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L'Edito

Unimer: Le boum

Par L'Economiste| Edition N°:982 Le 23/03/2001 | Partager

La souscription Unimer a dépassé toutes les espérances de l'entreprise et de son réseau de placement. Elle a aussi dépassé les rêves les plus fous des tenants de la reprise de la bourse: les épargnants, petits et grands, et les institutionnels sont toujours aussi assoiffés de titres et ont l'argent et surtout la confiance pour acheter massivement. C'est le premier message politique de cette opération.Il y en a un deuxième: si l'esprit de dénigrement n'a pas manqué de frapper encore une fois, le succès des souscriptions montre que les épargnants s'en moquent bien. Ils ont «regardé midi à leur porte», comme dit l'adage. Ils n'ont pas accordé crédit aux bêtises (il n'y a pas d'autre mot qui convienne) écrites çà et là pour faire capoter l'opération.Et il y a un troisième message, peut-être plus important que les deux autres encore. En effet, le réseau de placement était réduit en nombre d'opérateurs (CFG, la Société Générale et la BMCE). Cela paraissait peu face au test que représentait forcément l'opération après deux ans de morosité. Les observateurs retenaient donc leur souffle en se demandant si ce réseau allait suffire pour mobiliser les épargnants. Il a plus que suffi. Mieux, le vendredi soir, une heure avant la clôture, il y avait encore la queue chez Dar Tawfir, la nouvelle maison de l'épargne qui venait pourtant juste d'ouvrir. En ouvrant cette maison, CFG, qui a l'image d'un financier pour les élites, avait fait le pari de s'adresser directement aux particuliers, habitués à aller vers leur banque. Dar Tawfir montre que les épargnants, petits et moyens, savent parfaitement se servir des compétences qui paraissaient réservées à plus riches qu'eux. Encore fallait-il les leur proposer.Dar Tawfir porte quelque chose de très fort pour l'avenir du Maroc: la montée en puissance des couches moyennes, qui servent de base à la croissance économique, au progrès social et aussi à... la démocratie.Nadia SALAH

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