×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Tarik Moullahid: De Cergy-Pontoise à la wilaya de Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:1301 Le 28/06/2002 | Partager

. Il est, depuis quatre mois, le conseiller du wali auprès de la jeunesse et des quartiers populaires. Pour ce beur, c'est une lourde tâche qui l'attend face à la réticence et aux préjugésBanlieusard, beur, immigré ou MRE... «Tous ces qualificatifs ne sont pas offensants«, avance Tarik Moullahid, nommé récemment chargé de mission auprès du wali du Grand Casablanca. Pour ceux qui disent que l'immigré «est quelqu'un qui est assis entre deux fauteuils«, il rétorque: «C'est plutôt une double culture et une richesse d'esprit«. A 25 ans, ce responsable associatif de Cergy-Pontoise (15 km de Paris) a développé plusieurs actions. A son actif, l'animation télé et radio. Il a même décroché un rôle pour un film «Colomboom« (voir encadré). Actuellement, il rejoint son pays d'origine, le Maroc, où il est conseiller du wali du Grand Casablanca auprès de la jeunesse des quartiers populaires. Sa nouvelle mission consiste à révéler de jeunes talents et les aider à émerger. Il a déjà entamé des actions en faveur de la jeunesse. Il s'agit, selon lui, de développer et généraliser des actions de proximité, assurer une présence et une écoute active dans les quartiers. Faire de l'animation et aider à la création et développement d'associations, recueillir les besoins... est une lourde tâche qui l'attend. Sa décision de s'installer au Maroc n'a pas été, selon lui, aisée. «C'est difficile de rompre avec son quotidien, son entourage, ses amis et tout recommencer à zéro«. Mais, estime-t-il, c'est aussi un challenge qu'il veut relever.Né en 1976 à Monte-La-Jolie (banlieue parisienne), Moullahid a grandi à Cergy. Deux cités parisiennes à forte agglomération maghrébine et africaine et à dominance marocaine. C'est de là qu'il a développé sa fibre pour le milieu associatif et le social. Son père s'est installé en France vers la fin des années 60 en tant qu'ouvrier spécialisé chez Renault. Comme lui, sa soeur et son frère ont aussi investi le milieu associatif.Il qualifie son parcours d'assez atypique. «En France, les étrangers, particulièrement les Maghrébins, sont victimes du système scolaire. Et par conséquent, ils sont automatiquement pour une grande majorité orientés vers la formation professionnelle et technique«.Au brevet, se rappelle-t-il, son professeur principal lui dit: «Je te vois bien travailler en bleu dans la mécanique ou la métallurgie«. «Je lui ai répondu, pourquoi je ne peux pas travailler en chemise blanche derrière un bureau comme vous?« Mais il ne pourra pas poursuivre des études dans l'enseignement général et décrochera son bac professionnel. A partir de là, il entame une formation d'aide éducateur. En parallèle, il assure l'animation de centres de loisirs et démarre à l'âge de 17 ans dans le milieu associatif.«En 1996, les jeunes de mon quartier et moi-même avons créé l'association «Nouvel Espoir« à Cergy. A ce moment-là, le quartier avait une connotation péjorative et une image à redresser. On appelait notre quartier «la Colombie« et ce, de par son passé sulfureux et ses histoires de stupéfiants«, raconte Tarik Moullahid.Suite au lancement du film «Colomboom« narrant l'histoire de son quartier, il est repéré par un réalisateur qui le recrute pour animer une émission de 26 minutes tous les samedis sur France3.Le concept consistait à faire des reportages sur les quartiers et faire parler des personnes actives. En parallèle, il anime des émissions pour une radio locale où il privilégie le direct et anime, chaque jeudi, une heure d'écoute et de débat pour donner la parole aux jeunes talents.C'est tout cet arsenal d'actions de proximité à destination de la jeunesse qu'il veut mettre à profit dans les quartiers populaires à