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    Analyse

    Formation professionnelle «L’OFPPT aussi mènera sa propre transformation»

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5508 Le 03/05/2019 | Partager
    Organisation, curricula, équipements, diplômes… une réforme globale en vue
    Les secteurs prioritaires pour chaque région déjà arrêtés
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    Loubna Tricha, DG de l’OFPPT: «Au-delà de la réalisation des projets liés à la nouvelle feuille de route, l’OFPPT conduira une transformation intégrée, avec ses composantes organisationnelle, managériale, digitale et aussi culturelle» (Ph. OFPPT)

    - L’Economiste: Quel sera le rôle de l’OFPPT dans la déclinaison de la nouvelle feuille de route?

    - Loubna Tricha: Sans changer notre vocation, la nouvelle feuille de route fera sans doute évoluer de manière significative nos responsabilités et interactions avec les principaux acteurs concernés par la formation professionnelle. A savoir les professionnels et régions, afin de converger nos efforts vers une meilleure performance globale. Cette feuille de route fera émerger, comme vous le savez, une nouvelle génération d’établissements de formation professionnelle, sous forme de Cités des métiers & des compétences (CMC). Ces cités sont pensées et conçues pour faire de la formation professionnelle une voie d’excellence pour les jeunes, et de la compétence un avantage compétitif pour les écosystèmes économiques régionaux.
    La réalisation de ce programme est confiée à l’OFPPT qui joue d’abord, pendant cette phase de mise en œuvre, un rôle fédérateur, en assurant l’implication des parties prenantes précitées dans la conception du nouveau dispositif. La CGEM et les fédérations et associations professionnelles sont, en effet, nos référents pour le développement des ingénieries de formation sectorielles.

    - Ces parties prenantes seront-elles impliquées dans tout le processus de formation?
    - Elles seront associées à la sélection des filières qui seront dispensées au sein de chaque cité, à la validation des programmes de formation y afférents et au choix des équipements et des méthodes pédagogiques. L’OFPPT veillera, également, à apporter son expertise durant cette phase de conception/réalisation des cités, fondée sur près d’une cinquantaine d’années d’expérience dans le domaine.
    Pour la phase opérationnelle, la gestion des CMC se fera à travers un nouveau modèle de gouvernance. Il est choisi pour les rapprocher de la réalité du monde économique, d’une part, et pour leur conférer la réactivité et l’agilité nécessaires pour s’adapter - dans la durée - à l’évolution des exigences du marché de l’emploi, d’autre part.
    Ainsi, une Société de gestion OFPPT/Professionnels (SA) sera mise en place pour chaque cité, dès le démarrage de la première en 2021.

    - Comment fonctionnera cette SA?
    - Elle sera dotée d’un conseil d’administration tripartite, composé des représentants de l’Etat, des professionnels et de la région. Ceci permettra l’implication directe des professionnels dans la gestion des pôles de formation relevant de leurs secteurs, selon des modes de gestion innovants, qui seront choisis conjointement, au cas par cas.
    La nouvelle feuille de route prévoit, en outre, la mise à niveau de l’offre actuelle de formation, à travers la restructuration et la diversification du portefeuille des filières, en concertation avec les professionnels, la modernisation des méthodes et des outils pédagogiques, et la mise à niveau des infrastructures et des équipements dédiés à la formation.
    Pour ce chantier, l’OFPPT sera le maillon entre les CMC et le dispositif existant, et veillera à garantir un transfert fluide d’expertise entre les deux. Les CMC sont perçues dans ce sens comme des locomotives qui hisseront l’offre actuelle vers un nouveau standard de qualité.

    - L’OFPPT compte-t-il opérer sa propre réforme? A la fois en matière de cursus, d’architecture des diplômes, d’évaluation des stagiaires, de lien avec les entreprises…
    - Sans aucun doute, l’OFPPT entamera sa propre transformation, et la nouvelle feuille de route en sera la colonne vertébrale. L’ensemble des aspects que vous avez cités seront concernés. L’ingénierie de formation qui sera développée restructurera l’architecture des curricula dans l’objectif d’optimiser l’employabilité des lauréats. Ceci en renforçant leur polyvalence, leur créativité, leur niveau en langues et en communication, ainsi que leurs compétences comportementales. Le déploiement des nouveaux programmes exigera, bien entendu, la modernisation des équipements pédagogiques, afin de les rapprocher au maximum de la réalité de l’entreprise. Nous accorderons une attention particulière à la modernisation des méthodes et des outils de formation, avec une forte utilisation des TIC. Mais au-delà de la réalisation des projets liés à la nouvelle feuille de route, l’OFPPT conduira une transformation intégrée, avec ses composantes organisationnelle, managériale, digitale et aussi culturelle.

    - Les besoins des différents secteurs d’activité sont-ils aujourd’hui clairement formulés?
    - Le processus de définition des besoins des différents secteurs a été enclenché dans le cadre de la commission ministérielle qui a travaillé sur la feuille de route. L’exploitation des données des études sectorielles, des politiques de développement sectorielles et des plans de développement régionaux a permis à la commission d’arrêter les secteurs prioritaires qui seront adressés dans chaque région, en tenant compte des spécificités du tissu économique de chacune.
    Aujourd’hui, le travail se poursuit avec la CGEM et les fédérations et associations professionnelles, pour affiner ces besoins et les traduire en filières de formation. Des études complémentaires sont en cours, pour apporter plus de précisions sur les besoins actuels et futurs des nouveaux secteurs, tels que le digital, l’intelligence artificielle, les métiers de service à la personne et à la communauté… Cette première étape est cruciale. Toutefois, je tiens à signaler que ces besoins sont évolutifs, et qu’il est essentiel de mettre en place des mécanismes permettant de les anticiper continuellement. C’est une démarche clé pour optimiser l’adéquation formation-emploi.

    - Comment encourager les entreprises à adhérer à la formation alternée tant souhaitée?
    - Il n’y a aucun doute aujourd’hui que la formation par alternance est le mode optimal pour la formation professionnelle, compte tenu de son rôle catalyseur dans le processus d’apprentissage et d’insertion du stagiaire.
    Sa mise en œuvre reste, bien sûr, tributaire de la mobilisation des entreprises à offrir des stages et des tuteurs pour l’encadrement des apprenants durant leur stage. La motivation des entreprises viendrait tout d’abord, à mon avis, d’une nouvelle perception de ce mode, en tant que pacte gagnant-gagnant à moyen et long terme. Le stagiaire gagne en compétence et savoir-faire à travers l’immersion en entreprise, ce qui favorise son insertion professionnelle. Mais l’entreprise gagne aussi à préparer les futures ressources humaines de son écosystème, qui contribueront directement ou indirectement à améliorer sa performance.
    Les autres mesures d’encouragement peuvent être incitatives, ou encore, morales, à travers la labellisation par exemple.

    La stratégie 2016-2021, finalement abandonnée?

    LA nouvelle feuille de route présentée devant sa Majesté le Roi le 4 avril dernier représente, certes, notre ligne de conduite pour la période 2019-2023. Mais je ne pourrai dire que la stratégie de la formation professionnelle a été abandonnée. Il me semble qu’il y ait une grande convergence entre les deux et qu’un travail sera fait par notre tutelle pour les rapprocher.

    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

     

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