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    Economie

    Grève des «contractuels»: La réponse chirurgicale d’Amzazi

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5483 Le 28/03/2019 | Partager
    Après 5 jours d’absence à la formation, la porte!
    Les candidats figurant sur les listes d’attente prendront le relais
    Etrange grève malgré l’intégration des professeurs par les académies
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    Les enseignants grévistes continuent bizarrement leur mouvement alors que le gouvernement leur propose le statut de fonctionnaires de l’AREF avec les mêmes avantages de leurs collègues de la fonction publique (Ph. Bziouat)

    Depuis hier, mercredi 27 mars, les académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF) appliquent à la lettre les consignes de fermeté du gouvernement. Elles ont commencé à licencier les grévistes parmi les «contractuels» de l’année scolaire 2018-2019.

    La décision vient d’être prise après avoir épuisé toutes les voies de recours pour ramener les grévistes dans leurs classes et empêcher une année blanche. Le contingent de l’année scolaire 2018-2019 s’élève à 15.000 enseignants. Ce qui porte à 70.000 le total de professeurs affectés aux AREF. Les enseignants totalisant 5 jours ou 10 demi-journées d’absence injustifiée à leur formation verront leur contrat résilié.

    Le fait de ne pas suivre régulièrement la formation de six mois prévue dans le contrat justifie la rupture du contrat. L’on sait que plusieurs milliers d’enseignants stagiaires promotion 2019 ont décidé un arrêt collectif de la formation. Ils sont en grève perlée depuis le mois de janvier. Ce qui perturbe gravement la marche normale de la scolarité des élèves.

    Les professeurs renvoyés seront donc remplacés par les candidats figurant sur les listes d’attente. Les grèves des enseignants au parfum politique durent depuis janvier dernier sans aucun motif valable. En effet, le 13 mars, le gouvernement a décidé de mettre un terme au statut d’enseignant contractuel.

    Les 70.000 enseignants qui avaient été recrutés sur la base d’un contrat de deux ans sont éligibles au statut de fonctionnaires des AREF. Les premières recrues dont les contrats remontent à 2016 ont été invitées à signer un avenant pour être titularisées. En effet, à l’expiration de leur contrat, et pour des raisons procédurales, les premiers contractuels ne pouvaient plus prétendre au salaire ni à la couverture médicale et sociale. En somme, ils se retrouvaient dans une situation «illégale».

    Il fallait donc les régulariser en les intégrant au statut de fonctionnaire de l’académie. Pour cela, il fallait un avenant au contrat. La procédure a suscité l’inquiétude de certains enseignants qui pensaient ou faisaient semblant de penser que c’est une manœuvre du gouvernement pour les écarter. Or, le but est de régulariser leur situation.

    La régularisation consiste à affecter les ex-contractuels aux AREF et de leur attribuer les mêmes avantages que les autres fonctionnaires. Il n’y a donc aucun risque de précarité que les grévistes, à l’évidence manipulés, avancent comme motif pour faire l’école buissonnière.

    D’ailleurs, à l’avenir, le recrutement des enseignants s’effectuera au niveau des académies régionales qui verront leurs attributions élargies à la gestion des ressources humaines. Fonction qui était centralisée au ministère. Pour comprendre le problème des enseignants qui ne sont plus «contractuels», il faut remonter à la mandature du gouvernement Benkirane. Lorsqu’il a décidé de porter l’âge de la retraite à 62 ans, beaucoup d’enseignants justifiant, au moins, de 30 ans de service ont décidé d’opter pour un départ anticipé (voir L’Economiste n°5128 du 17/10/2017).

    Ainsi, depuis 2013, le nombre de personnes souhaitant bénéficier d’une retraite anticipée ne cesse d’augmenter: plus de 18.000 entre 2013 et 2017 sur environ 240.000 enseignants. Ce qui a perturbé les calculs du gouvernement et a eu pour conséquence d’entasser les élèves dans des classes de plus de 60 personnes faute d’enseignants.

    Une surpopulation à l’origine de beaucoup de pression sur les professeurs qui n’arrivaient plus à dispenser correctement leurs cours à des classes frisant parfois 70 élèves. Une situation aggravée par le fait que la loi de finances ne pouvait prévoir de postes budgétaires pour combler le déficit d’enseignants.

    D’où le recours à la formule du recrutement sur contrat via les académies. Une formule qui a eu pour dégâts collatéraux un énorme malentendu entre le ministère de tutelle et les recrues qui peuvent très bien être utilisées à des fins politiques pour déstabiliser le gouvernement. Ce dernier a tenu une réunion de crise, mardi 26 mars.

    Saïd Amzazi et  Mustapha El Khalfi, respectivement ministres de l’Education et des Relations avec le Parlement, devaient tenir un point de presse hier mercredi 27 mars pour annoncer les décisions prises à l’issue de la réunion du gouvernement. Parmi celles-ci figure évidemment le licenciement des grévistes recrutés pour l’année scolaire 2018-2019.

    Les chiffres de l’Education nationale

    • 7.730.620 élèves dont 24,4% dans le privé
    • 137.000 enseignants dans le primaire
    • 111.000 enseignants dans le secondaire
    • 11.049 établissements d’enseignement dont 100 nouveaux (2018-2019) et 135 écoles communautaires
    • 917 internats dont 552 en milieu rural
    • Un budget de 50,32 milliards de DH, non compris les crédits d’engagement
    • 5,18 milliards de DH de dépenses de salaire des AREF
    • Départs à la retraite normale et anticipée en 2019: 10.594 enseignants
    • Départs pour d’autres motifs (décès, démissions…): 1.613 enseignants.

    Hassan EL ARIF

     

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