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Les milliards du reeginering de l'Est

Par L'Economiste | Edition N°:302 Le 30/10/1997 | Partager

A la mise à niveau psychologique des nouveaux Länder s'est ajoutée la mise à niveau économique. La privatisation s'est imposée pour le respect du droit à la propriété. En bout de course, 14.500 entreprises ont été privatisées.


En quatre ans et demi, la République Fédérale d'Allemagne a réussi un bon petit coup de force: la reconversion de toute une économie nationale, celle de l'ex-RDA. Fin 1994, la Treuhandanstald (l'agence de la privatisation allemande) a achevé sa mission. Résultat: plus de 14.500 entreprises privatisées et près de 40.000 contrats individuels signés.
Lors de sa création en 1990, la Treuhandanstalt a repris plus de 8.000 combinats et entreprises nationales, soit un total de près de 45.000 entreprises et quelque 4 millions d'employés. L'héritage de l'économie socialiste a laissé des entreprises non compétitives et des machines obsolètes, une consom-mation d'énergie deux fois plus élevée qu'en Allemagne de l'Ouest, une productivité du travail inférieure à près de 30% du niveau ouest-allemand. De plus, d'un coup, les entreprises de la RDA ont perdu leur marché national et celui d'exportation à l'Est. L'ef-fondrement de l'économie planifiée a ainsi entraîné la disparition de plusieurs milliers d'emplois, le transfert d'un grand nombre de sièges d'entreprises dans d'autres villes de l'Ouest.

Montagne de dettes


Le bilan de la mission de la Treuhand fait apparaître quelque 65 milliards de recettes de privatisation, environ 1,5 million de promesses d'emploi et 207 milliards de DM de promesses d'investissement. A la fin de la restructuration et de la vente, il a toutefois fallu faire face à une montagne de dettes de près de 270 milliards de DM qui ont été portées au Fonds de remboursement des hypothèques anciennes et devront être remboursées au cours d'une génération conjointement avec les dettes de l'Etat est-allemand ainsi qu'une partie des dettes de la construction de logements en RDA. Les dépenses de l'Etat fédéral au titre de ce Fonds de remboursement des hypothèques anciennes, d'un volume total d'environ 370 milliards de DM, s'élèvent à 26 milliards de DM en 1995. Le 1er janvier 1995, la soixantaine d'entreprises encore en possession de la Treuhand ont été transférées dans l'Office fédéral créé à cette fin pour les tâches exceptionnelles dues à l'unification ainsi que dans quatre autres sociétés. Comme la Treuhand auparavant, ces organismes sont placés sous la tutelle du Ministère fédéral des Finances(1).

La restructuration de l'écono-mie est-allemande commence aujourd'hui à porter ses fruits. En 1991, première année de l'unifica-tion, la production par habitant dans les Länder de l'Est était encore inférieure de plus de deux tiers de la valeur de référence dans les régions de l'Ouest. Selon les données de l'Office Fédéral de la Statistique, l'industrie est-allemande connaît une croissance à deux chiffres. De janvier à juillet 1994, la production a augmenté de 22% en moyenne par rapport à la même période de l'année précédente. Le secteur des machines de bureau et de l'informatique a connu une véritable flambée avec une augmentation de la production de 150%. La construction automobile (plus de 43%), l'industrie du verre (plus de 35%), le papier et le carton ainsi que la mécanique de précision (respectivement plus de 31%) affichent également des taux de croissance importants.
Pour autant tout n'est pas rose. L'économie est-allemande continue à subir les contrecoups de la crise économique et des taux de chômage en hausse. A Berlin, par exemple, ce taux est de 17%. D'ailleurs, longtemps choyée par les subventions, la ville de Berlin devra être contrainte de changer. "Espérons que le déménagement de la capitale, mais aussi la gestion de la politique de Berlin et l'Administration apportent un nouveau souffle à la ville", souligne Mme Eli Hamacher, chargée des pages économiques du quotidien Berliner Morgenpost. Selon le rapport 1996 de l'économie pour le Land de Brandebourg (un des cinq nouveaux Länder), le taux de croissance était de 3,1%. Le nombre de chômeurs enregistrés en 1996 était de 187.000 personnes sur une population de 2 millions d'habitants, soit un taux de chômage de 16,2% contre 14,2% en 1995.

Meriem OUDGHIRI

(1) Source: "Allemagne-Faits et réalités" 1995.

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