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    Dossier Spécial

    Tant que les institutions resteront figées...

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5565 Le 26/07/2019 | Partager
    ... le mal-être prendra le dessus
    Le défi: parvenir à réhabiliter la politique aux yeux des citoyens
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    Mustapha Sehimi, politologue et avocat au barreau de Casablanca: «Un décalage durable s’installe entre les dynamiques sociales qui s’affirment avec des formes contestataires et le système institutionnel qui reste figé essentiellement à des mots d’ordre qui n’ont pas grand intérêt» (Ph. L’Economiste)

    - L’Economiste: Des mouvements contestataires comme celui du 20 février peuvent-ils ressurgir?

    - Mustapha Sehimi: Effectivement. Il y a une culture de manifestation qui exprime une citoyenneté active. Les jeunes s’affirment avec des revendications de droit, de dignité et de justice sociale. Les contestations d’Al Hoceïma et de Jerada l’ont confirmé. Ces manifestations se sont élargies au cours des mois écoulés sur d’autres fronts sociaux, notamment auprès des profs contractuels, puis aux étudiants en médecine.

    - Sur un tout autre registre, dans les stades de foot, les Ultras chantent leur mal-être social. Est-ce une forme de revendication  spontanée?  
    - La genèse de ce phénomène est liée à un club et a réussi à dépasser le stade des supporters sportifs à une forme d’expression globale qui est la contestation. En revanche, elle n’a pas un contenu partisan. Ce sont des textes généralistes, transversaux, porteurs de messages qui traduisent des frustrations, des blocages et des aspirations. Cette forme de contestation est particulière parce qu’il ne s’agit pas de casser. Les jeunes se sont mobilisés autour d’un texte, de valeurs et ça a dépassé le périmètre sportif. De ce fait, ils intéressent des catégories sociales autres que les supporters. Cette forme de contestation se déroule dans un champ politique non institué, qui est en dehors du système de représentation et des syndicats. Il y a un décalage durable et qui s’installe entre, d’un côté, les dynamiques sociales qui s’affirment avec des formes contestataires et, de l’autre, le système institutionnel qui reste figé essentiellement à des mots d’ordre qui n’ont pas grand intérêt.

    - Comment faire en sorte que les jeunes ne soient plus désenchantés?
    - Le problème fondamental, qui n’est pas propre au Maroc, est comment réhabiliter la politique aux yeux des citoyens. Il y a 20 ans, nous avions 20 parties politiques, aujourd’hui il y en 34. L’offre est donc plus large. Or, malgré cette prolifération du système partisan, cela ne crée pas d’engouement ni de ferveur auprès des Marocains. L’offre politique est jugée insatisfaisante. Le défi maintenant est de parvenir à engager ces jeunes dans des idées et des programmes dans le cadre des institutions.

    Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

     

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