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    Entreprises

    Comment ADM réduit son endettement

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5539 Le 20/06/2019 | Partager
    Les besoins de recapitalisation en baisse de 13 milliards de DH
    4,3 milliards de DH d’arriérés de remboursement de la TVA
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    Le Maroc est aujourd’hui doté d’un réseau autoroutier composé de 1.800 km. Pour construire ce maillage, l’établissement public a réalisé un investissement global de 55 milliards de DH.  Ce réseau enregistre aujourd’hui un trafic moyen de 400.000 véhicules par jour (Ph. Bziouat)

    Le DG du groupe CDG avec Mohamed Benchaâboun, le président de la RAM avec Mohamed Sajid,… Les patrons des établissements publics défilent devant la Commission de contrôle des finances publiques de la chambre des représentants, présidée par Driss Skalli El Adaoui.

    Le dernier en date a été Anouar Benazzouz, DG de la société des Autoroutes du Maroc (ADM), qui était accompagné de son ministre de tutelle, Abdelkader Amara. Il a été auditionné par cette commission mardi, qui affiche régulièrement complet au niveau de la présence des députés. Ces derniers se sont contentés de la présentation du DG en différant les débats pour une réunion ultérieure.

    En tout cas, pour le ministre de l’Equipement et du transport, l’ADM fête cette année son 30e anniversaire. Une occasion pour examiner son parcours  et les grands investissements dans les infrastructures qu’elle a réalisés jusqu’ici. En effet, le Maroc est aujourd’hui doté d’un réseau autoroutier composé de 1.800 km.

    Pour construire ce maillage, l’établissement public a réalisé un investissement global de 55 milliards de DH.  Ce réseau enregistre aujourd’hui un trafic moyen de 400.000 véhicules par jour. Une performance qui place le Maroc en première position en Afrique du Nord et en deuxième position dans le continent après l’Afrique du Sud.

    Abdelkader Amara a évoqué, sans entrer dans les détails, une batterie de projets qui sont prêts et qui attendent le montage financier. Le tronçon de Guercif-Nador à construire nécessite une enveloppe de 5 milliards de DH. Mais, il a reconnu que les pouvoirs publics sont à la recherche d’un modèle spécifique pour le financement de ces projets dont la rentabilité est à long terme.

    Le ministre ne pouvait pas ne pas aborder un point qui plombe cette entreprise publique. Il s’agit de la dette de l’ADM qui a atteint en 2015 près de 39,9 milliards de DH, soit un ratio d’endettement de 4,9 fois ses fonds propres. A ce titre, elle était considérée comme l’une des entreprises les plus endettées.

    En  2015, ce déficit avait culminé à 2,1 milliards de DH. D’ailleurs, dans son rapport de 2016, la Cour des comptes avait alerté sur la fragilité de la situation financière de l’ADM, qui enregistre des résultats régulièrement déficitaires. Elle souffre d’une situation financière structurellement fragile, qui s’explique notamment par l’exploitation de nouveaux tronçons moins rentables.

    Les magistrats de Driss Jettou avaient également relevé le non paiement par l’Etat des arriérés de la TVA qui avait atteint 4,8 milliards de DH à fin 2014. Cette situation impacte négativement la trésorerie et la situation financière de l’entreprise.

    A fin 2018, les arriérés de remboursement de la TVA étaient de 4,3 milliards de DH. En attendant leurs règlements, l’ADM se contente d’un lot de consolation. Elle a signé avec le ministère des Finances une convention pour être exonérée de la TVA dans la réalisation de certains projets d’investissement. 

    Entre-temps, l’ADM n’est pas restée les bras croisés. Elle a engagé une restructuration financière de sa dette. «Ce qui lui a permis de réaliser un résultat net de 45 millions de DH pour la première fois en 2017 et 104 millions de DH en 2018», a souligné Anouar Benazzouz. Cette opération a fini par réduire le ratio d’endettement à 1,5 par rapport aux fonds propres alors qu’il était de 4,9 auparavant. 

    Selon le DG de l’ADM, avec le plan de restructuration financière, la société a pu afficher un résultat positif net en 2017 au lieu de 2030 comme prévu par le contrat-programme 2008-2015. Ainsi, l’entreprise publique a pu réduire ses besoins de recapitalisation que devait assurer l’Etat de 13 milliards de DH sur la période 2016-2030 par rapport aux prévisions du contrat-programme.

    Cette ingénierie financière, menée par Anouar Benazzouz, a fini par baisser l’endettement durant les trois dernières années grâce notamment à une gestion active de la dette. Le rééchelonnement de la moitié de la dette et l’émission d’obligations garanties par l’Etat à très long terme, soit 30 ans.

    En attendant, l’ADM investit dans la satisfaction des clients. Ainsi, comme elle ne peut plus agrandir les stations de péage pour fluidifier le trafic en raison des difficultés d’expropriation des terrains, elle a joué la carte du service télépéage jawaz. Ainsi, le cap de 500.000 jawaz a été dépassé. L’objectif fixé est d’atteindre 1 million de personnes qui utilisent ce produit.

    Vidéosurveillance

    Entre 2015 et 2018, l’ADM a investi 439 millions de DH dans les échangeurs, 310 millions dans l’élargissement des stations de péage, 157 millions de DH dans la numérisation et modernisation de l’exploitation, 54 millions de DH dans la réalisation des ponts de traversées des piétons. Ces efforts s’inscrivent dans le cadre de l’orientation stratégique de l’ADM vers  «le client-usager comme une priorité absolue», pour reprendre les termes du DG devant les députés. Il a ainsi énuméré la maintenance permanente de la chaussée et le renouvellement régulier des dispositifs de sécurité comme la signalisation ou les bandes sonores. L’ADM cherche à multiplier les points de passage des piétons ainsi que la surveillance des zones sensibles où des jets de pierres sont possibles. Ainsi, pas moins de 21 ponts ont été grillagés et un autre est équipé d’un système de vidéosurveillance. En outre, 74 ponts et passages piétons sont en cours de grillage et d’équipement de contrôle vidéo. La société a programmé de renforcer cette opération avec 74 autres au cours de 2020.

    M.C.

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