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ONDA: Les premiers jours d’une dérive

Par L'Economiste | Edition N°:3250 Le 08/04/2010 | Partager

. Des procédures avaient bien été entamées à l’issue d’inspections et d’audit. Des fournisseurs s’étaient plaints de demandes de commission…. La Justice saisie mais sans suite?L’ONDA, épinglé par le dernier rapport de la Cour des comptes, reste bien sûr l’un des dossiers chauds à défrayer la chronique en ce moment. Au titre de président du Conseil d’administration de cet Office mais aussi en tant que tutelle, Karim Ghellab assure avoir respecté son cahier des charges et explique les prérogatives des différents intervenants. Le ministre s’exprime également sur les autres chantiers stratégiques pour son secteur. - L’Economiste: Votre département est indirectement interpellé par le dernier rapport de la Cour des comptes. Vous attendiez-vous à des conclusions aussi accablantes dans le cas de l’ONDA?- Karim Ghellab: Je commencerai par préciser que le travail que conduit la Cour des comptes est utile dans sa globalité. Utile, eu égard aux impératifs d’amélioration de la gouvernance et ce regard extérieur qui permet de relever des erreurs de gestion lorsqu’il y en a et éventuellement engager des poursuites lorsque les faits sont graves. Maintenant, il y a la perception qui donne l’impression, parfois, que l’ensemble des offices, des administrations est mal géré. Encore une fois, il s’agit de perception. La Cour des comptes est exempte de toute responsabilité à ce niveau. Les médias sont dans leur rôle aussi, sans nécessairement vouloir grossir les choses. Ce résultat laisse néanmoins une certaine amertume et donne l’impression que le service public fonctionne mal et qu’il y a des truands partout. C’est cette image à mon sens qu’il faut corriger. Il y a des centaines de cadres compétents et intègres. Dans notre ministère et dans d’autres aussi. Ce sont ces ressources sur lesquelles nous comptons pour mener à bien les réalisations, et dans le cas de l’Equipement, de construire des ponts, réaliser des autoroutes, des infrastructures. Il est de mon devoir de remonter le moral à toutes ces troupes, pour leur dire que le Maroc compte sur eux. Pour en revenir à l’ONDA, la Cour des comptes a fait son travail et nous prenons acte de ses conclusions.- L’opinion à l’impression qu’il n'y avait pratiquement pas de contrôle dans cet Office. Comment le Conseil d’administration que vous présidez n’a rien pu déceler?- Cet office fait l’objet de ma part de plusieurs mesures de recadrage à l’issue d’insuffisances que nous avons relevées. Maintenant il ne faut pas confondre le rôle du CA et de son président et celui de l’Office dans sa gestion quotidienne et opérationnelle. Il est important de préciser que dans ses attributions, le Conseil d’administration, qui se réunit une à deux fois par an, statue sur le budget de fonctionnement et d’investissement, approuve la situation et les résultats de l’année, arrête les comptes sur la base du rapport présenté par la direction générale et sur la base du rapport du commissaire au compte. Le CA se prononce également sur la politique tarifaire des redevances aéroportuaires, approuve la stratégie de l’Office et nomme les commandants d’aéroports. Mais en aucun cas le CA n’est le gestionnaire au quotidien ou l’ordonnateur des dépenses. Autrement dit, le ministre de l’Equipement, et président du CA de l’ONDA, ne signe aucun marché, aucune commande, aucun recrutement non plus. Ces attributions relèvent directement de la gestion quotidienne, comme le sont d’ailleurs les dépenses, les achats, supervisés par la direction générale avec ses équipes, qui le font sous le contrôle des Finances. Car n’oublions pas aussi qu’il y a un contrôleur financier qui, lui par contre, est dans l’exécution quotidienne. Le citoyen doit donc bien comprendre que la gouvernance et le contrôle s’effectuent sur plusieurs niveaux. Je ne suis pas en train d’affirmer que le Conseil n’a aucune responsabilité dans la gestion de l’Office. Il a au contraire un rôle important dans la conduite stratégique de l’Office et de ses équilibres. A ce titre, et lorsque nous constations des insuffisances, nous faisions preuve de rigueur et d’une grande sévérité dans la gestion de ce conseil-là. - Quelle était la nature de ces insuffisances?- Par exemple une stratégie insuffisamment réfléchie, des investissements pas assez analysés ou argumentés des nominations non transparentes, des projets immobiliers conduits avec insuffisamment de procédures, une politique de commercialisation des espaces dans les aéroports pas assez clarifiés, etc.- Vous aviez donc déjà anticipé ce qui est aujourd’hui officialisé par la Cour des comptes?- Non, pas en totalité. Les histoires de marchés d’uniformes, ou encore de cadeaux, de cigares…, je les ai découvertes comme vous dans le rapport de la Cour des comptes. En revanche, sur d’autres aspects nous avons été tenus régulièrement informés.- Cela ne justifiait-il pas un changement de gouvernance, une procédure judiciaire?- La marge de manoeuvre est ce qu’elle est. Tant qu’il n'y avait pas une situation avérée d’infraction, c’est-à-dire avec des éléments tangibles, nous ne pouvions rien faire. Ce qui peut justifier de remplacer un DG, c’est l’existence d’une faute grave. - Et vous pensez qu’il n'y en a pas eu?- Lorsqu’il y a eu des soupçons, j’ai dû prendre d’autres dispositions. Sur deux affaires par exemple, j’ai dû prendre des actions plus lourdes. La première fois, j’ai reçu une plainte écrite et signée d’une entreprise qui déclarait avoir subi de la part d’une personne (ndlr: selon nos informations, un fonctionnaire proche de l’ancien DG, Abdelhanine Benallou) qu’elle désignait nominativement, une demande de commission. En 2006, j’ai immédiatement saisi le parquet en demandant qu’une enquête soit ouverte (ndlr: à l’époque le ministère de la Justice était dirigé par Mohamed Bouzoubaa auquel allait succéder un autre usfpéiste, Abdelouahed Radi). Parallèlement à cela, j’ai été saisi, en tant que tutelle, par la police judiciaire pour apporter des éclaircissements sur certains marchés de l’ONDA. J’ai alors diligenté des inspections très lourdes. Je souligne à cet égard que l’inspection a été déployée une ou deux fois seulement sous mon mandat pour une enquête sur un office. Dans le cas de l’ONDA, le rapport d’inspection a révélé plusieurs anomalies d’ordre procédural qu’on retrouve d’ailleurs dans le document de la Cour des comptes. J’ai saisi le DG pour les corriger et j’ai adressé ensuite le rapport aux services de la police. - Quelles suites ont été données à ces enquêtes?- Plusieurs personnes ont été interpellées, interrogées. C’est tout ce que je sais. A l’occasion de la nomination d’un nouveau directeur général, à travers Dalil Guendouz, je tiens néanmoins à préciser que j’ai saisi l’IGF pour que cet office soit instauré dès le départ sur des règles de bonne gestion. - Cette conjoncture ne remet-elle pas sur la table l’option d’un passage à la gestion déléguée des services aéroportuaires?- Tout ce que je peux vous dire c’est que la vocation de l’ONDA est celle d’être une entreprise de service et non pas de construction d’aéroports. Par exemple, pour améliorer les délais d’attente dans les aéroports, nous allons mettre en place des instruments de mesure. A terme, un délai devrait être contractualisé entre l’ONDA et les handlers qui peuvent être des émanations des compagnies aériennes, ou bien des opérateurs privés. C’est un changement profond qui est en train de se définir et de se mettre en place. - Sur le registre de l’aérien, est-ce que les idées se précisent pour le plan de sauvetage de la RAM?- La RAM n’est pas en sauvetage. Elle réfléchit aux meilleures conditions pour aborder une nouvelle étape de son développement, à la hauteur des potentialités du secteur aérien au Maroc. La RAM se doit d’être à la pointe du développement.- Oui, mais il y a tout de même une compagnie en difficulté qu’il va falloir recapitaliser. Est-ce que ce n’est pas un échec de l’open sky?- L’open sky a été un succès extraordinaire, permettant de développer l’industrie touristique de manière extrêmement importante. Le transport aérien au Maroc c’est aujourd’hui près de 1.133 de fréquences hebdomadaires contre à peine 560 il y a quatre ans. La capacité a donc pratiquement doublé et la moitié de croissance émane de capacités des low cost. L’autre moitié est attribuée à la réaction des compagnies aériennes régulières (RAM, Iberia, Air France...). En clair, toute la croissance aérienne est due à la stimulation de l’open sky. L’effet augmentation du nombre de touristes n’est pas que le résultat de l’open sky bien entendu, mais aussi l’amélioration du marketing, des budgets de promotion. L’effet capacité hôtelière y a contribué mais pas pour beaucoup si l’on excepte