par une hausse des prix.

    L’exportation mas­sive de masques chirur­gicaux n’est pas pour autant inquiétante car le Maroc est encore à l’abri de la crise. A part les besoins d’export, les distributeurs peuvent encore répondre aux commandes des professionnels de la santé. «En cas de crise, il sera très diffi­cile de faire face à la demande du grand public car, à ce moment-là, les besoins vont se chiffrer par millions», prévient le président de l’AMPDM.

    La tension ne pèse pas uniquement sur les masques chirurgicaux. Elle concerne également les produits annexes tels que les gants, les thermomètres, les casaques à usage unique…

    Une procédure d’importation à alléger

    L’Importation de masques constituera une alternative incontour­nable, mais il faut compter un délai minimum de quatre mois pour obtenir le sésame du ministère de la Santé. En effet, la procédure actuelle consiste à demander aux fabricants à l’étranger la documentation relative à leurs produits et la déposer auprès de la Direction du médicament et de la phar­macie. Les dispositifs sont analysés par un laboratoire sur la base d’un cahier des charges strict. Au terme de cette démarche, l’importateur obtient un certificat d’enregistrement pour chaque produit à importer. Le visa, qui atteste que le produit est un dispositif médical de protection, reste valable pendant cinq ans. Il y a quelques mois, le ministère de la Santé avait mis en place une plateforme électronique pour l’enregistrement des demandes d’importation. L’objectif étant d’assurer la conformité et la traçabilité des dispositifs médicaux. Mais les délais de traitement restent, de l’avis des professionnels, trop longs.
    L’Association des professionnels des dispositifs médicaux vient de sai­sir le ministre de tutelle, lui demandant une autorisation spécifique pour pouvoir importer sans passer par la procédure normale. L’objectif étant de réduire les délais de traitement des dossiers d’importation.

    Hassan EL ARIF

     

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