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Entreprises

Peu d'appétit pour les chèques repas

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5704 Le 24/02/2020 | Partager
Aucun impact de la révision du traitement fiscal des frais d’alimentation
Les professionnels proposent de relever le montant déductible à 60 DH

Le relèvement du plafond de déductibilité fiscale des frais d’alimentation par la loi de finances 2019, porté à 30 DH au lieu de 20, ne s’est pas traduit par un essor dans l’activité d’émission de tickets repas. Pas plus que la généralisation de l’horaire continu dans l'administration quelques années auparavant.  Le réaménagement horaire du temps de travail dans la fonction publique n’a finalement pas été accompagné d’un dispositif de restauration comme promis par le gouvernement.

Par conséquent, c’est toujours le «système D». Selon Olivier Bernon, secrétaire général de l’Association marocaine des émetteurs de titres de services (Asmets), à peine 2.200 entreprises adhèrent au système des tickets-repas, ce qui représente 200.000 bénéficiaires par an. Le secteur génère un chiffre d’affaires  d’environ 500 millions de DH par an en termes de titres repas et cadeau, porté par quatre prestataires: Up Maroc, Sodexo, Edenred et Hotelys Services.

L’attribution de tickets-repas aux salariés est née au Royaume-Uni, mais c’est en France qu’elle a connu un développement plus prononcé voici plus d’un demi-siècle puisque 3 millions de personnes en bénéficient chaque jour, contre 600.000 en Espagne où la pratique s’est implantée beaucoup plus tard.  Aujourd’hui, les tickets services sont développés dans une quarantaine de pays à travers le monde, dont 19 en Union européenne. Soit 100 millions d’utilisateurs réguliers.

L’activité d’émission de bons-repas a été introduite au Maroc depuis 2003. «17 ans plus tard, le bilan reste mitigé dans le sens où plusieurs centaines d’entreprises ont adhéré au dispositif et où, en comparaison avec des pays à économie comparable comme la Tunisie, le potentiel au Maroc est énorme», précise Olivier Bernon.

Les tickets-repas représentent une alternative pratique pour les entreprises qui ne peuvent pas aménager un restaurant collectif sur site. D’abord à cause de son coût, de la lourdeur de sa gestion, mais aussi de la taille de la société qui ne justifie pas toujours l’ouverture d’un restaurant d’entreprise.

Par ailleurs, l’attribution d’un ticket repas permet aux salariés de profiter d’une pause déjeuner dans des conditions favorables. Cet avantage social est parfois utilisé par les entreprises en guise de gratification, mais aussi comme moyen de fidélisation et de motivation des salariés. A rappeler tout de même qu’au lieu du bon-repas, certaines entreprises optent pour le versement d’une prime de panier mensuelle.

Au Maroc, deux types de titres sont proposés par les entreprises: les bons-repas et les certificats cadeaux offerts par les employeurs à leurs salariés en guise de gratification à l’occasion des fêtes ou d’événements particuliers : mariage, naissance, fêtes religieuses, Saint Valentin, Journée de la femme… Certaines sociétés offrent des titres cadeaux à leurs meilleurs clients.

Pour l’heure, les sociétés d’émission de titres de services ont noué des partenariats avec un réseau commercial de 3.500 fournisseurs, dont des sociétés de restauration, des grandes surfaces commerciales…

Au Maroc, ce sont surtout les entreprises privées qui adoptent le système des bons-repas. Cela peut démarrer à partir d’une dizaine de salariés. Pratiquement tous les secteurs sont concernés: BTP, banques, assurances, automobile… Les comités des œuvres sociales de certains établissements publics adhèrent aussi au système des bons-repas. Les tickets de services touchent à tous les domaines: restauration, habillement, articles de sports, loisirs, hi-tech…

Le potentiel de développement de l’activité est énorme. «Nous pourrions transposer au Maroc des modèles qui ont déjà fait leurs preuves dans le reste du monde, tels que le ticket service à domicile en France, ou encore les chèques garderie en Espagne», indique le secrétaire général de l’Association.

Pour cela, l’association compte prendre attache avec les pouvoirs publics pour défendre le secteur. Apparemment, les opérateurs ne manquent pas d’arguments. L’extension de l’activité se traduit par des créations d’emplois. En effet, le secrétaire général de l’association affirme que l’émission de 35 tickets se traduit par la création d’un emploi pérenne. De plus, l’activité contribue à intégrer l’informel. Ce qui génère d’importantes recettes fiscales, notamment la TVA.

Pour cela, l’association propose de relever le plafond de la déductibilité. «L’idéal serait de le relever à 60 DH contre 30 DH actuellement. Un niveau correspondant à un repas convenable. En France, ce montant est de 10 euros contre 11 en Espagne», souligne Bernon. Il faudrait également relever le montant de la charge déductible au titre des cadeaux publicitaires, fixée actuellement par l’article 10 du code général des impôts à 100 DH l’unité.

Etude OCDE sur les impacts sociaux

L'Association marocaine des émetteurs de titres de services (Asmets) a été sollicitée récemment par l’OCDE pour participer à une étude sur les impacts économiques et sociaux de cet avantage social accordé par les entreprises à leurs salariés. L’étude s’attachera à cerner l’existant et proposera des recommandations pour le développement de l’activité. Aux côtés du Maroc, l’étude cible six autres pays : Belgique, Brésil, France, Mexique, Roumanie et République tchèque.

Les chiffres du secteur

  • 100 millions d’utilisateurs dans le monde dans 40 pays
  • 200.000 bénéficiaires au Maroc
  • Un chiffre d’affaires de 500 millions de DH
  • Un réseau commercial de 3.500 partenaires
  • Les tickets repas déductibles à hauteur de 30 DH
  • La charge déductible pour cadeaux fixée à 100 DH
  • 4 opérateurs: Up Maroc, Sodexo, Edenred, Hotelys Services
  • Une centaine de salariés

Hassan EL ARIF

 

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