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    Dossier Spécial

    Religion: Les jeunes se cherchent un modèle

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5575 Le 16/08/2019 | Partager
    Ils puisent leur système de valeurs au-delà des frontières nationales
    La pratique religieuse se développe surtout pendant le Ramadan
    Le poison extrémiste injecté par les chaînes du Moyen-Orient
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    Selon un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE), il y a un certain repli sur la religion chez une catégorie de jeunes qui refusent le modèle de modernité inspiré de l’Occident. Ce repli peut prendre des formes diverses allant du repli sur soi jusqu’à la radicalisation religieuse (Ph. L’Economiste - Les visages ont été modifiés)

    Le Maroc n’a pas fini de subir les dégâts de l’arabisation de l’enseignement décidée à la fin des années 70. La wahhabisation des esprits d’une bonne partie des jeunes est très nette. Beaucoup d’entre eux sont plus orientés vers des ouvrages édités en Arabie saoudite.

    En témoigne l’affluence du stand des livres moyen-orientaux pendant le Salon du livre de Casablanca. Il faut également rappeler le rôle des chaînes de type Al Jazeera, Iqraa, Al Manar… qui propagent un discours très conservateur. A la télévision, s’ajoute une myriade de sites internet et de chaînes YouTube véhiculant un discours extrémiste.

    Dans son rapport «Une nouvelle initiative nationale intégrée pour la jeunesse marocaine», le Conseil économique, social et environnemental (CESE) explique que «le jeune va puiser son système de valeurs dans un spectre très large, au-delà des frontières familiales ou territoriales». D’où une religiosité accrue, et pas seulement pendant le mois de Ramadan.

    «Il convient de noter dans ce sens une hausse de la pratique religieuse des jeunes par rapport à la génération précédente, en plus d’un repli sur la religion chez une catégorie de jeunes refusant le modèle de modernité inspiré de l’Occident, qui peut prendre des formes diverses allant du repli sur soi jusqu’à la radicalisation religieuse chez certains».

    Conséquence de ce grand chamboulement: les jeunes Marocains se cherchent une nouvelle identité. Le port du voile même symbolique est devenu la règle. Choix personnel ou une réaction due à la pression familiale ou sociale?

    En tout cas, entre 15 et 29 ans, selon une enquête Sunergia, 57% des jeunes se disent favorables au voile. Soit presque 2/3. Même les filles qui ne portent pas le voile par conviction sont obligées de s’accommoder de ce nouveau code social pour ne pas être harcelées dans l’espace public. Et encore, il ne constitue pas une assurance tous risques.

    Difficile donc de distinguer celles qui le portent par conviction des filles qui le mettent sous la pression. Les garçons n’en ont cure. Pour beaucoup d’entre eux, ce foulard serait un gage de sérieux et de chasteté. Une position qui en dit long sur la place de la femme dans la société. D’ailleurs, 49% des jeunes exigent que leur future épouse soit voilée. C’est même devenu un critère différenciateur.

    Ces jeunes souhaitent remettre au goût du jour les traditions d’antan qui voulaient que la femme soit cantonnée dans son domicile pour s’occuper de sa maison, de son mari et de ses enfants. Le travail de la femme est souvent mal vu, quand il n’est pas rejeté.

    Mais pour les filles, le mariage n’est plus considéré comme un ascenseur social. Avec un niveau d’études parfois supérieur à celui des garçons, elles ont plus de chances de devenir indépendantes sur le plan financier. L’idée que la fille doit à tout prix trouver un mari qui va la mettre à l’abri du besoin, de la concupiscence et de la tentation aura vécu.

    Dans ce schéma, peut-on parler de couloirs de liberté au Maroc? Le discours ambiant est en règle générale empreint de religion. Les positions plus ouvertes qui dérogent à ce mot d’ordre sont souvent stigmatisées. N’empêche que beaucoup de jeunes n’hésitent plus à faire état de leur athéisme sur les réseaux sociaux sans cacher leur identité.

    Selon une récente enquête de BBC Arabic et d’Arab Barometer, un réseau de chercheurs basés à l’université de Princeton (Etats-Unis), le nombre de personnes qui se détachent de plus en plus de la religion dans le monde arabe ne cesse d’augmenter. L’enquête a concerné 25.000 personnes dans 11 pays. En majorité des jeunes. Ainsi, au Maroc, entre 2013 et 2018, «le pourcentage de Marocains qui se détachent de la religion serait passé de 4 à 12%».

    D’autres encore préfèrent plutôt séparer le religieux du politique. C’est là une tendance qui commence à faire son chemin. La laïcité, et surtout l’athéisme évidemment, reste mal vue par les Marocains de manière générale.

    Cachez-moi ce short que je ne saurais voir

    Les images et des vidéos des jeunes des années 60 à 70 indiquent que la jeunesse a bien changé. Des jeunes filles belges bénévoles de 15 à 18 ans l’ont appris à leurs dépens. Leurs photos dans les réseaux sociaux participant à des travaux de construction de pistes rurales en short ont incité un jeune enseignant de 26 ans à appeler à attenter à leur vie. L’enseignant a d’ailleurs été arrêté.
    Un député s’est lui aussi fendu d’une déclaration remettant en cause l’action des jeunes Belges dont l’association réalise un programme social dans une région reculée et oubliée de Taroudant depuis une quinzaine d’années.

    Hassan EL ARIF

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