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    L'éditorial

    Par L'Economiste| Edition N°:96 Le 23/09/1993 | Partager

    Avec la préparation de la Loi de Finances, avec la prochaine reprise du programme de relance demandé par SM le Roi en juin dernier, et le dernier rapport de la Banque Mondiale sur le développement industriel, les questions de financement des entreprises sont à nouveau à l'ordre du jour.

    La mesure de baisse du taux d'intérêt débiteur, décidée par les autorités monétaires, en juin dernier, a eu un impact psychologique, mais, comme nous l'avions redouté dans ces colonnes, l'effet sur la structure de financement des entreprises est un effet pervers, tant du point de vue de la croissance économique que d'un point de vue plus politique, sur l'harmonie sociale.

    Un raisonnement simpliste, encore beaucoup trop répandu, se félicite d'un taux d'intérêt plafond et appelle à la baisse comme à l'application uniforme à tous de ce taux. En un mot, la tentation de retourner à l'encadrement demeure particulièrement forte.

    C'est une grave erreur.

    En effet, l'uniformité du taux d'intérêt a un résultat: concentrer les moyens de financement sur un petit nombre de bénéficiaires, lesquels se surendettent et se fragilisent, tout en renforçant les tendances oligopolistiques existant déjà de notre tissu économique. Le dernier rapport de la Banque Mondiale devrait intéresser au plus haut point les hommes politiques, les anciens comme les nouveaux: il souligne les entraves à la croissance industrielle que comporte le système de concentration.

    Une réelle politique libérale développe l'initiative et élargit la chance que chacun doit avoir de réussir ce qu'il entreprend. Entreprendre ne peut évidemment pas se satisfaire d'une option qui renforce les inégalités sous couvert de les réduire.

    Abdelmounaïm DILAMI

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