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    Economie

    Retour des MRE: La pression de la dernière minute globalement maîtrisée

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5583 Le 02/09/2019 | Partager
    Le dispositif logistique a fonctionné malgré des couacs
    Les transferts de fonds en baisse
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    Les envois de fonds effectués par les Marocains résidant à l'étranger enregistrent une baisse de 2,8%

    Les vacances des MRE sont bel et bien terminées. L’écrasante majorité des familles rentrées au Maroc pour les congés annuels sont reparties. Demain mardi, c’est la rentrée scolaire dans les pays d’accueil. Les autres, celles qui voulaient profiter des derniers jours de vacances dans leurs régions d’origine pour s’approvisionner en épices, en henné et autres produits du terroir, ont décidé de prendre la route ce vendredi.

    Du coup, le pic des départs était attendu ce week-end, particulièrement par le point de transit de TangerMed qui canalise le plus gros flux en termes de passagers et de véhicules. Ce n’est pas pour rien que Abdelkrim Benatiq surveille les mouvements de bateaux dans ce port comme du lait sur le feu. Le ministre des MRE et des Affaires de la migration est encore hanté par le cauchemar du retour de l’année où des familles de MRE avaient attendu longtemps avant de pouvoir embarquer.

    D’ailleurs, en 2018,  TangerMed avait enregistré l’entrée de 49.000 voyageurs et 12.000 voitures au cours d’une seule journée. Ce qui montre l’ampleur de la logistique et des préparatifs que nécessite cette opération au quotidien. Pour cette année, ce sont plus de  2,739 millions de MRE qui sont rentrés au pays (au 29 août). C’est une augmentation de 3,34% par rapport à la même période de l’année dernière. Cette tendance haussière concerne également les véhicules.

    Les responsables ont pris conscience de l’ampleur de la tâche et se sont organisés en conséquence. Ainsi, avant le lancement de l’opération Marhaba 2019, la Fondation Mohammed V pour la solidarité et le ministère ont tout fait pour que le scénario de l’année dernière ne se reproduise plus.

    Ainsi, ils ont entrepris des actions pour éviter que des goulots d’étranglement ne se forment à TangerMed et dans les autres ports par où transitent les MRE. Donc, le mot d’ordre est d’assurer une plus grande fluidité. Pour l’heure, aucun incident majeur ne s’est produit, surtout que l’opération retour s’est étalée dans le temps.

    En effet, le timing de Aïd Al Adha, tombé cette année le 12 août a permis aux MRE de mieux organiser, à l’avance, leur retour en Europe. L’année dernière, la fête du mouton est tombée le 24 août. Du coup, tout le monde a quitté le Maroc à la même période.

    Pour éviter ces tracasseries, un effort particulier a été fait au niveau du transport maritime qui représente 43,1% des flux des MRE. C’est ainsi que la Fondation et le ministère ont mis en place un plan de flotte constitué de 28 navires, exploités par 9 compagnies maritimes et desservant 11 lignes.

    Si le nombre de MRE rentrés au pays a progressé, il en va autrement pour leurs transferts de fonds. En effet, ils se sont élevés à 30,96 milliards de DH au cours des six premiers mois de cette année, soit une baisse de 2,8% par rapport à la même période de 2018, selon les statistiques de l’Office des changes. Ce qui confirme le recul de ces transferts, déjà enregistré au cours de l’année dernière. Ainsi, en 2018, ils avaient atteint 64,773 milliards de DH, contre 65,373 milliards de DH en 2017.

    Ce repli s’explique par la stagnation du secteur de l’immobilier. En effet, les MRE n’achètent plus de maison au Maroc. La plupart ont la leur, d’autres ont été arnaqués par des promoteurs et des intermédiaires véreux. Donc pour redresser les transferts de fonds, les pouvoirs publics doivent se concentrer sur l’amélioration des conditions d’investissement des MRE, particulièrement les jeunes. Cette catégorie reste paradoxalement attachée au pays d’origine des parents.

    Toutefois, le noyau dur de ces transferts de fonds sert à soutenir financièrement les membres de la famille restés dans le pays. Par origine, la France a représenté en 2018 une part de 35,5% du total transféré, suivie par l’Italie (9,4%) et de l’Espagne (8,6%). Les transferts de fonds des Marocains établis dans les pays du Golfe se sont élevés, l’année dernière, à environ 11,6 milliards de DH. Cette enveloppe représente environ 18% du total.

    Par ailleurs, les MRE continuent à perdre beaucoup de temps dans le règlement des problèmes administratifs. L’expérience, initiée cette année par le ministre de tutelle relative au guichet unique mobile, qui consiste à déplacer de cadres représentant des ministères de l’Intérieur, de la Justice, de la Conservation foncière,… est appelée à être généralisée. Jusqu’ici, elle n’a touché que quelques régions d’Espagne, d’Italie et de Belgique.

    Au Maroc, des administrations ont mis en place des guichets uniques mais cela ne suffit pas. Car parfois la situation des MRE est très complexe. Jugez-en: certains ont inscrit des neveux sur leur livret d’état civil marocain pour toucher les allocations familiales en Europe. Ce qui pose des problèmes d’héritage par la suite. Un autre a inscrit son fils, qui est né en Allemagne, dans l’état civil d’une ville de l’Oriental. Ce jeune, actuellement vendeur dans un supermarché, rêve d’émigration.

    La Fondation Mohammed V veille au grain

    Dans l’opération de Marhaba, l’apport de la Fondation Mohammed V pour la solidarité est décisif. Elle mobilise des moyens importants pour l’accueil, l’assistance et la proximité des MRE durant la période de transit (du 5 juin au 15 septembre). Pour cet accompagnement, 1.232 personnes sont mises à contribution (800 assistantes sociales, 291 médecins, infirmiers et ambulanciers et 141 vacataires). En tout, ce sont plus de 5.000 personnes mobilisées durant la saison estivale dans tous les postes frontières d’entrée et de sortie du Royaume. Dans ce total, on compte les agents de la DGSN, la Douane, la Gendarmerie royale, les Forces auxiliaires et la Protection civile.

    M.C.

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