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Economie

Les coopératives céréalières épinglées par l'IGF

Par L'Economiste | Edition N°:1836 Le 19/08/2004 | Partager

. Surfacturation, complicités à l'étranger…. Les anomalies auraient été communiquées depuis mars 2003 à Mhamed Lkhalifa alors ministre des Affaires sociales. Ce dernier aurait étouffé l'affaireC'est véritablement un rapport explosif que l'IGF a produit au sujet de la gestion de l'Union nationale des coopératives agricoles marocaines (UNCAM-céréales). Le document que L'Economiste a pu se procurer, a été finalisé depuis plus d'une année mais n'a jamais été rendu public. La seule question qui se pose actuellement, c'est pourquoi il n'y a pas eu de réactivité de la part du gouvernement? Chiffres à l'appui, l'IGF a relevé de nombreux dysfonctionnements et anomalies qui mettent à nu la gabegie qui règne dans le secteur des coopératives céréalières. Les enquêteurs ont passé au peigne fin les comptes de l'Uncam. Les conclusions sont sans appel: “La gestion souffre de plusieurs insuffisances et dysfonctionnements. Ces défaillances ont été rendues possibles par le manquement des instances de gestion aux responsabilités qui leur sont assignées”. En 2002 déjà, l'Uncam s'était distinguée par la mauvaise gestion. Une enquête menée par une commission interministérielle (Agriculture, Finances, Intérieur et Economie sociale) avait déjà constaté l'ampleur de la pagaille que l'IGF confirme dans son dernier rapport. Les conclusions de cette commission avaient poussé Ahmed Lahlimi, alors ministre de l'Economie sociale et Ismaïl Alaoui en charge de l'Agriculture, à demander à l'Inspection générale des Finances d'auditer les comptes. Celle-ci a remis un rapport en mars 2003. Le successeur de Lahlimi à l'Economie sociale, Mhamed Lkhalifa, n'y a visiblement pas donné suite. Les accointances politiques auraient, elles, primé sur la volonté d'assainir un secteur ravagé par une opacité qui n'a pas encore révélé toute son ampleur. Aujourd'hui, c'est Adil Douiri, ministre du Tourisme, qui a hérité de l'Economie sociale. Que fera-t-il de ces groupements où la gabegie est érigée en système?L'Economiste a essayé de contacter Moulay Zeghloul Assaydi, président de l'Uncam, mais ce dernier était resté injoignable.Les montants brassés par ce groupement de 11 coopératives sont énormes. Rien que pour la campagne 2000-2001, le chiffre d'affaires avait atteint 2 milliards de DH. Aujourd'hui, la situation est critique alors qu'à l'arrivée de la nouvelle équipe présidée par Moulay Zaghloul, la trésorerie était excédentaire. D'ailleurs, dans les comptes, le jeu des provisions sert à solder le bilan pour le rendre bénéficiaire. Le rapport rappelle qu'en l'absence d'un objet crédible à la constitution de telles provisions, il est permis de conclure que l'exercice 2000-2001 a connu “le constat d'un produit artificiel de l'ordre de 71,7 millions de DH”.En tout cas, les inspecteurs des Finances ont comparé les prix du blé tendre et de l'orge importés et facturés à l'Uncam. Ils ont constaté des écarts importants entre les prix de l'Union et ceux pratiqués par les opérateurs privés et ce pour les campagnes 1999-2000, 2000-01, 2001-02. L'Union s'est démarquée considérablement des prix retenus par l'Onicl à l'occasion des appels d'offre et ceux de la concurrence. Le rapport démontre la surfacturation pratiquée. Rien que pour ces trois campagnes, les écarts entre les prix de l'Union et ceux retenus par l'Onicl, ont totalisé plus de 40 millions de DH (voir tableau). En annexe, le rapport fournit davantage de détails sur ces pratiques délictueuses.Les inspecteurs des Finances se sont également penchés sur l'importation de pulpe de betterave effectuée auprès de General Cooperative for déveloping the animal wealth products (GCDAWP), une société égyptienne intermédiaire qui achète et revend à l'Uncam la pulpe moyennant une substantielle commission. Là encore, des montants ont été engloutis sans explication. Les complicités à l'étranger sont énormes.En outre, le CA a décidé de verser à cette société 35.000 dollars au titre de dédommagement et régularisation sur les bénéfices de l'opération d'importation de 2002. Aucune explication n'a été fournie quant au bien-fondé de ce dédommagement.Au sujet de l'opportunité de l'importation dans le cadre libre, la direction commerciale de l'Uncam rappelle que les importations se font toujours sur la base des commandes de minoteries et des CAMs qui précisent les quantités à acquérir. Or, aucun document ne précise ces commandes. L'Uncam essaie d'écouler la marchandise auprès d'autres clients potentiels. Le fournisseur patenté de l'Union est Glencore international, qui bénéficie d'un traitement privilégié. Ce traitement semble être la seule clause du protocole d'accord qui prévoit notamment la création d'une commission mixte devant aboutir à l'élaboration de projets d'investissement. Le rapport de l'IGF qualifie les relations avec Glencore de “complaisantes et suspectes”. Il est arrivé que des CAMs contestent les prix d'achat à l'import de l'Union. Ainsi, le directeur de la CAM d'Essaouira avait demandé en 2002 la révision à la baisse des prix de vente de l'orge. Les prix étaient excessifs par rapport aux prix pratiqués par d'autres importateurs. Il avait également déploré la qualité médiocre de l'orge livrée.En outre, le prix des transactions conclues pour l'importation de blé en 2001 a dépassé celui arrêté par la Commission de jugement des offres composée du président, du directeur administratif et du directeur commercial ayant retenu Glencore. Le directeur commercial affirme que “la différence proviendrait du coût du fret puisque le prix négocié a été en FOB”. Les PV établis à cet effet ne précisent pas la nature du prix (fob ou C&F) et l'Union négocie toujours ses opérations d'importation en Coût & Fret.Mohamed CHAOUI