Casablanca. «Mon but est de partager des connaissances, tisser des liens, donner la foi et permettre aux jeunes de positiver«. Son contact avec le public marocain commence à travers l'émission «Mon quartier« sur Canal Atlas, la chaîne de Khalid El Quandili destinée aux Marocains dans le monde.. Le déclicAu fur et à mesure de la notoriété de cette chaîne, il a été repéré en tant que jeune actif parmi d'autres qui représentent le Maroc. «Nous avons été conviés à la première Fête du Trône de SM le Roi Mohammed VI en 2000. Ce qui m'a le plus touché c'est que le Souverain a vu le film «Colomboom« et m'a dit qu'Il l'avait apprécié. Ce qui m'a beaucoup motivé et montré que le Roi nous suit de près. Cela a été une sorte de déclic«, avance Moullahid.Pour ses actions auprès des jeunes à Casablanca, il ne prétend pas être leur porte-parole. Il ne cache pas qu'il rencontre des difficultés, notamment de communication, surtout qu'il est issu de l'immigration et que les jeunes vivant au Maroc «ont tendance à assimiler les MRE à des flambeurs d'argent et des frimeurs qui portent des Lacoste et roulent dans des cabriolets«.Il lui a fallu lutter contre cette image qui persiste encore et leur expliquer que beaucoup de jeunes Marocains résidant en France ont développé des carrières dans le milieu associatif et suivi des études d'éducateur spécialisé. «Ils peuvent ainsi apporter beaucoup à leur pays d'origine«.Outre la communication, il s'est heurté à d'autres contraintes.«Avec le contexte électoral, certains jeunes montrent de la réticence envers toute action; ils sont même suspicieux et ont tendance à associer les opérations associatives à la politique«. Tarik a dû les convaincre qu'il ne relève d'aucun parti politique et n'a aucune appartenance idéologique, syndicale ou autres. Mais il ne désespère pas, surtout que de plus en plus de jeunes commencent à adopter le projet et deviennent par la suite très coopératifs. «Souvent, bien que démunis, ils aiment faire du bénévolat et sont même prêts à dépenser leur argent lorsqu'ils en ont. Une réelle solidarité les unit, c'est ce qu'il y a de positif dans le milieu associatif«. Autres difficultés rencontrées, le résistance des jeunes à vouloir sortir de leurs quartiers. Un jeune de Hay Mohammadi lui dit un jour: «Moi, les communes, les préfectures et wilaya, je ne les ai jamais connues et je n'y mettrais jamais les pieds«. C'est dire le gros travail de réconciliation entre les autorités et les jeunes. «Je n'ai jamais entendu parler de réunions plénières entre élus, jeunes, habitants pour s'enquérir des besoins de la population, comme cela se fait ailleurs«, avance le conseiller du wali. Selon lui, l'une des priorités est de respecter cette population. «Le respect commence par un cadre de vie décent. Le fait de vivre dans des quartiers sales renforce leur sentiment d'exclusion«.Après quatre mois de travail sur le terrain, ce jeune conseiller a rencontré beaucoup de talents. A titre d'exemple, il cite HM Style, un groupe de break-dancers qui n'a rien à envier aux groupes du genre en France. «Tout ce qu'ils savent faire, ils l'ont appris et développé dans la rue«.


Colomboom

Le film «Colomboom« est l'une des premières actions de l'association «Nouvel Espoir«, dont Tarik Moullahid est président. Ce film a été tourné, indique-t-il, pour redresser l'image du quartier connu pour ses histoires de stupéfiants. Le projet a coûté à l'association quelque 24.000 francs. La Mairie et la DAS (Direction des Affaires Sociales) ont cofinancé le tournage. D'autres personnes et le réalisateur ont assuré bénévolement le volet technique. Tous les jeunes ont participé à la réalisation, l'écriture du scénario, le montage final du film... «Ce film a permis de légitimer nos actions et nous donner plus de crédibilité auprès des jeunes«.Amin RBOUB

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc