×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

L'expérience et le défi écologique

Par L'Economiste | Edition N°:302 Le 30/10/1997 | Partager

Près de 40.000 normes industrielles, 7.500 lois environnementales, 4.888 réserves naturelles, 6.200 sites protégés,... Depuis plusieurs années, l'Allemagne est allée en guerre contre l'infarctus écologique.


"J'ai passé mon week-end à séparer tous mes déchets et à les placer dans les différentes poubelles. Cela peut paraître astreignant, mais nécessaire pour la survie de notre environnement", raconte un citoyen allemand.
Au Ministère fédéral de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Forêts, un des responsables me remet un sachet pour mes documents. Renseignements pris: c'est un sachet fabriqué à base de fécule de pommes de terre.
Partout dans le pays, trier ses déchets, jeter ses détritus dans la poubelle appropriée, recycler ce qui peut l'être sont devenus des actes aussi normaux que manger et dormir. Même dans les chambres d'hôtels, un simple "help our environnement" incite les anti-écologistes les plus endurcis à plus de prudence.

Si, pour beaucoup, la montée du mouvement des Verts est considérée comme une "véritable révolution culturelle", les experts estiment qu'il ne faut pas "voir l'Allemagne comme un paradis écologique. Il faut d'abord avoir une vision ambivalente", selon l'expression du Dr Marcel Seyppel du Ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la Nature et de la Sûreté nucléaire. Selon lui, le consensus est là. De plus, il ne suffit pas de disposer de normes, mais il faut savoir bien les appliquer et aller au-delà. "Pour cela, notre stratégie actuelle est avant tout basée sur une politique environnementale de l'éthique". Si l'Allemagne a fait de la protection de son environnement une priorité nationale, "c'est parce que nous avions une production de déchets phénoménale, il fallait donc trouver une solution".
En Allemagne, près de 700.000 personnes travaillent directement ou indirectement dans le domaine de la protection de l'environ-nement. On estime que ce chiffre atteindra au total 1,12 million en l'an 2000. Le marché des techniques de l'environnement est évalué à 40 milliards de Marks et son taux de croissance annuel est compris entre 6 et 8%. La politique environnementale allemande se base sur trois principes: la prévention, le "pollueur-payeur" et la coopération. Protéger systématiquement l'air, l'eau et le sol est, à long terme, la condition sine qua non à un développement économique sain.

Rupture de confiance


Aujourd'hui, un grand débat divise l'Allemagne: le projet des impôts écologiques, initié par l'opposition et le mouvement des Verts. Au niveau de la Fédération des Industries Allemandes, "c'est une rupture de confiance que d'introduire ces impôts". Selon la Fédération, les industries, notamment automobiles, se sont engagées à réduire de 20% les émissions de CO2 d'ici 2005. "Ces industries ont pris l'engagement, et au lieu de les alléger ces impôts ne feront que les alourdir. Cette décision volontaire de réduire la consommation d'énergie fixe un but mais laisse les moyens libres, alors que le projet des taxes fixe les buts et les moyens", s'indigne la Fédération. Les débats sur ce projet continuent, mais dans un cadre moins officiel et moins spectaculaire que l'an passé.

A l'instar de tous les autres pays industrialisés, le problème écologique le plus pressant en Allemagne est la lutte contre la pollution atmosphérique. La principale source est le gaz carbonique (CO2), responsable mondialement de 50% de l'effet de serre supplémentaire. Ces émis-sions continuent d'augmenter en permanence dans le monde. Dès 1990, le gouvernement fédéral a adopté un programme national de réduction du CO2 pour la protection du climat. Son objectif est de réduire de 25 à 30% d'ici l'an 2000 ces émissions en prenant 1987 comme année de référence. Avec ses quelque 900 millions de tonnes d'émissions de CO2, l'Allemagne contribue à raison de 4% environ à l'échelle mondiale. De 1987 à 1993, les émissions de CO2 ont baissé de près de 15% en Allemagne.
Aujourd'hui, les Etats se donnent rendez-vous à Kyoto au Japon en décembre prochain. Cependant, à quelques semaines de cette conférence sur les climats, le fossé s'élargit entre l'Europe et les Etats-Unis, dont les propo-sitions de réduction et d'émissions de gaz à effet de serre sont quali-fiées de décevantes et d'insuffisantes.


L'héritage écologique de l'ex-RDA



Le Mur est tombé et les dégâts ont surgi. Pour beaucoup d'experts, 40 ans d'économie planifiée a entraîné de graves dommages écologiques, notamment dans les régions à forte concentration industrielle et démographique et dans les régions minières du Sud de l'ex-RDA. Cette économie avait abusé de trois éléments: eau, sol et air. Dès la réunification, des mesures d'urgence ont été prises.
Si des usines et des entreprises purent être reconverties, d'autres ont tout simplement été fermées.
"Si ces fermetures représentent une catastrophe pour l'économie, elles sont une chance pour l'écologie. Mais la situation est telle qu'il nous faudra au moins une dizaine d'années et des sommes énormes pour rétablir l'équilibre", souligne le Dr Frank Beck du Ministère de l'Environnement, de la Protection de la Nature du Land de Brandebourg.

Cependant, ajoute-t-il, l'ex-RDA n'a pas uniquement laissé un héritage écologique catastrophique, elle a aussi laissé dans certaines régions une nature et des forêts intactes. Dans la région de Brandebourg, près du tiers de la superficie se caractérise par une nature préservée.
En 1991/92 des subventions d'un montant d'environ 1,2 milliard de DM ont été allouées à des mesures immédiates de protection de l'environnement. 1.810 projets au total ont été subventionnés. L'objectif était notamment l'amélioration de l'approvision-nement et de la qualité de l'eau potable, la préservation de la salubrité de l'air, la protection des décharges.
De son côté, le programme de promotion de l'emploi à l'Est, adopté en 1993 pour une période de 5 ans, contribuera lui aussi à créer des emplois qualifiés dans le domaine de l'environnement. D'ailleurs, selon les estimations des experts, d'ici l'an 2000 seront créés dans les nouveaux Länder près de 340.000 emplois dans le domaine de l'environnement. Un Centre International de transfert des techniques de l'environnement a été créé à Leipzig en 1996 pour conseiller en particulier les PME dans ce domaine. La Fondation nationale pour l'environnement, créée en 1989 avec des fonds publics à hauteur de 2,5 milliards de Marks, constitue un appui essentiel pour ce Centre de transfert. Jusqu'en 1996, elle a encouragé, en allouant plus de 600 millions de Marks, des projets dans les nouveaux Lander.

Meriem OUDGHIRI

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc