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    Economie

    Emploi: Comment coller aux mutations du marché

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5602 Le 27/09/2019 | Partager
    Le travail conventionnel en perte de vitesse
    Urgence de préparer les nouvelles compétences, surtout technologiques
    Slasher, jobbing, hybridation… les nouveaux statuts d’emploi
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    La période 2002-2030 est marquée par un recul des compétences physiques et manuelles, particulièrement dans les pays de l’OCDE, parallèlement à une augmentation de la part des compétences sociales, émotionnelles et technologiques

    Y aura-t-il suffisamment de postes pour plus de 9 milliards d’habitants à l’horizon 2050? La question taraude les gouvernements, qui font face à un plus grand niveau de destruction d’emplois, dans le sillage des transformations rapides que connaît le monde. Un rapport récent de l’Institut royal des études stratégiques (IRES) s’est penché sur la question de l’emploi et la création de valeur au niveau international.

    L’émergence de nouveaux paradigmes dans ce domaine aura certainement des impacts sur le Maroc, notamment en termes de préparation des ressources humaines en phase avec les transformations en cours. Surtout que la plupart des métiers lors des prochaines décennies ne sont pas encore connus. Avec la révolution numérique, déjà effective, «des pans entiers des emplois existants sont considérés comme menacés», selon ce rapport.

    Sauf que si elle remet en cause les métiers existants, «la révolution numérique ouvre également des opportunités de développement de nouveaux emplois et de nouvelles compétences». Pour les rédacteurs de ce document, les emplois de demain seront déterminés par les grandes tendances démographiques, environnementales, technologiques, mais également sociétales. A l’horizon 2030-2050, la situation de l’emploi sera déterminée par un ensemble de facteurs clés.

    En tête, le facteur humain qui «sera déterminant dans la réussite ou non de la plupart des modèles qui vont émerger». Le Maroc, qui n’échappera pas à ces transformations, mise sur la nouvelle Vision de réforme de l’enseignement à l’horizon 2030, parallèlement à la refonte en cours du modèle de développement. «La question des profils et des métiers associés est au cœur du choix du modèle de développement», est-il indiqué.

    Actuellement, l’analyse de la situation du marché du travail au niveau mondial montre la prédominance des postes vulnérables, notamment dans les pays en développement, parallèlement à la croissance de l’emploi industriel dans ces Etats, au moment où il est en recul dans les pays industrialisés. Ce qui pousse à s’interroger sur la structuration des emplois dans les prochaines années, particulièrement la question de l’importance du travail conventionnel, dont la part risque de se réduire.

    Ce rapport trace également les contours de cette structuration à l’horizon 2030. A cette date, le marché du travail sera marqué par une croissance des emplois globalisés, verts, et ceux dans les secteurs des services et du travail indépendant. Cette évolution des métiers exige de nouvelles compétences.

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    La répartition des travailleurs dans le monde montre la persistance d’une grande part de la population au chômage essentiellement dans les pays émergents, avec 143,4 millions, suivis des pays développés (38,6 millions), puis des pays en développement (15,7 millions)

    La structure projetée pour les pays de l’OCDE indique une série de transformations. Il s’agit notamment d’un recul des compétences physiques et manuelles durant la période 2002-2030. Idem pour les compétences cognitives basiques. En face, cette étude prévoit une croissance des parts des compétences sociales, émotionnelles et surtout technologiques. Ces tendances sont attendues dans tous les secteurs d’activité.

    Parallèlement, cette étude met l’accent sur de nouvelles formes d’emplois. C’est le cas notamment de l’apparition des «slashers», travailleurs multitâches, allergiques à la hiérarchie. «Les statistiques disponibles ne permettent pas encore de cerner clairement ce type de population, mais certaines données montrent qu’elle s’élève déjà à 4 millions de personnes en France par exemple». Autre nouvelle forme: le «jobbing». Il s’agit de «confier des tâches, faute de temps ou de savoir-faire, à des particuliers». Cela concerne notamment les métiers d’aide aux personnes, de l’événementiel, du soutien scolaire…

    Ces transformations sont également accompagnées d’une hybridation des statuts de travail. Elle concerne généralement les métiers «intensifs en connaissance», notamment pour la catégorie des consultants et des fournisseurs de services professionnels de manière générale. Selon les rédacteurs de ce rapport, l’émergence de ces nouveaux profils d’emplois est liée à la progression des carrières nomades.

    Il s’agit d’un «signe de distanciation entre les individus et les organisations qui les emploient au sein du système de production». Ce type d’emploi est également favorisé par le développement de l’économie numérique et à la floraison de la culture des startups. Il est considéré comme «un système de régulation du capital humain, dans une économie mondiale en recomposition continue».

    Ces mutations remettent en question le rapport entre travailleurs et employeurs. La protection des nouveaux statuts des travailleurs devra passer par une intervention de l’Etat, qui devra «offrir un socle minimal, financé via des ressources fiscales, selon la Banque mondiale».

    Non-emploi

    Les transformations du marché du travail devront également aboutir à l’émergence de la situation de non-emploi, dans laquelle une personne peut percevoir des revenus sans être en situation d’emploi au sens classique du terme. 4 types de revenus sont mis en avant. C’est le cas notamment de la rente, notamment immobilière et financière, en plus de la vente des données, principale ressource de l’économie numérique. S’y ajoute le revenu universel de base, assurant des conditions d’existence minimales, dans un contexte d’incapacité des systèmes productifs à fournir un travail au plus grand nombre. S’y ajoute le crowdfunding, qui permet le financement d’un projet par des groupes de personnes via des plateformes spécialisées, contournant les mécanismes financiers traditionnels. Le Maroc vient de mettre en place un projet de loi régissant cette activité. 

                                                                                       

    Scénarios

    Le rapport de l’IRES propose 4 scénarios à l’horizon 2030-2050. C’est le cas notamment de celui baptisé «Africa voice». Dans ce modèle, «l’Afrique tire parti de la jeunesse de sa population, développe ses capacités scientifiques et techniques et valorise sa culture. Ce scénario requiert également que les institutions africaines soient crédibles et assurent une coopération effective au sein du continent. Résultat, l’Afrique développera des emplois et des activités dans de nombreux secteurs dont l’agriculture, le tourisme, la science, la culture et la technologie. Ces domaines seront articulés autour de systèmes de production agiles et disposant de l’autonomie décisionnelle.

    Le 2e scénario, baptisé «Tout plateformes», mise sur le numérique en tant que technologie organisatrice qui domine le monde. Il sera marqué par une transformation fondamentale du marché du travail, avec une organisation autour de plateformes digitales, disposant du pouvoir de répartition de la valeur.

    Les emplois sont à la fois stables et précaires, et s’alignent sur les besoins de «l’agilité plateformique». Le scénario «People first» est axé sur les besoins de la population qui deviennent la matrice d’organisation. Ces besoins deviennent les champs d’investissement sur lesquels les emplois seront centrés.

    Le dernier scénarion «Monde fragmenté», part du postulat de la répartition en zones économiques d’influence. Il prolonge l’organisation actuelle des activités. Résultat: les emplois se développent dans le contexte d’un monde fragmenté.

    M.A.M.

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