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    L'Edito

    Le vrai Doing Business

    Par Abashi SHAMAMBA| Edition N°:5503 Le 25/04/2019 | Partager
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    La perception est la moitié de la vérité, mais le vécu est bien plus qu’une part de la vérité. Pour les chefs d’entreprise et les investisseurs, le quotidien avec les administrations, les va-et-vient incessants pour solliciter les autorisations, les ravages de la concurrence du secteur informel… constituent le seul Doing Business qui vaille. Loin, très loin devant le rating du climat des affaires que publie la Banque mondiale chaque année à l’automne. Lorsque le gouvernement se félicite par exemple de «l’impact de la réforme du dispositif du livre V du code de commerce sur le Doing Business du Royaume», les banquiers lui répondent en écho qu’il faut placer les tribunaux de commerce en redressement judiciaire. Ils l’ont encore répété à la dernière réunion avec la CGEM et Bank Al-Maghrib. Car le recouvrement des créances par le canal de la justice commerciale est un véritable chemin de croix. Il faut non seulement être patient mais savoir parfois activer ses propres relations informelles pour «accélérer le dossier». Résultat, les banques répercutent naturellement ce risque additionnel dans le loyer de l’argent. Et ce sont surtout les PME et les TPE qui en pâtissent le plus. Le promoteur d’une crèche, d’une école privée ou d’un restaurant, crée juridiquement sa société en un clic. 48 heures, tout au plus. La création d’entreprises n’est pas du tout un problème. Ce qui l’est en revanche c’est le début effectif d’activité suspendu à une batterie d’autorisations et d’inspections (souvent de forme). Sur ce plan, on n’est pas bon du tout. La tonalité du Livre blanc que la fédération de la distribution vient d’adresser aux pouvoirs publics (voir notre article en page 6) est à sa manière un condensé de tous les petits tracas du quotidien qui empoisonnent la vie des entreprises qui ont fait le choix d’exercer dans le secteur formel. Le harcèlement des entreprises qui essaient de respecter les lois et réglementations contraste avec la mansuétude dont bénéficie le secteur informel. Il est temps d’en finir avec ce paradoxe.

     

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