Ces généreuses coopératives!. L'Uncam se fait “assister” par une fiduciaire dont un des experts est proche du président . 48.000 DH pour un plan comptable alors que le document est disponible à l'Odeco pour 50 DH l'exemplaire!. Des jetons de présence à 4.000 DH par jourLe rapport de l'IGF révèle l'ampleur des dilapidations dans la gestion des fonds de l'Uncam. La gabegie y est érigée en système. Ainsi, les responsables de l'Union se sont avérés très généreux avec des représentants de l'Administration siégeant aux organes de gestion, en leur servant des sommes importantes au titre de frais de déplacement. Ceux-ci sont censés percevoir ces frais par leur administration d'origine. En fait, selon le rapport, ces dépenses n'ont qu'un caractère justificatif d'une rétribution régulière de ces représentants de l'administration. Le rapport cite des noms, leur ministère d'origine et les montants perçus. Les enquêteurs se sont arrêtés sur des dépenses occasionnées par le cabinet Traorgrec. Le conseil d'administration avait désigné un expert pour vérifier les comptes bancaires de l'Union au cours des trois dernières années, établir un manuel des procédures et la réorganisation comptable de l'Union. L'expert choisi, Miloud Fattouki, est un proche parent du président Zaghloul Essaydi. Pourtant, l'Union dispose de moyens humains pour tenir la comptabilité et se dispense de se faire assister par une fiduciaire. Quelques notes d'honoraires découvertes par les enquêteurs de l'IGF dont le montant s'élève à 824.360 DH, laisse songeur. 48.000 DH lui ont été réglés au titre de l'établissement d'un plan comptable. Pourtant, ce document, dit plan comptable spécifique aux coopératives, est disponible à l'Office de développement des coopératives au prix de 50 DH l'exemplaire.Autre paiement abusif: un montant de 216.000 DH, accordé au titre du manuel des procédures comptables. “Le document produit justifiant la dépense est une compilation de l'existant avec des recommandations qui relèvent de la fantaisie plutôt que des nouvelles règles de gouvernance”, note le rapport. A janvier 2003, les comptes de l'Uncam de l'exercice provisoire de 2001 n'ont pas été arrêtés définitivement. Aucun état de synthèse n'a été produit par le cabinet en question pour justifier la note honoraire de 72.000 DH, correspondant aux travaux de bilan de la période en question.Autre dépense indue, 72.000 DH, réglés au titre de l'assistance à la vérification de l'IGF. Les inspecteurs ont attiré l'attention des responsables de l'Uncam sur “la gravité de telles facturations”. Ils rappellent que “la désignation de Fattouki en tant qu'interlocuteur n'avait pour fin ultime que le verrouillage des informations à transmettre à l'IGF au lieu de l'assistance à la vérification”. La même pratique a été constatée en 2002 lors des travaux de la Commission interministérielle chargée du contrôle de l'Uncam où Fattouki avait perçu 30.000 DH. L'Union prend également en charge toutes les dépenses d'hébergement et de restauration de cet expert. Le rapport fournit un tableau qui reprend quelques exemples de prise en charge à l'hôtel Mercure Almohades.L'Uncam a passé un contrat avec Me Abouzzohour Omar pour assurer le suivi des dossiers en contentieux, le conseil juridique de l'Union et des coopératives adhérentes et la représentation de l'Union auprès des administrations. Ces missions sont rémunérées annuellement à hauteur de 321.000 DH versées en début d'année. L'avocat a été également chargé du recouvrement des créances litigieuses auprès des clients de l'Union sur lesquelles il précompte des commissions respectivement de 7,49 et 5,35% quand le montant en litige est en dessous ou au-dessus de 1 million de DH. La nomination de cet avocat (en l'absence de toute consultation), installé à Marrakech, ne permet pas d'assurer un suivi des dossiers litigieux. Les dossiers qui lui ont été confiés n'ont connu aucun dénouement. En outre, l'Uncam lui rembourse les “montants engagés” sans fournir de pièces justificatives. Ainsi, l'Union lui a payé, par caisse, 32.000 DH en 2002 avec pour objet paiement taxes judiciaires, sans pièces à l'appui. Une année auparavant, la même somme lui a été servie. L'avocat, au même titre que l'expert, bénéficie de la prise en charge totale des frais d'hébergement et de restauration.Autre aberration: le CA a décidé d'accorder 2.000 DH par jour pour chaque réunion tenue au siège de l'Uncam. Si la réunion se prolonge au-delà de la matinée, cette indemnité passe à 4.000 DH. A cela s'ajoute le règlement de 79.511 DH pour l'exercice 1999-2000 au titre de frais de déplacement de certains agents du ministère de l'Agriculture et de l'ONICL. M.C.

Un conseil d'administration à Paris

Le rapport de l'IGF parle de la générosité de l'Uncam avec les membres du CA sans limites. Celle-ci avait tenu une réunion à Paris. L'ordre du jour pour cette séance de travail, sur les bords de la Seine s'il vous plaît , concernait essentiellement… les conditions de rémunération des administrateurs. A cette occasion, l'Union a pris en charge tous les frais de déplacement et d'hébergement des membres du CA et accordé une indemnité supplémentaire de 3.500 DH par jour pour chacun. . Précision: Pour les coopératives céréalières sur la base d'un rapport de l'IGF. Comme l'a relevé l'enquête, il s'agit bel et bien de magouilles de l'Union nationale des coopératives agricoles marocaines (Uncam). Evidemment, les coopératives sérieuses, car il en existe, ne sont pas visées par ledit article. M.C.

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