Marrakech. Ce dernier apport devrait néanmoins augmenter avec les nouvelles stations lancées ou en cours de lancement, Saïdia, Mazagan. Ce qui est sûr c’est que la croissance n’a pas été tirée par le plan Azur mais par vision 2010. Et même pour cette année, la situation du transport aérien n’est pas si mauvaise que cela. Nous affichons entre 1 et 2% de croissance alors que le secteur dans sa globalité est négatif. Il ne faut pas se faire d’illusion, l’aérien n’est pas un secteur où l’on gagne beaucoup d’argent. La RAM a été jusqu’à cette année en croissance. Et pourtant des crises il y en a eu par le passé: grippe aviaire, SRAS, attentats... La compagnie a par ailleurs bien développé l’Afrique, constitué un hub. Maintenant qu’elle est mise sous tension, l’Etat actionnaire doit prendre un certain nombre de mesures pour favoriser son développement. La réflexion se poursuit toujours à ce sujet entre notre département, le ministère des Finances, l’ONDA et la RAM pour identifier la meilleure option. - On vous reproche de trop vous focaliser ces derniers temps sur le Code de la route et de négliger la libéralisation d’autres secteurs du transport?- La libéralisation du transport est le sujet sur lequel nous travaillons de manière générale depuis plusieurs années et nous avons obtenu beaucoup de résultats. Qu’il s’agisse du transport de marchandise, du maritime, de la réforme portuaire ou encore de l’aérien. Votre journal a abondamment analysé la portée de ces réformes. A elle seule la libéralisation du transport de marchandises s’est traduite par la création de près de 20.000 entreprises. Un indicateur traduit ces améliorations, c’est l’indice de connectivité élaboré par la Cnuced: le Maroc, qui se situait au 77 rang en 2007, est passé au 23e en 2009. Il y a bien sûr l’effet TangerMed, mais les améliorations se font ressentir dans d’autres régions aussi. Par exemple, aujourd’hui, Agadir compte une douzaine de lignes maritimes. C’est le résultat de la libéralisation. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs vous n’entendez plus les camions d’agrumes se plaindre à Tanger: en réalité les chargements sont assurés directement par bateau à Agadir pour être acheminés en Europe et bientôt en Russie. - Comment réformer le transport public de voyageur avec un système d’agréments préhistorique? - La réflexion est sur le point d’être achevée et doit aboutir à un texte qui doit être soumis au Parlement. Mais là aussi les délais sont normaux. N’oublions pas qu’il y a interférence avec le Code de la route. Cette trame était doublement incontournable. D’abord pour des impératifs nationaux de santé publique, avec les chiffres de l’hécatombe des routes que l’on connaît. Ensuite, sur le plan sectoriel, le code était prioritaire car il assure une infrastructure juridique pour l’ensemble des secteurs. - Il y a cette double tutelle, ministère de l’Equipement pour les autocars, ministère de l’Intérieur pour les taxis. N’est-il pas préférable que vous récupériez l’ensemble du dossier dans l’intérêt de la réforme?- Tant que je n’ai pas libéralisé le transport par autocar, je ne vois pas comment je vais expliquer à mon collègue du ministère de l’Intérieur l’intérêt d’une telle démarche. Ceci dit, je ne peux parler que de mes attributions. Le secteur sur lequel nous travaillons en ce moment c’est le transport par autocar, dossier qui lui-même s’articule avec un autre chantier prioritaire, le Code de la route qui doit entrer en vigueur le 1er octobre. - Justement, pour le Code de la route, chantier transversal par excellence, quel est le degré de préparation des autres départements?- Tout le monde est mobilisé. Il y a un travail qui se fait de concert avec les différents départements. Il est important que nos concitoyens soient informés sur l’ensemble des dispositions du code comme il est important que les décrets d’application soient prêts, publiés, diffusés. - Le contrat-programme logistique, quel agenda?- Nous sommes en train d’apporter les dernières retouches. Là aussi nous veillons à la mobilisation des acteurs concernés qu’ils soient publics ou privés. Il est primordial de s’assurer de leur adhésion au dispositif mis en place. Je ne peux m’engager sur une date car vous comprendrez que ce contrat-programme n’est pas tributaire exclusivement du département du Transport.Propos recueillis par Mohamed BENABID

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