×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Tribune

    Les turbulences du monde en trois questions plus une

    Par Nezha LAHRICHI | Edition N°:4867 Le 30/09/2016 | Partager

    Nezha Lahrichi, ancienne conseillère de Abderrahmane Youssoufi et Driss Jettou, ancienne présidente de la Smaex et ex-présidente du Conseil national du commerce extérieur, est aujourd’hui professeur universitaire (Ph. Privée)  

    Les turbulences actuelles ont une dimension globale: climat, migration, terrorisme, criminalité… Elles forcent une coopération institutionnalisée avec redistribution mondiale des cartes. Parallèlement, la croissance mondiale est peu flamboyante et le commerce international se contracte, non pas en volume, mais en valeur signe de déflation. La politique de l’argent pas cher, des taux d’intérêts bas (négatifs) pour booster le crédit n’ont réanimé ni la croissance, ni l’inflation à court terme. Plus inquiétant, les banques centrales arrêteront un jour le déversement massif de liquidités: les marchés voient donc  une remontée des taux et même de krach obligataire!

    Pourquoi une stagnation séculaire?

    La crise remet en cause le modèle de croissance, le modèle de l’ordre spontané, où  la stagnation des revenus réels et les inégalités ont été camouflées par l’endettement. Il s’agit bien d’une faiblesse structurelle de la demande. Sauf que cet argument ne suffit pas à expliquer la violence de la crise. Cette violence vient des politiques d’austérité via la réduction des dépenses publiques.
    Les réponses à la crise sont paradoxales: interventionnisme de l’Etat pour sauver la finance  mais libéralisme  au niveau économique et social. Elles ont mis au jour les inégalités qui ont appelé des réactions  sociales et la montée des nationalismes populistes; le FMI lui-même remet en cause  la politique d’austérité dont  les coûts sociaux influent sur le niveau et la durabilité de la croissance.

    Pourquoi réduire les inégalités? Quelles inégalités réduire?

    pays_067.jpg

    Le logo de la rencontre du Cercle des économistes de cette année, à Aix-en-Provence. La réflexion du Pr. Lahrichi, ci-contre, fait partie de ce thème. Le 3 novembre prochain le Cercle organise à Marseille, avec la 10e édition de la semaine méditerranéenne,  une réflexion sur «Les effets du développement du numérique sur le marché du travail en Méditerranée»  (Illustration Cercle des économistes)

    Contrairement à ce qui se passe depuis un siècle, la question des inégalités est au cœur de l’analyse économique; il s’agit de propositions pour modifier la nature du système capitaliste et lutter contre les inégalités. On ne traite plus seulement de l’égalité des chances, mais aussi l’égalité des résultats. Cette approche donne une vision dynamique en répondant à l’inégalité de génération à génération. Le premier élément de réponse concerne la fiscalité, outil incontournable mais qui soulève une nouvelle question, fondamentale: Comment concilier l’attractivité fiscale d’un pays et la redistribution via l’impôt?

    Quels sont les vrais outils de redistribution?

    Outre la fiscalité citée ci-dessus, d’autres formes de redistribution peuvent être mobilisées: la réduction des écarts de patrimoine et pas seulement de revenus (par exemple, une dotation en capital au moment de la majorité).
    Cependant, la clé  fondamentale de redistribution reste l’accès de tous à une éducation de qualité dans le cadre d’un aménagement du territoire pour optimiser l’égalité. Les inégalités d’éducation constituent une perte du capital humain défavorable à la croissance économique… Ces propositions et bien d’autres ne sont pas une posture intellectuelle: le programme de Theresa May en Grande-Bretagne  traduit la prise en considération des raisons de ceux qui ont voté le Brexit. Ces nouvelles politiques sociales sont certes plus faciles à mettre en œuvre en période de croissance. Mais il faut s’y mettre sans attendre un retour à meilleure fortune.

    La révolution numérique est d’abord un état d’esprit

    La révolution numérique est caractérisée par le retour de l’entrepreneur et son rôle de catalyseur de cette révolution et par l’émergence de villes stratèges, intelligentes qui illustrent ce qui peut être fait pour être attractif sans qu’il y ait un modèle global pour toutes les villes(1).  Le succès du digital suppose trois conditions:
    1- un accès au financement facilité par le capital-risque et la finance participative…
    2- un système éducatif de grande qualité qui s’inscrit dans la société de la connaissance et forme des talents capables de se réinventer constamment.
    3- des zones d’innovations type «clusters» mais avec une taille critique.
    La stratégie Maroc Numeric  n’a pas atteint ses objectifs alors qu’il y a un intérêt fort des Marocains pour l’information et la communication. Il a fallu attendre juillet 2016 pour avoir un nouveau plan d’action Maroc-digital 2020, prévoyant une Agence ad hoc. Doit-elle définir une vision et des objectifs déclinables en axes d’interventions prioritaires?
    La révolution numérique n’est pas de la technologie, mais un état d’esprit, un schéma de pensée et d’organisation qui imprime déjà les nouvelles générations. Qui s’en occupe?

    --------------------------------

    (1) Voir rubrique Interventions du blog www.nezhalahrichi.com, thème: politiques économiques, vidéo: quels pôles d’excellence pour Casablanca? Ainsi que le thème Internet et le numérique : la formation à l’ère du numérique

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc