Société

Transparence et courage pour gagner la confiance des Marocains

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5320 Le 23/07/2018 | Partager

Le vent de révolte du peuple se fait sentir depuis des mois dans le pays. Entre le Hirak, le blocage gouvernemental, l’affaire Jerada, et le mouvement inédit de boycott, les tensions sociales, politiques, mais aussi économiques sont palpables. Un climat de méfiance s’est installé, et le Maroc se retrouve face à des défis majeurs qui requièrent une importante mobilisation. «Il faut réfléchir ensemble et agir de concert pour restaurer et renforcer la fondation de base de toute société humaine qui est la confiance», préconise l’Association pour le progrès des dirigeants (APD). C’est dans cette optique que l’Association a organisé, mercredi dernier, à Casablanca, une table ronde sous le thème: «Restaurer la confiance: Des idées pour avancer». Driss Benhima, ancien ministre des Transports et ex-patron de la RAM, Mohamed Horani, ancien président de la CGEM et PDG de HPS (qui est une réelle success story marocaine), Driss Jaydane, écrivain, philosophe, mais aussi Touria Lahrach, conseillère parlementaire et syndicaliste, ont pris la parole pour partager et débattre d’éventuelles pistes d’avancement.

  •  «Opérer la transformation digitale du Maroc»
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Mohamed Horani

«Le mouvement de boycott, drainé via les réseaux sociaux, a démontré que les Marocains sont en avance par rapport à toutes les institutions. Ce mouvement a aussi été spontané et non organisé, ce qui a laissé les décideurs sans aucun interlocuteur avec qui négocier. Face à cela, les institutions (gouvernement, représentants de la société, patronat, syndicats et partis politiques) n’étaient pas du tout préparées à une telle situation. Elles ont démontré qu’elles sont en déphasage par rapport au digital. Pourtant, tout ce qui se passe aujourd'hui dans le monde tourne autour du numérique. Il est temps d’opérer la transformation digitale du pays, et croire en la digitalisation. Par ailleurs, nos hommes politiques doivent avoir du courage, et dire ce qu’ils pensent en toute transparence. Malheureusement, cette transparence est ce qui nous fait défaut. Le constat aujourd’hui est que les politiciens n’arrivent plus à répondre à l’appel des citoyens. Pour restaurer la confiance du peuple, nos parlementaires et politiciens doivent déclarer comment ils travaillent, et informer les citoyens». 

 

  • «Les politiciens doivent prendre des décisions courageuses»
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Driss Jadane

«Quand nous discutons avec les jeunes, nous remarquons qu’ils ne veulent plus faire de la politique. Ça ne les intéresse pratiquement plus. Ils sont davantage tournés vers le social, et la création d’entreprise. Toutefois, ils n’ont pas totalement perdu espoir en leur pays, puisqu’ils font toujours confiance en l’institution monarchique. Mais quand nous leur demandons ce qu’ils pensent des politiques, ils sont extrêmement simples. Pour eux, le mouvement du 20 février aller réécrire l’histoire, et leur redonner espoir. Mais après la mise en place de la nouvelle Constitution, le même scénario se répétait. Le gouvernement, aujourd’hui, est composé de personnes qui ne veulent pas travailler ensemble, et qui n’ont pas d’idées communes. Qui peut faire confiance à des politiciens qui n’ont pas vocation à collaborer? Nous avons des personnes qui n’ont aucun point de vue, et qui ne nous emmènent nulle part. Difficile pour un jeune de faire confiance à un tel gouvernement. S’ils veulent que les citoyens croient en eux, ils doivent prendre des décisions courageuses, et s’exprimer ouvertement s’ils ne sont pas d’accord sur des points. Les Marocains ont besoin et veulent entendre la vérité. Pour percevoir du changement, des personnes doivent démissionner du gouvernement. C’est ainsi que nous pourrions regagner la confiance du peuple». 

 

  •  «Le changement ne peut s’opérer que par les urnes»
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Touria Lahrach​

«La méfiance et le malaise social se sont installés suite aux nombreuses promesses non tenues du gouvernement et beaucoup d’incompréhensions. Ils ont vu des partis politiques passer de l’opposition à la majorité gouvernementale, sans comprendre le changement. Il n’y a pas d’échanges d’informations entre le peuple et le gouvernement. Ce qui crée des tensions. Nous constatons d’ailleurs que beaucoup de jeunes veulent s’expatrier, et d’entrepreneurs investir à l’étranger, parce qu’ils considèrent que leur situation sera plus sûre ailleurs. Le changement ne peut s’opérer que par les urnes et les élections. Il faut que nous nous développions démocratiquement, et réduire les inégalités territoriales, de genre, et d’accès à l’emploi aussi».

 

  •  «Des programmes électoraux cohérents et simples»
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Driss Benhima

«Sur le plan politique, en termes institutionnel les avancées sont là, mais les acteurs politiques ne veulent pas jouer leur rôle. C’est normal que les citoyens perdent confiance. Pour la restaurer, il faut d’abord une prise de conscience des responsables politiques. Mais aussi qu’ils approfondissent leurs projets politiques afin que les électeurs puissent se prononcer sur la base de programmes cohérents, simples à comprendre et distincts les uns des autres».

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