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    Politique

    Le MP prépare ses alliances

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5550 Le 05/07/2019 | Partager
    Laenser veut une coalition avant le scrutin avec des partis proches
    Il a plaidé pour la réforme des lois électorales
    L’objectif: favoriser la constitution de majorités homogènes
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    Mohand Laenser a trouvé la parade de son maintien à la tête du MP même «si elle n’était pas sa volonté. Quand je constate ce qui arrive à certains partis, je remercie les militants du MP d’avoir choisi d’attendre l’échéance de 2021, conserver ainsi l’homogénéité du parti jusqu’à la prochaine étape»

    En matière d’alliances électorales, la religion de Mohand Laenser est faite. Les coalitions doivent être constituées avant les élections, sur la base de programmes clairs. C’est la première condition pour bénéficier d’une solidité à toute épreuve. Ce n’est pas le cas de celles qui sont nouées après la proclamation des résultats des élections. Elles souffrent d’une fragilité, qui ne résiste pas à la moindre secousse. En tout cas, le secrétaire général du Mouvement populaire (MP) est en discussion avec d’autres formations ayant une proximité dans l’analyse de la situation politique et économique, particulièrement celles qui défendent le courant libéral. L’objectif est de tenter de construire une alliance avant les échéances électorales. Cette déclaration de Mohand Laenser, faite lors d’une rencontre organisée par la Fondation Lafqui Titouani mercredi, fait bouger les digues du débat politique. Dans cette même logique, il critique une phobie bien marocaine qui ne se trouve pas dans les pays européens à tradition démocratique. En effet, nos politiques cherchent toujours à constituer une majorité qui dépasse 80% des sièges de la Chambre des représentants, là où seuls 52 ou 55% suffisent. Dans ce même élan, il s’en prend à l’actuelle avec 6 partis politiques et qui donne l’impression d’un gouvernement d’union nationale. Selon lui, pour qu’une majorité soit efficace, la coalition ne doit pas dépasser 3 ou 4 formations. Au-delà de cette équation, il y a de fortes chances que l’homogénéité entre les alliés soit compromise.  
    Cette sortie de ce vieux briscard de la politique donne une idée des manœuvres qui se préparent dans les coulisses. Car, en parlant de coalition avec des partis amis et proches au niveau idéologique, il vise le RNI, l’UC et l’USFP. Ce scénario s’inscrit dans le cadre de la course qui s’annonce difficile pour décrocher la première place lors des prochaines élections législatives. L’objectif est d’avoir l’opportunité de former le prochain gouvernement. 
    Par ailleurs, Mohand Laenser ne cache pas sa volonté de procéder à des réformes. L’une d’entre elles consiste à faire le bilan des lois électorales et voir comment les réviser pour dégager une majorité forte et une opposition constructive. Il a également cité la réforme de la Constitution de 2011, mais sans viser l’article 47. Selon cet article, «le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des représentants, et au vu de leurs résultats». Si le chef du gouvernement désigné n’arrive pas à constituer une majorité dans un délai raisonnable, la logique dicte de se tourner vers le deuxième parti. Car en chargeant le patron du premier parti pour former le gouvernement, c’est la formation politique qui est choisie, précise Mohand Laenser. Ce dernier rappelle que ce qui était arrivé en 2016 était une exception qui confirme la règle. Car, le scénario du blocage avec Abdelilah Benkirane ne devrait plus se reproduire. A ceux qui font valoir que la réforme de l’article 47 procède d’une manœuvre visant le PJD, le patron du MP est catégorique: «cette formation est banalisée. Elle va entrer en compétition comme les autres mais elle est tenue de séparer la politique de la religion». 
    Il invite les partenaires à concevoir un programme gouvernemental concret et précis qui puisse permettre aux citoyens d’assurer le suivi des chantiers réalisés ou non et de pouvoir critiquer les ministres sur la base de choses concrètes. Pour l’heure, il s’agit de généralités qui frisent les déclarations d’intention.
    Mohand Laenser a trouvé la parade de son maintien à la tête du MP même «si elle n’était pas sa volonté. Quand je constate ce qui arrive à certains partis, je remercie les militants du MP d’avoir choisi d’attendre l’échéance de 2021, conserver ainsi l’homogénéité du parti jusqu’à la prochaine étape», dit-il. Le patron du MP craint un scénario similaire à celui du PAM qui a changé d’état-major, entraînant des tiraillements internes qui risquent de se solder par l’implosion de cette formation.

    Contradiction

    Pour Mohand Laenser, l’analyse de la situation actuelle fait ressortir une «contradiction extraordinaire» entre l’impression des citoyens dont le mécontentement est généralisé, alors que les indicateurs montrent que le Maroc progresse. Pour lui, il est difficile d’occulter la réalité des contestations sociales, marquée par des disparités. Il y a l’émergence d’un populisme qui présente le risque de glisser vers un extrémisme et un radicalisme pouvant compromettre la sécurité dont bénéficie le pays. Face à ce malaise, les réponses économiques à cette situation ne suffisent pas. Pour convaincre, il donne l’exemple de l’Algérie et de l’Arabie saoudite qui disposent pourtant de fonds des pétrodollars énormes mais qui n’arrivent pas à stabiliser leur pays. C’est pour cette raison que l’ancien ministre préconise de donner la priorité aux réponses politiques. Seulement, pour l’heure, les acteurs ont les yeux rivés sur les échéances de 2021, avec chacun des objectifs précis. Mohand Laenser considère que cette attitude n’est pas l’antidote qu’il faut. Il est plus intéressant de procéder à la révision des textes de loi et du cadre de travail pour lever les défis qui attendent la classe politique. «Car, la priorité est de travailler pour rétablir la confiance des citoyens dans les élections et les institutions. Il faudra aussi anticiper sur des actions destinées à réconcilier les électeurs pour les faire revenir aux urnes», a noté l’ancien ministre de l’Intérieur. 

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