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    Les 2/3 des écoliers quasi analphabètes à la sortie du primaire

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5641 Le 26/11/2019 | Partager
    La situation du Maroc est 2,5 fois pire que la moyenne de la région Mena
    Comment expliquer cette crise profonde dans nos écoles?
    Les constats de l’indicateur de «pauvreté en apprentissage» de la Banque mondiale
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    Les deux tiers des enfants marocains sont incapables de lire et de comprendre un texte avant l’âge de 10 ans. Presque autant sortent du primaire sans maîtriser les compétences minimums en lecture. Plus de 5% des enfants restent exclus de l’école. Il s’agit essentiellement de ceux en situation de handicap, et de ceux contraints d’apporter une aide économique à leurs familles. L’indice du capital humain au Maroc est de 0,5. Le pays est donc privé de la moitié de son potentiel humain, en raison de carences en éducation et en santé. Le nombre moyen d’années de scolarisation est d’à peine 6 ans

    A quoi cela sert-il de généraliser l’école primaire à presque 100% des enfants en âge de scolarité si les deux tiers en sortent illettrés? L’approche quantitative qui a prévalu ces trois dernières décennies a perdu l’école publique marocaine. Un nouvel indicateur vient étayer ce constat qui ne surprend désormais plus...

    Dans le cadre de son grand projet sur le capital humain, la Banque mondiale a annoncé la semaine dernière le lancement d’un indicateur mesurant la «pauvreté en apprentissage». Que signifie cette expression? Elle renvoie vers l’incapacité des enfants à lire et à comprendre un texte court avant l’âge de 10 ans. L’indicateur dévoile une réalité bien amère, 66% des petits marocains en sont concernés.

    64% n’atteignent pas les compétences minimums en lecture à leur sortie du primaire (voir illustration). Les deux tiers des lauréats de l’école primaire marocaine sont ainsi quasi analphabètes. La pauvreté en apprentissage au Maroc est 2,5 fois pire que la moyenne de la région Mena. Le taux est même supérieur à la moyenne des pays à revenu moyen inférieur de presque 11 points (10,7).

    Les enquêtes nationales (PNEA, ONDH…) et internationales (Timss, Pirls, Banque mondiale…) se suivent aboutissant au même constat. Celui d’une crise profonde d’apprentissage dans nos écoles. Comment en est-on arrivé là? Les gouvernements qui se sont succédé ont longtemps cru qu’il suffisait d’ouvrir une classe ou une école, dans un douar, une montagne ou une ville, et d’y mettre des enseignants pour s’acquitter de leur responsabilité d’assurer aux enfants le droit à la scolarité.

    Mais quelle scolarité? Une approche pédagogique ambiguë, des contenus inadaptés et rarement actualisés, des guerres idéologiques, un management défaillant… et plus grave encore, une majorité d’enseignants non formés, démotivés et désengagés. La situation du secteur n’a cessé de se dégrader au fil du temps. A tel point que la Banque mondiale évoque la nécessité d’un «miracle éducatif».

    Quoique, l’institution assume elle-même une part de responsabilité dans le désastre éducatif marocain, puisque le secteur continue de payer le prix de la restriction des dépenses sociales dans les années 80 et 90, à laquelle il a été contraint dans le cadre du Plan d’ajustement structurel… Le sous-investissement chronique du Maroc dans son système d’enseignement a accéléré la débâcle de son école. Le pays a tenté de se rattraper durant les années 2000, mais ses efforts restent insuffisants. Il dépense aujourd’hui près de 1.624 dollars par élève du primaire (plus de 15.600 DH). Un montant 70% inférieur à la moyenne de la région Mena. 

    «Auparavant, nous pensions qu’en aidant les pays à construire des infrastructures, nous encouragerons leur développement économique, et ce n’est qu’ensuite qu’ils auront les moyens d’investir dans les Hommes», avait reconnu l’ancien président de la Banque mondiale, Jim Kim, en octobre 2017 à Washington, lors de l’annonce du grand projet de l’institution pour le capital humain. Il avait également rappelé que la Banque classait ses dépenses en éducation et en santé dans la rubrique «charité».

    «Le lien entre ces dépenses et la création de richesses est aujourd’hui pour nous évident. Il sera encore plus fort à l’heure de la digitalisation nécessitant des investissements plus importants en compétences», avait souligné l’ex patron de la Banque mondiale. 

    Certains pays, comme la Corée du Sud et la Finlande, tout aussi pauvres en ressources naturelles que le Maroc, ont pu créer leur propre miracle en misant sur leur principale richesse, leurs hommes et leurs femmes. Le Maroc, lui, en les négligeant, a perdu la moitié de son capital humain (voir illustration).

    Même erreur au préscolaire?

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    Le drame de l’école primaire, la formation professionnelle l’a également vécu. Ses responsables se sont gargarisés pendant des années de l’augmentation exponentielle du nombre de stagiaires et de centres de formation, alors qu’en réalité, il ne s’agissait que d’une simple course aux chiffres, avec des offres et des contenus en total décalage avec les besoins du monde économique et des régions. Le même scénario semble se répéter aujourd’hui dans le préscolaire, avec la multiplication des classes dans les écoles publiques, sans pour autant disposer d’éducateurs formés.

    Ahlam NAZIH

     

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