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    Dossier Spécial

    Un projet titanesque pour réhabiliter la plaine du Saïss

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5496 Le 16/04/2019 | Partager
    Transfert de l’eau et équipement au goutte-à-goutte de 30.000 ha
    350.000 bénéficiaires et 7.300 exploitations concernées
    Un investissement colossal de 5,8 milliards de DH
    tranfert_de_leau_096.jpg

    (Source: Le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts)
    Le projet consiste en la construction d’une infrastructure de transfert d’eau de la rivière de M’Dez à la plaine de Saïss.
    Le transfert se fera à partir d’une prise agricole implantée en rive droite composée d’un ouvrage d’entonnement, une galerie de transport et d’une chambre de contrôle sous format de puits. Cette prise est arasée à la côte 760 m. La charge d’eau disponible permettra de réaliser une adduction gravitaire et d’alimenter sans recours au pompage une superficie non négligeable avec la pression requise pour l’irrigation localisée

    Gigantesque! Le projet d’aménagement hydro-agricole pour la sauvegarde de la plaine de Saïss se distingue d’abord par sa dimension colossale. Un réseau de plusieurs centaines de kilomètres de conduites d’eau, plus de 7.300 exploitations ciblées, 350.000 bénéficiaires et 30.000 ha à valoriser.

    Le tout est mené par un collectif de 8 champions nationaux du génie rural et travaux publics (STAM, Capep, SGTM, SNCE, Sogea Maroc, SNTM, Sotradema, Sogetrama) sous supervision d’une cellule du ministère d’Agriculture créée spécialement pour la durée de  réalisation du projet.

    Celle-ci est  assistée de deux bureaux d’étude et d’un laboratoire de contrôle.  Au total, 300 personnes sont sur le chantier dont 31 ingénieurs et 39 techniciens. Le reste se compose du personnel d’appui administratif et de main d’œuvre spécialisée et non spécialisée. Ces ouvriers ont été recrutés localement.  Des moyens à la hauteur de  l’importance du projet mais aussi révélateurs de l’ampleur des travaux.

    Dans cette vallée qui s’étend des «sources du Sebou» jusqu’aux confins de la plaine du Saïss, le calme n’est rompu que par le bruit strident des pelleteuses et autres gros engins qui opèrent  sur le chantier. Auparavant, il a fallu aménager des pistes d’accès et des traversées des oueds.  Et c’est le ministère de l’Agriculture qui a pris à sa charge la réalisation  de 27 km de route et la construction de deux ponts.

    «Pour parer à tout retard», confie Nabil Alloussi, directeur de la cellule en charge du projet. Cela aurait  été une toute autre histoire s’il fallait compter sur l’intervention du ministère de l’Equipement. Cette route n’est pas une expérience isolée. Lors de la réunion sur  l’évaluation des actions transverses de la stratégie agricole tenue le 18 décembre 2018 à Skhirat, le ministre de l’Agriculture avait avancé le chiffre de 3 milliards de DH qui ont été alloués à la construction des routes rurales.  

    Quoi qu’il en soit, l’impact des pistes et ouvrages construits sur le désenclavement des populations est désormais visible. De nombreux petits agriculteurs ont pu avoir accès aux marchés des villes avoisinantes. Ce qui n’était pas le cas auparavant. Topographes et employés des bureaux d’étude ont fait usage de bêtes de somme pour le transport de leur matériel.

    Rocailleux et parsemé des rochers de sel, le terrain présente beaucoup de difficultés. Surtout pour les galeries (5 km). Une pelleteuse de 75 chevaux, consommant une tonne de gasoil par jour n’a pas pu venir à bout de l’ouverture de la galerie. Le recours à la dynamite s’avérait nécessaire. Aujourd’hui, les travaux se poursuivent sur les divers fronts: pose de gros adducteurs et  creusement de la galerie et ses 3 fenêtres. 

    Lancé le 12 janvier 2015, il est prévu de le réaliser sur cinq années (2017-2021). Pour un coût global de 5,8 milliards de DH. Un montant colossal. Mais l’opportunité de la réalisation du projet est aujourd’hui incontournable. Remontant à la période coloniale, ce grand projet de transfert des eaux des sources de Sebou vers la plaine de Saïss a été longtemps différé.

    Aujourd’hui, il y a urgence.  La nappe phréatique de la plaine (dédiée à l’agriculture) subit une surexploitation et accuse un déficit annuel de 100 millions de mètres cubes. Or, l’activité agricole y représente la principale source de revenu des agriculteurs. Elle est basée sur l’irrigation à partir des puits et forages individuels.

    transfert-de-leau-096.jpg

    (Source: Le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts)
    L’adducteur principal (65 km dont 5 de galeries) est constitué de conduites en acier protégées contre la corrosion. D’un diamètre de 3,5 mètres, la longueur des conduites varie entre 6 et 14 mètres. Au total, il faudrait 5.000 conduites dont 1.500 ont déjà été importées pour la première phase (17km). Elles sont posées   dans une tranchée de 4 m de largeur et de 4 à 8 m de profondeur ou logées dans des galeries de 4,5 m d’ouverture  et enrobée en béton

    Avec une  occupation du sol dominée par des plantations fruitières couvrant 83% de la superficie cultivée: olivier, pommier, vignoble…)  et les cultures maraîchères, notamment l’oignon, la pomme de terre et la tomate industrielle. Et il n’est pas question de toucher à la nappe phréatique profonde qui est réservée à l’eau potable pour les populations.

    Avec les projets du plan Maroc Vert, la région a connu une véritable explosion des différentes cultures mais aussi de l’élevage des bovins. Pour assurer la durabilité et la sauvegarde de l’agriculture irriguée dans la plaine de Saiss, la préservation des eaux souterraines de la nappe de Saiss s’avère nécessaire. C’est, dans cet objectif que s’inscrit le Projet d’aménagement hydro-agricole pour la sauvegarde de la plaine du Saïss.  Il va valoriser au mieux la ressource hydrique via des cultures à forte valeur ajoutée.

    Concrètement, il s’agit de prélever 125 millions de mètres cubes d’eau du barrage, actuellement en cours de construction. Ce volume sera régularisé par l’irrigation localisée au niveau des exploitations ciblées. Car l’objectif est d’améliorer la valeur ajoutée agricole. Le ministère de l’Agriculture envisage de la porter à 52.000 DH/ha à court terme contre 38.000 DH actuellement.

    Montage du projet

    L’Etat a pris en charge la réalisation des ouvrages principaux d’adduction d’eau. Il s’agit de l’ouvrage de prise  (55 km) à partir du barrage M’Dez, des galeries d’adduction (5km) y compris les pistes de servitude et des équipements de  brise-charge, de pré-filtration et de traversées. S’ajoute aussi l’adducteur principal à l’intérieur de la plaine (50km) y compris piste de servitude.
    Le reste du projet est prévu dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) par un opérateur qui aura la charge de cofinancer, concevoir, construire, exploiter et gérer les infrastructures d’irrigation. Le délégataire privé sera sélectionné par voie d’appel d’offres international.
    En attendant sa mise en service prévue en 2021 le projet a déjà bénéficié de deux distinctions et non des moindres. Le 1er prix «BERD Sustainability awards 2018» dans la catégorie changements climatiques financé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Et le 1er grand projet de développement africain qui a bénéficié d’un don de 30 millions d’euros du Fonds vert pour le climat relevant des Nations Unies. 

    A.G.

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