Société

Changement climatique: Les médiateurs écologiques, l’autre alternative

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5317 Le 18/07/2018 | Partager
55 jeunes formés dans le cadre du projet «Maroc Made in Terre»
Inciter les lycéens à réfléchir aux problématiques et proposer des solutions
Une initiative primée lors du prix Hassan II pour l’Environnement
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Informés, sensibilisés et engagés, les médiateurs écologiques de Draa Tafilalet se concertent et travaillent ensemble dans leurs communautés pour créer le changement positif favorisant l’ancrage de la conscience écologique et la responsabilité vis-à-vis de l’environnement (Ph. Association Almaouja)

Quoi de plus efficace que la jeunesse pour ancrer la conscience écologique et l’esprit du développement durable. C’est dans cette perspective que le projet «Maroc Made in Terre » a vu le jour dans la région du Draa Tafilalet, l’une des régions du Maroc qui a le plus besoin de composer avec les effets des changements climatiques. Ce projet vient de remporter récemment le prix Hassan II de l’Environnement pour la catégorie société civile, une consécration qui reconnaît l’impact important de cette démarche pionnière qui soutient l’engagement écologique des jeunes. Porté par l’association Almaouja, en partenariat avec l’Académie régionale de l’Education Nationale et la formation professionnelle et l’appui du programme américain l’U.S Middle East Partnership Initiative et Masen, ce projet a démarré en avril 2016 et vise deux objectifs principaux. Le premier consiste à intégrer l’approche information-concertation-action chez les jeunes au niveau des établissements scolaires secondaires des provinces d’Errachidia, Ouarzazate, Tinghir, Zagora et Midelt. Autrement dit, créer un cadre qui incite les lycéens à interagir avec leur environnement, réfléchir aux problématiques et proposer des solutions, et surtout passer à l’action. Le deuxième objectif est d’établir le bilan des performances écologiques de la région Drâa Tafilalet et mettre à jour ses potentialités en matière de développement écologique. «Tout au long de ce programme, nous avons été surpris par l’engagement et le niveau de conscience écologique chez beaucoup de jeunes issus de différentes régions du Draa Tafilalet. Il a suffi de leur donner l’opportunité et les moyens pour faire émerger les compétences et renforcer leur détermination à agir pour leur environnement», remarque Abdeljalil Didi, président de l’association Almaouja. Ainsi 55 médiateurs ont été mobilisés et ont bénéficié de formations et d’ateliers depuis le lancement du projet Maroc Made in Terre, et ce dans les lycées des cinq provinces de la région.

Label COP22

Labellisé projet COP22 en 2016, l’initiative Maroc made in Terre a bien évolué depuis. Ainsi, et afin de renforcer l’impact du projet, un Fonds Initiative Jeunesse Ecologie (FIJE) a été mis en place en 2017 avec l’objectif de donner l’envie d’entreprendre et encourager les jeunes de la région à passer à l’action avec des projets concrets. Le Fonds, mis en œuvre avec l’appui du Ministère de l’Environnement, le PNUD, l’entreprise Acwapower et le programme MEPI – USA, consiste en une dotation de 10.000 DH pour soutenir des initiatives écologiques portées par les lycées dans le cadre des clubs de l’environnement de leurs lycées.

Ces jeunes animent des clubs de l’environnement au sein de leurs lycées et s’activent autour d’actions de sensibilisation aux questions de l’environnement et des changements climatiques au profit de leurs camarades. Par ailleurs, une douzaine d’initiatives relatives à l’environnement et à l’écologie ont été soutenues par Maroc made in Terre, dont la participation en 2016 du Lycée technique Ibn Al Haitham au prix international Zaid Sustainable Prize. 
Ainsi, les projets doivent être élaborés, portés et mis en œuvre par les jeunes, et dont les actions doivent être efficaces, durables et innovantes et servir la communauté locale des porteurs du projet. A ce jour, trois projets ont été retenus. Un premier projet vise l’amélioration de l’environnement écologique au niveau du lycée Toundoute, le deuxième porte sur la rationalisation de la consommation de l’énergie et de l’eau, et le troisième projet ambitionne la mise en place d’un baromètre écologique pour mesurer les critères écologiques dans un quartier. Les lycéens porteurs de ces projets sont tenus de mettre en œuvre et faire le suivi et l’évaluation de leurs actions eux mêmes. Des animateurs affiliés à l’association font toutefois le suivi pas à pas dans l’évolution des projets. Confiante quant aux retombées de son projet, l’association Almaouja continue d’oeuvrer pour soutenir cette génération de médiateurs écologiques, avisée, consciente de l’importance de son environnement et engagée à agir pour son amélioration. Avec l’objectif de développer le FIJE, l’association ambitionne d’impliquer davantage de partenaires, étatiques et privés, afin d’élargir encore plus le champ d’action et soutenir le plus de projets possibles.

 

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