×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Rapport de la Cour des comptes/SNRT: La fragilité financière s’aggrave

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5592 Le 13/09/2019 | Partager
    Survie à coups de perfusions et subventions publiques dominantes
    Absence de stratégie, gestion financière cafouilleuse, chute des recettes…
    Un volume publicitaire non vendu d’environ 80%

    Au moment où l’audiovisuel bat des records d’audience et des recettes à l’international ou encore fait preuve d’originalité et d’innovation dans la grille, les recettes de la SNRT s’effondrent. La société vivote d’année en année à coups de perfusions et de subventions de l’Etat. Le gouffre financier s’aggrave dans un contexte de fortes chutes des recettes publicitaires.

    Selon la Cour des comptes, «le taux de remplissage publicitaire des écrans n’a pas dépassé les 20% en 2017. Le volume publicitaire disponible non vendu était d’environ 80%!» Il va sans dire, les recettes générées par la vente d’espaces publicitaires s’inscrivent dans une tendance baissière. En témoigne le chiffre d’affaires (HT) qui est passé de 253 millions en 2011 à 161 millions de DH en 2017, soit une chute libre de 36%.

    L’analyse des recettes révèle une forte faiblesse du chiffre d’affaires commercial des stations radio de la SNRT. Pour preuve, les recettes radio n’ont pas dépassé 9% du chiffre d’affaires publicitaire global du groupe: soit 14 millions de DH pour les radios contre148 millions de DH pour les chaînes TV.

    Au titre de l’année 2017, la SNRT a été financée essentiellement par des subventions de l’Etat (1,1 milliard de DH), le fonds de la promotion du paysage audiovisuel (120 millions de DH) ainsi que la taxe sur la promotion de l’audiovisuel national (279 millions de DH). Les recettes publicitaires restent le maillon faible de la chaîne.

    En clair, les subventions et taxes sont prédominantes par rapport aux recettes propres de la société. Sur la gouvernance de l’entreprise, les magistrats de la Cour des comptes relèvent une série de dysfonctionnements. Parmi eux, l’absence de stratégie claire et de documents définissant les orientations déclinées en objectifs chiffrés et plan d’actions.

    Par ailleurs, depuis la libéralisation des ondes, la SNRT n’a pas adopté une stratégie relative au positionnement de ses stations radio par rapport à la concurrence. Cette recommandation n’a pas été appliquée. Plus encore, le Comité des stratégies et d’investissement n’a été mis en place que 6 ans après la création de la SNRT.

    D’ailleurs, l’examen des PV de réunions de ce comité montre qu’il «n’assure pas sa mission qui consiste à accompagner l’organe de gouvernance dans l’élaboration de la stratégie de la société». La Cour de Jettou relève aussi qu’il n’y a pas eu de renouvellement du contrat-programme entre la SNRT et l’Etat depuis 2012. Or, les dotations doivent être octroyées par le biais d’un contrat programme.

    Autre bémol: la non-tenue d’une comptabilité analytique par activité et par chaîne. Sur ce point précis, la SNRT n’a pas respecté ses engagements. L’absence d’une comptabilité analytique prive l’entreprise de l’indicateur qui permet de calculer le coût réel de sa grille.

    La SNRT manque aussi de manuel de procédures formalisées et écrites. Ce qui laisse un flou dans la définition des missions et tâches ou encore les modalités d’exécution des activités. Sur les achats, le règlement de la SNRT n’a fait l’objet d’aucune actualisation depuis son adoption en 2006.

    Du coup, plusieurs dispositions sont caduques et ne répondent pas aux exigences de la transparence voire l’efficience de la commande publique. Sur un tout autre registre, celui de la gestion financière et budgétaire, l’analyse des agrégats révèle une situation fragile.

    Et en plus, des factures d’électricité impayées!

    Autre bizarrerie, la SNRT accumule les factures d’électricité impayées! Plusieurs stations ont connu des coupures à cause du défaut de paiement de factures à l’ONEE. Au 19 avril 2016, le montant des impayés a atteint 3,8 millions de DH (sur la période 2008-2016).

    Amin RBOUB

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc